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General News of Tuesday, 7 July 2020

Source: La voix du Centre N°0152

Remaniement 'tribaliste' à Etoudi: le clan Nanga ne veut rien lâcher au Palais


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L’influence croissante de la première dame au palais d’Etoudi a’favorisé l’ascension de l’élite Nanga au sommet de la nomenklatura. Une position quelle ne veut pas perdre. ENQUETE.

Mgr Sosthène Bayemi, l’évêque d’Obala, connaît bien la paroisse de Nguinda à Nanga-Eboko, la principale ville du département de la Haute-Sanaga. que couvre son diocèse. Le prélat se i appelle de toutes ces eucharisties qu’il a célébré dans cette vieille bâtisse coloniale et, particulièrement de cette messe, qui défraya la chronique dans cette ville d’où est originaire la première dame, Chantal Biya. Ce jour-là, Mgr Bayemi avait moqué l’arrogance des élites de la ville, qui « faisaient attendre le Seigneur ». « Un jour les Nangas ne seront plus les beaux-frères du président », avait assené l’évêque dans un calme sidérant.

En attendant le départ de Paul Biya du pouvoir, les Nangas comptent bien renforcer leur pouvoir. Un projet qui se dessina chaque jour un peu plus. En plus du statut de « beaux-frères ». La rumeur leur associe désormais la dévolution officieuse du pouvoir du fait de l’influence sans cesse grandissante de Chantal Biya. La first lady connue pour ses œuvres caritatives se . familiarise chaque jour avec les arcanes du pouvoir. On la soupçonne d’être derrière le maintien de Ferdinand Ngoh Ngoh au poste de secrétaire général de la présidence de la République (SGHR). Et maintenant, ce dernier, lui aussi originaire de Nanga Eboko, est présenté comme une sorte de président bis.

Seul bémol, les proches collaborateurs de Biya ont toujours été frappés du syndrome d’Icare : ceux qui se sont beaucoup trop approché du soleil ont fini par se brûler les ailes. Ils ne sont pas nombreux à parier que Ngoh Ngoh va survivre à sa proximité avec le locataire du palais d’Etoudi. D’ailleurs si ses frères de la Haute-Sanaga espèrent garder l’influence qu’ils ont au palais en ce moment, beaucoup parmi eux voient le puissant SGPR tomber. « Actuellement, les ambitieux ne veulent plus parader avec lui, ils ont peur qu’ii les entraîne dans sa chute », rapporte un ancien conseiller municipal à Mbandjock, l’une des communes de la Haute Sanaga.

Pour savoir si Ngoh Ngoh va survivre au syndrome d’Icare, il faut attendre le prochain gouvernement. Il est attendu depuis la réélection de Paul Biya à la tête de l’Etat en octobre 2018. Nul n’aurait été la crise de la Covid-19 que Paul Biya aurait certainement rendu sa copie après tes élections municipales et législatives de février dernier. Si le président reste égal à lui-même, ce gouvernement sera plein de- surprises. Surtout que plusieurs anciens candidats de la dernière élection présidentielle ont été consultés en vue d’intégrer ce gouvernement. Poulies Nangas. il va s’agir de renforcer leur influence au sommet de l’Etat même avec de nouvelles figures, tout au moins de garder leurs acquis. Mais seul ie président va décider du sort de ce « lobby » en pleine ascendance.


Nanga-Eboko contre Minta
La bulle pourrait donc faire pschitt si par malheur les Nangas se retrouvaient rétrogrades à la périphérie du pouvoir. Surtout si ce déshonneur profitait aux Bulus, l’ethnie du président qui voit d’un mauvais œil la montée en puissance du lobby Nanga. Mais l’avenir de ce dernier ne dépend pas seulement du prochain gouvernement. De nombreuses distensions menacent de faire exploser le groupe. A commencer par cette guerre entre les natifs de Nanga-Eboko, qui s’estiment marginalisés, et ceux de Minta logés à bonne enseigne. Ce qui n’est pas complètement faux. Car Ferdinand Ngoh Ngoh est bien de Minta.

Idem pour Pierre Isrnaéi Bidoung Mpwatt, le ministre de ta culture C’est ta même chose pour l’ensemble des directeurs de l’administration centrale à l’instar de Mol Nnang au ministère de l’Habitat et du développement urbain Sans compter les élus locaux, comme Hilarion Etong, le premier vice-président de l’Assemblée nationale. par ailleurs président de l’assemblée communautaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac).

Cette guéri e est longtemps restée sourde et elle pourrait définitivement éclater au grand jour. Le décès cette année de René de Gaulle Bagdama Amati, l’inamovible maire de la commune de Mbandjock. n’arrange pas tes choses. Cette figure tutélaire a longtemps contribué à contenir les querelles, surtout qu’il a été un proche ami de Rosette Ndongo Mengolo, la mère de la première dame, plus connue sous le nom de Mboutchouang, le patronyme de son mari. Plusieurs témoins affirment d’ailleurs que Chantal Biya appelait affectueusement le vieux maire « papa ».

Pour ne rien arranger, il se pourrait aussi que le gap entre la première dame et Nanga-Eboko se creuse considérablement avec l’absence de sa mère. L’épouse du chef de l’Etat n’a découvert les Nangas que récemment. Son enfance, c’est à Dimako (région de l’Est) qu’elle l’a passée. C’est ce qui explique sa grande proximité avec Oswald Baboké. te directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République. C’est bien pourquoi ce diplomate originaire de Dimako est présenté comme le « vrai frère » de la première dame. Et c’est aussi la raison pour laquelle il s’attend à être catapulté au plus haut dans le prochain gouvernement.

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