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General News of Tuesday, 13 April 2021

Source: Afrique Performance n°137

Remaniement ministériel au Cameroun: la mort s’invite au débat

Il pourrait s’agir du signe des temps. Alors que l’on susurre depuis quelque moment sur la probabilité d’un remaniement ministériel, et que Paul Biya oppose un silence présidentiel, les commentaires vont dans tous les sens. Mais, doit-on apprendre de la horde de décès qui frappent actuellement les membres du gouvernement que le remaniement se précise…Please, wait and see.
Un mauvais vent frappe actuellement le Cameroun. De mémoire, le pays n’a ainsi perdu de manière assidue et en un temps étriqué ses fils, surtout des figures emblématiques dans le sérail et la haute sphère de la société. L’on n’a pas fini de digérer amèrement la perte d’Adoum Gargoum, alors ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures en charge de la Coopération avec le monde Islamique; que l’on déplore déjà le décès d’Alim Hayatou, secrétaire d’Etat à la Santé.

Une véritable hécatombe si l’on combine dans la même période les sept députés succombés lors de la même législature en cours. Et ce n’est pas fini. Car, le vendredi saint récent, c’était au tour de son Eminence Christian Cardinal Tumi de passer de vie à trépas. Entre temps des maires et des dignitaires de la république sont également passés. De la tristesse quotidienne, en somme. Et donc, un très mauvais signe pour la République!



Revenons aux membres du gouvernement qui décèdent ces derniers temps. On n’a pas souvenance qu’un tel évènement (triste) s’est déjà produit au Cameroun où des ministres en fonction succombent à la queue leu leu. Au point de jeter la phobie au sein du gouvernement, en se demandant à chaque fois: à qui le tour? Néanmoins, recentrons le débat pour essayer de comprendre dans quelle mesure il n’est plus question d’atermoiement pour le remaniement ministériel qui est toujours annoncé mais jamais effectué. Le gouvernement ainsi dépecé de ses membres mérite automatiquement que le Président de la République procède à un changement numérique des illustres disparus.



Quoi que l’on pourrait dire que les postes ainsi dépourvus de leurs occupants sont quasiment subsidiaires, car les titulaires des portes feuilles sont là. Ceci étant, dans le fond, l’on peut alors se passer de ces postes qui d’ailleurs font l’objet de débat sur l’obésité de l’effectif gouvernemental. Et donc, les postes de ministre délégué ou de secrétaire d’Etat dans le registre constitutionnel camerounais sont dérisoires. Ces différentes responsabilités peuvent être réduites en divisions ou directions dans leurs ministères respectifs.


Toutefois, il y a un problème qui se pose et qui donne une mauvaise impression du gouvernement qui est ainsi décapité de ses maillons. La mort ayant donc par principe une connotation négative dans le sens de la perte des êtres chers, une telle approche impacte sans doute sur les tristes évènements qui découlent des décès des ministres Adoum Gargoum (8 mars 2021) et Alim Hayatou (5 avril 2021). Tous deux, comme par hasard, fils du septentrion en plus d’avoir connu une certaine longévité dans le gouvernement. Et voilà donc, une autre appréhension qui pourrait susciter des remous chez les nordistes dont les fils au sein du gouvernement meurent sans être numériquement remplacés. Du coup, le chef de l’Etat est coince et acculé, obligé par principe de remplacement numérique de restituer au Grand-nord ce que la nature vient de le soustraire: les nouveaux ministres dans le prochain gouvernement.

L’urgence d’un remaniement


Au regard de ce qui précède, l’on est en voie de déduire que le chef de l’Etat est main-» tenant contraint à procéder au remaniement qui trainait depuis. Ceci lui permettra alors de répondre à l’attente des populations’ qui visiblement, sont lasses d’attendre, désabusées par les contre-performances des gouvernements qui se succèdent depuis deux décennies. En outre, il pourrait alors se débarrasser, même au forceps, de certains collaborateurs gênants qui ternissent l’image du gouvernement ces derniers temps.

Et si le Président Biya veut vraiment entrer dans l’histoire, il importe ici et maintenant de faire un véritable ménage au tour de lui, car son alentours est constitué pour l’essentiel des vautours et retors qui tirent par le bas toutes perspectives de croissance et mettent à mal l’émergence envisagée. On ose donc espérer qu’au sortir des sessions parlementaires en cours, le décret de nomination du nouveau gouvernement va tonner. Et que les camerounais auront enfin droit à un gouvernement qu’ils méritent. Vivement !

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