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General News of Wednesday, 16 December 2020

Source: camer

Renouveau: ces 10 erreurs monumentales de Paul Biya

I-vouloir mourir au pouvoir à tout prix

En quittant le sommet de l’État en 2011. Il n’aurait pas connu les ravages de l’insurrection de Boko Haram qui a d’après des estimations provisoires, fait environ 8 500 morts, 195 000 déplacés internes et 73 900 réfugiés. Ni la crise indépendantiste qui sévit actuellement dans les deux régions anglophones que sont le Nord-ouest et le Sud-ouest. Il serait incontestablement et à raison, apparu aux yeux de la postérité et de l’histoire comme celui-là même qui a su maintenir son pays dans la paix, la concorde et l’unité - nonobstant un bilan économique voire social mitigé. Mais surtout, comme le père de la démocratie bref du Cameroun moderne. En modifiant la constitution comme ses autres pairs africains et en se représentant pour un sixième voire un septième septennat, Paul Biya a raté l’occasion de rentrer dans l’histoire. Corroborant ainsi les propos de James Freeman Clarke : « La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération ».

II-N’avoir pas fait de la lutte contre la pauvreté sa première priorité

Au-delà des slogans ronflants et des programmes qui visent davantage à enrichir les pontes de son establishment- il faut ainsi citer : le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) ou encore Document de Stratégies pour la Croissance et l'Emploi (DSCE), PIASSI- la lutte contre la pauvreté n’a véritablement jamais été au cœur de la politique du père du renouveau national. En parcourant les budgets de la Présidence de la République du Cameroun de ces dernières années, il est effarant de constater que cette institution engloutie à elle seule, hebdomadairement, au minimum 1 milliard de FCFA.

III-Avoir favorisé le tribalisme… diviser les Camerounais pour mieux régner

Si Paul Biya quitte précipitamment le pouvoir (décès brusque), une effroyable guerre civile ou un génocide guettent le Cameroun. Pour asseoir sa longévité, l’actuel Chef de l’État a depuis des décennies, manœuvré dans l’ombre, pour assurer une place de choix à son groupe ethnique d’origine les Fang-béti - dans l’armée, les services secrets, le commandement territorial voire la diplomatie-. Comme nous l’avions déjà démontré dans un récent dossier intitulé les piliers du pouvoir de Paul Biya, cette stratégie qui a malheureusement permis au successeur d’Ahmadou Ahidjo d’assurer la pérennité de son régime, n’est pas sans conséquence. C’est manifestement la politique du « diviser pour mieux régner » qui est à l’origine des replis identitaires observés ces dernières décennies- et très récemment encore- à travers la création des associations tels que le groupe Laakam, Essigan, Bamipower ou encore très récemment 10 millions de nordistes. Alors même qu’en démissionnant du sommet de l’État le 06 novembre 1982, le Premier Président du Cameroun était déjà parvenu à parfaire l’unité du pays. Du Nord au Sud, de l’Est à l’ouest, l’unité nationale et le vivre-ensemble étaient une réalité palpable, observe un leader de parti politique de l’opposition.

IV- Avoir institutionnalisé la fraude électorale, la corruption et la tricherie sous toutes ses formes

La fraude électorale est incontestablement l’épine dorsale du régime de Paul Biya. Avec des élections transparentes et un système électoral cohérent et équitable ; il y a longtemps que l’actuel Chef de l’Etat aurait quitté le pouvoir. En sevrant le peuple de son pouvoir légitime de choisir ses gouvernants, le père du renouveau a également implicitement assassiné la démocratie. Conséquence logique, les parlementaires (Sénateurs, députés…) et même les élus locaux (Conseillers municipaux, maires, et cetera) pourtant logiquement votés par les populations, sont davantage redevables au Président de la République -plutôt qu’au peuple. Cette situation est également à l’origine de la démobilisation observée. Pour environ 28 millions d’habitants, le Cameroun compte aujourd’hui moins de six millions d’électeurs inscrits. Nonobstant tous les mécanismes existants pour lutter contre la corruption (CONAC, CONSUPE, CHAMBRE DES COMPTES, ANIF, et cetera…), ce fléau se porte et se développe bien dans notre pays, au point où Les montants exigés pour intégrer les grandes écoles sont connus de tous. Les récents concours d’entrée à l’ENAM ont permis de mettre en lumière moult de ces pratiques, pour le moins hétérodoxes. Les monnayages de notes dans les lycées et les universités sont aussi monnaie courante.

V-Avoir donné l’État et l’administration publique aux Fang-béti et le monde des affaires aux Bamilékés

Contrairement à son prédécesseur qui avait opté pour un savant équilibre aussi bien- dans l’administration publique, à travers le fameux principe de l’équilibre régional que dans le secteur du Business avec des structures comme l’ONCPB, etc... Paul Biya a pris le contre-pied en léguant quasiment l’État aux Fangs Béti et les affaires aux Bamilékés ; détenteurs de 99% des licences d’importations.

VI-Avoir concédé le monopole au poissonnier Congelcam

Propriétaire de Congelcam, entreprise spécialisée dans diverses activités commerciales d'importation et de négoce de poisson- 6ème fortune du Cameroun et vingtième d’Afrique francophone- la fortune de Sylvestre Ngouchinghe est aujourd’hui évaluée à plus de 280 millions de dollars, selon le célèbre magazine américain Forbes.

En concédant le monopole du poisson à Congelcam, l’actuel chef de l’État a loupé une autre occasion de diversifier le monde des affaires, déjà globalement aux mains des Bamilékés (Primaire, secondaire, tertiaire). Un haut responsable du Ministère du Commerce l’avait fort opportunément dénoncé il y a quelques années, lors de la soutenance d’une thèse de doctorat PHD à l’université de Yaoundé 2.

VII-N’avoir pas gagné le pari de la rigueur et de la moralisation

VIII-Avoir pendant longtemps laissé les pontes de son régime piller le pays

Le Cameroun est le seul pays au monde où les fonctionnaires sont plus riches que les hommes d’affaires s’indignent un propriétaire de média basé à Yaoundé. C’était impensable au temps d’Ahidjo tranche t’il sentencieux. Selon notre interlocuteur, en additionnant les montants détournés par toutes les pontes du régime du renouveau actuellement en détention à Kondengui, le Cameroun payerait la totalité de sa dette bilatérale voire multilatérale. Pourquoi Paul Biya a-t-il laissé faire ? Aux premières années de son règne, l’actuel Président avait demandé « où sont les preuves ? » à ceux qui accusaient les membres de son establishment de piller l’État. En implémentant l’opération d’assainissement des mœurs publiques, autrement dit « Opération épervier » il a partiellement répondu à la question, sans toutefois combler les attentes des camerounais, c’est-à-dire, récupérés les fonds détournés. Par ailleurs, certains contempteurs du Président pensent qu’en laissant les dignitaires de son régime détourner, Paul Biya les laisse faire parce que cette situation le permet de mieux les contrôler et de les frapper lorsqu’il en a besoin.

IX-Avoir maintenu le Cameroun dans la zone CFA

Paul Biya refuse de se mettre la France à dos, en restant dans la zone CFA. Selon un économiste qui a requis l’anonymat, le Cameroun a les moyens de quitter la communauté des francs africains en créant sa propre monnaie. En le faisant, l’actuel Chef de l’État devient incontestablement le père de la souveraineté monétaire voire économique du Cameroun.

Tenu dans un carcan vicieux par la France, qui lui dicte quasiment ses quatre volontés, en échange de son fameux « parapluie diplomatique », Biya n’oserait pas quitter le Franc CFA tranche l’expert.

X-Gouverner à distance…par procuration

Le Cameroun est sous pilotage automatique depuis des décennies. Accusé de passer le plus clair de son temps à Mvomeka’a son village natal ou à l’hôtel continental de Genève où il avait ses habitudes. Paul Biya apparaît aux yeux de la majorité des camerounais comme un président distant voire absent. En se contentant des notes d’information et des rapports tronqués qui lui parviennent, la réalité du terrain échappe à l’actuel chef de l’État… voilà manifestement son talon d’Achille.

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