Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 05 04Article 595429

General News of Tuesday, 4 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Révélations de JEUNE AFRIQUE sur la guerre ouverte entre l’élite du Nord et Abbas Jaber

'Au sein de la Sodecoton, l’offre d’Abbas Jaber ne suscite point l’enthousiasme' 'Au sein de la Sodecoton, l’offre d’Abbas Jaber ne suscite point l’enthousiasme'

Le torchon brûle entre le patron d’Advens et l’élite du Nord. L'information émane du journal panafricain "JEUNE AFRIQUE" qui précise que l'homme d'affaires Abbas Jaber veut prendre le monopole du principal groupe agro-industriel du septentrion camerounais. "Au sein de la Sodecoton, l’offre d’Abbas Jaber ne suscite point l’enthousiasme" précise le journal.

Une situation qui provoque le mécontentement d'une partie des élites, employés et producteurs qui montent au créneau.

Il faut souligner que le patron d’Advens a tenté sans succès la même entreprise au Togo et au Tchad.

Le patron d’Advens veut devenir l’actionnaire de référence du principal groupe agro-industriel du septentrion camerounais. Face à lui, une partie des élites, employés et producteurs montent au créneau.

Bebnone Payounni se veut cinglant. « Ce sont des aventuriers ! », tonne le vice-président de Confédération nationale des producteurs de coton (CPNC), regroupant pratiquement 200 000 cotonculteurs, à propos de l’offensive entamée depuis deux ans par Abbas Jaber, visant à faire main basse sur le fleuron agro-industriel du septentrion camerounais.

Lobbying auprès des autorités

Après avoir loupé le coche au Togo et au Tchad, le patron d’Advens-Géocoton, détenteur de 30 % du capital de la Société de développement du coton (Sodecoton), fait du lobbying auprès des autorités camerounaises pour en devenir l’actionnaire de référence.

Outre des démarches vis-à-vis de l’État, détenteur de 59 % des parts, le patron franco-libano-sénégalais a pris langue avec Baba Ahmadou Danpullo, titulaire de 11 % des parts à travers son véhicule, la Société mobilière d’investissement du Cameroun (SMIC).

Abbas Jaber brandit une promesse pour ce faire : un plan d’investissement de 60 milliards de F CFA (91 millions d’euros) pour moderniser les huit usines d’égrenage de coton et les deux huileries, dans le but d’accroitre la capacité de production du coton graine de 200 000 tonnes à l’horizon 2025-2026.

Rappelant qu’il est cofondateur de la Sodecoton et son partenaire technique stratégique historique, le groupe français explique qu’avec la montée au capital proposée il souhaite avant tout sécuriser son investissement. Sa démarche, insiste-t-il, n’est pas celle d’un investisseur en quête de croissance externe.

L’alternative : une « cogestion »

L’initiative rencontre toutefois une franche hostilité dans le septentrion camerounais, où la filière constitue la principale activité. « Il y a une volonté de nous exploiter, et nous ne sommes pas d’accord », renchérit Bebnone Payounni, par ailleurs sénateur RDPC (au pouvoir) de la région du Nord, tout en louant l’effort de remise à niveau industrielle contenue dans l’offre d’Advens.

NOUS AVONS DEMANDÉ QUE 25 % DU CAPITAL SOIENT RÉSERVÉS AUX PRODUCTEURS

De fait, la CNPC plaide plutôt pour une « cogestion » et n’a eu de cesse de marteler sa volonté d’aller au-delà de sa présence à l’assemblée générale de l’agro-industrie.

« C’est la seule entreprise cotonnière en Afrique où les producteurs sont exclus du conseil d’administration », regrette un dirigeant de la confédération des producteurs.

Trésor de guerre

Depuis 1995, la CNPC s’est constitué un trésor de guerre de 7,5 milliards de F CFA au cas où Yaoundé viendrait à ouvrir le capital de Sodecoton. Les responsables de la confédération ont pour ce faire été reçus il y a quelques années à la présidence. « Nous avons demandé que 25 % du capital soient réservés aux producteurs », rappelle son numéro deux.

Au sein de la Sodecoton, l’offre d’Abbas Jaber ne suscite point l’enthousiasme, alors que l’entreprise subit les affres de la pandémie du coronavirus, avec des revenus en baisse de -5,7 % à 148 milliards de F CFA, en 2020, pour une perte nette estimée à -5,7 milliards de F CFA, son premier résultat net négatif depuis quatre ans…

CELA NE PASSERA PAS

« La logique financière finira par prévaloir sur les considérations de développement qui permettent de maintenir la filière viable. Sans compter le risque d’un plan social qui obligerait à partir une partie du personnel », prévient un cadre.

Regrettant la contre-performance de 2020, le groupe d’Abbas Jaber fait remarquer que l’opposition à sa proposition ne concerne qu’une partie des acteurs locaux comme c’est souvent le cas dans les projets de privatisation.

Un enjeu politique majeur

Bien que sourde, la fronde émane surtout de l’élite. « Cela ne passera pas », pointe un député RDPC de l’Extrême-Nord dont la circonscription se situe en pleine zone cotonnière. Car la filière, qui impacte le quotidien de plus de deux millions de personnes et représente 60 % des revenus agricoles de la région, est d’abord un enjeu politique.

Le souvenir de la première tentative de privatisation de la Sodecoton, il y a plus de deux décennies, qui avait vu quelques barons du cru (le président de l’Assemblée nationale Cavaye Yéguié Djibril, le puissant lamido [chef, ndlr] du royaume de Rey Bouba, feu Aboubacar Abdoulaye, ou l’ancien Premier ministre Sadou Hayatou) à la manœuvre, demeure vivace.

« C’est parce que certains [au Cameroun] n’ont pas renoncé à l’idée de prendre le contrôle de Sodecoton que Abbas Jaber aura des difficultés. C’est son principal obstacle », soutient un analyste.

Tout ce monde n’attend plus que l’arbitrage du président Paul Biya qui manie cette patate chaude avec précaution.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter