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xxxxxxxxxxx of Monday, 12 April 2021

Source: camerounliberty.net

Relance de la filière avicole : les vœux pieux d’un trio de ministres

Il y a quelques jours, lors d’une conférence de presse, les ministres chargés de l’Elevage, de la Santé et de la Communication ont fait des déclarations visant davantage à calmer le courroux des acteurs de la filière avicole et les consommateurs de ses produits qu’à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés, depuis l’apparition de la grippe aviaire. Au-delà des vœux pieux, il est attendu du gouvernement des mesures concrètes pour relancer les activités d’une filière qui a subi d’importantes pertes d’actifs et des manques à gagner, dans le cadre de la stratégie du gouvernement de lutte contre cette épizootie.

On se souviendra en effet qu’au mois de mai dernier, à la suite de mortalité élevée observée dans les fermes parentales du Complexe avicole de Mvog-Betsi (CAM), le Ministère chargé de l’Elevage y ordonné l’abattage de tout le cheptel parental, soit environ 40.000 sujets. Le gouvernement a justifié cette décision par une suspicion de grippe aviaire. A la suite de quoi, la vente de volaille dans le département du Mfoundi a été arrêtée et les marchés correspondants fermés. L’identification de symptômes semblables dans certaines zones des régions de l’Ouest et du Sud a entraîné des mesures identiques.

A cet égard, il convient de rappeler que la chaîne de production avicole camerounaise intègre une suite d’activités, comprenant des entreprises qui produisent et fournissent des poussins et des aliments aux petits fermiers, qui engraissent des poulets de chair et produisent des œufs ; ces produits sont à leur tour vendus à des intermédiaires qui les distribuent sur les marchés locaux. L’industrie avicole a des effets de diffusion et d’entraînement sur de nombreuses activités, à l’instar de la production locale de maïs, un important intrant de la fabrication d’aliments de volaille, du commerce des concentrés minéraux et vitaminés, de l’abattage de volaille sur les marchés…

Dans ce contexte, il faut également comprendre que le secteur avicole qui, en 2015, représentait une production nationale de plus de 100 milliards FCFA, fait vivre, au-delà des 60.000 éleveurs qui en tirent plus de 80% de leurs revenus, des milliers d’autres personnes dont les activités en sont dérivées.

De plus, la viande de volaille est devenue la première source de protéines animales accessible aux populations, la viande de bœuf devenant de plus en plus chère. Sa production locale, non seulement fait vivre de nombreuses familles camerounaises, mais elle a contribué à éliminer les importations de poulets congelés, à l’inverse du poisson dont les importations dépassent désormais 210.000 tonnes, préjudiciables à notre balance des paiements.

Face à ce tableau, il est aisé de comprendre le marasme économique et social auquel serait exposé le pays, si des solutions concrètes de relance de cette filière ne sont rapidement trouvées. Elles devraient notamment intégrer des mesures de compensation pour des acteurs du secteur qui ont subi une perte importante d’actifs et de manques à gagner, et plus généralement d’autres mesures de soutien à la relance du secteur, à l’instar entre autres de l’assouplissement de sa fiscalité.

Au-delà de ces mesures, il faudrait absolument déterminer l’origine et les vecteurs de transmission du virus en question, afin de prévenir la réapparition et l’intensification de cette épizootie. Il faut éviter de se comporter comme si le virus est produit dans les foyers où on l’aurait découvert, cela reviendrait par exemple à dire que le Complexe avicole de Mvog-Betsi est un centre de production de virus de la grippe aviaire, alors qu’il serait lui-même victime de la transmission du virus par des agents pathogènes externes, qu’il est important d’identifier.

En l’absence de telles actions, et à la lumière de ce qui précède, les déclarations du trio de ministres susvisés restent un catalogue de vœux pieux pour la relance de la filière avicole.

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