Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 06 18Article 521566

General News of Thursday, 18 June 2020

Source: actucameroun.com

Recrutement des enseignants : quand les adeptes du tripatouillage dictent leurs lois


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

Enième concours de recrutement d’instituteurs dans la fonction publique, énième scandale pour le Cameroun. Comme à chaque procédure, les adeptes du tripatouillage étaient encore de sortie dans le cadre de la première phase du ‘ Programme d’Appui à la Réforme de l’Education au Cameroun (Parée), qui a permis le recrutement récent de 3 000 enseignants du primaire par le ministère de l’Education de base (Mine-dub).

Une opération 'entachée d’irrégularités', selon le Collectif des candidats recalés. Entre 'corruption, fraude, favoritisme et parfois tribalisme', ils ont (presque) eu droit à tout. 'Une fois de plus, ce concours a remis au goût du jour les mauvaises pratiques souvent observées /ors des procédures de recrutement dans notre pays notamment, les tripatouillages, la corruption et le favoritisme', s’est plaint un enseignant de CM2.


Irrégularités


Les recalés accusent la Commission de recrutement de n’avoir pas respecté les deux critères fondamentaux de ce concours, notamment l’âge du candidat et l’ancienneté du diplôme requis, le Capiemp (Certificat d’Aptitude Pédagogique des Instituteurs des Ecoles Maternelles et Primaires). Alors que le ministre lui-même avait annonce que la priorité allait être réservée à ceux des candidats qui avoisinent les 40 ans et dont le diplôme date de plusieurs années.



'La fonction publique ne recrutant que les personnes âgées de 32 ans au plus, nos partenaires ont voulu qu’on trouve une solution à ce problème social en allant jusqu’à 40 ans. Les enseignants ayant de l’expérience sont en première ligne', avait promis le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa lors du lancement dudit Programme.

Surprise ! Au soir de la proclamation des résultats, le Collectifs des recalés dit avoir recensé '400 candidats nés entre 1990 et 1999' retenus au détriment de ceux flirtant avec la quarantaine et diplômés depuis plus de dix ans. D’ailleurs note le Collectif, les dates d’obtention du diplôme n’ont pas été publiées devant les noms des lauréats. La preuve selon les recalés, que des membres de la Commission de recrutement avaient des choses à cacher.


D’un scandale à un autre


Tripatouiller les résultats d’une procédure de recrutement d’enseignants dans la fonction publique n’est pourtant pas une nouveauté au Cameroun. Cet exercice est même devenu une « tradition » au fil des années. Au point où certains commentateurs en ont établi un slogan : « pas de recrutement d’enseignants sans scandale ».

Illustration lors de la première vague de recrutement de 2000 enseignants dans les universités d’Etat. Une procédure « faussée » par de nombreuses irrégularités qui avaient fait naître des manifestations devant le ministère de l’Enseignement supérieur entre décembre 2019 et janvier 2020. Parmi les griefs recensés par les manifestants : le recrutement de candidats détenteurs d’un master II alors que l’opération concernait uniquement les titulaires de PHD ; le recrutement des candidats n’ayant pas déposé de dossier ou ayant bénéficié de soutenances précipitées ; la cooptation, la corruption et la validation des dossiers déclarés inéligibles au départ mais finalement admis dans certaines facultés ; le favoritisme etc. Après 27 jours de grève, le ministre de l’Enseignement supérieur a été contraint de reconnaître que le processus a été entaché de nombreux disfonctionnements.

En guise de compensation, Jacques Fame Ndongo a annoncé la possibilité pour les recalés frappés par la limite d’âge (45 ans) de déposer leur candidature dans les universités de leur choix, pour le remplacement des enseignants décédés, révoqués, démissionnaires, ou ayant été admis en retraite. Les manifestants et le ministre de l’Enseignement supérieur ont également convenu d’un reversement des autres candidats dans la deuxième vague de recrutement de 500 nouveaux docteurs.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Join our Newsletter