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General News of Friday, 30 April 2021

Source: www.journalducameroun.com

Révélations : comment Laurent Esso a manipulé Mendo Ze et la Cour suprême

Sur la demande du ministre de la Justice, l’avocat de l’ancien DG avait sollicité le retrait du recours contre la décision du Tribunal criminel spécial qui avait condamné son client à 20 ans de prison. Après le décès de ce dernier, l’homme en robe est revenu sur sa correspondance, plongeant la Cour suprême dans l’embarras.  L’enquête a été menée par Kalara. De l’avis de ce journal spécialisé dans les affaires judiciaires, Maitre Angoni Laurent n’a pas pu s’empêcher d’écraser une larme devant les juges de la Cour suprême le 20 avril 2021. Conseil du Pr Gervais Mendo Ze dans la procédure qui oppose l’ancien Directeur général de la Crtv  à l’Etat du Cameroun pour les faits présumés de détournement des fonds publics.  L’avocat a été l’intervenant le plus actif au cours de la brève audience quasiment spéciale de la section spécialisée organisée la semaine dernière.

Parmi la douzaine des hommes en noir présents, Maitre Angoni est d’ailleurs, le seul avocat à avoir pris la parole lorsque les débats ont été ouverts. Il s’est exprimé avec émotion, compte tenu de la circonstance, non pas sur le fond du dossier de son client, mais sur un revirement d’option de défense qu’il a opéré la veille de l’audience du fait du décès de l’ancien DG.

C’est que la Cour suprême n’a pas été épargnée par le tumulte des dernières semaines de maladie du Pr Gervais Mendo ze, lorsqu’une vigoureuse campagne battait son plein sur les réseaux sociaux et dans les couloirs de certaines administrations pour la remise en liberté de celui qui était encore prisonnier. Quelques semaines avant le décès de son client, probablement début mars, Me Angoni avait adressé une correspondance au premier président de la Cour suprême pour annoncer le désistement de l’ancien DG du pourvoi formé après sa condamnation à 20 ans de prison par  le Tribunal Criminel Spécial (TCS).

L’avocat avait évoqué « des raisons humanitaires » au soutien de sa démarche. Mais, le 19 avril 2021, il a saisi de nouveau Daniel Mekobé Soné afin d’annuler les effets de son précédent courrier. C’est la raison de ce tango inhabituel que le président du collège des juges a donné la parole à l’avocat dès la fin de l’appel des parties en procès.

Santé déliquescente

En prenant la parole, Me Angoni  a jeté un pavé dans la marre. « J’ai été reçu à deux reprises à la Chancellerie (Ministère de la Justice) pour échanger avec le Grade des sceaux », a dit l’avocat, pour expliquer comment est née l’idée de la lettre de désistement adressée à la Cour suprême au nom de Mendo Ze.

Toute l’assistance a  compris que c’est le ministre d’Etat Laurent Esso qui a suscité la démarche de l’avocat. Lequel dit avoir été favorable à la suggestion de la chancellerie «  au regard de l’état déliquescent » de son client.  «  A quoi servirait encore un désistement fondé sur des raisons humanitaires dès lors que le Pr Mendo Ze est finalement décédé?», s’est interrogé Me Angoni, pour justifier son revirement daté du 19 avril.

Quelques peu embarrassé par la situation, le président du collège des juges, M Mounombong Daniel a demandé au représentant du parquet général s’il avait des observations à faire suite au récit de l’avocat. Mme Essomé Siliki, avocat général, n’est pas allé par quatre chemins pour évoquer l’article 524 du Code de procédure pénale pour dire que, de l’avis du parquet général, le désistement est acquis dès lors que la correspondance de son avocat a été enregistrée.

Le texte évoqué par la magistrale stipule  que « (1) le désistement  du condamné prend effet à compter du jour de la déclaration en pourvoi. (2) Lorsque que le désistement du condamné lui paraît régulier, la Cour suprême lui en donne acte et le condamne aux dépens ».

Le représentant du ministère public est allé plus loin, pour soutenir sa position : «  la deuxième correspondance évoqué des ayant droits du défunt, qui ne sont pas partie dans le procès, M Mendo Ze est décédé avant d’avoir renoncé à son désistement. Il ne peut pas renoncer post-mortem à sa demande  de désistement ». Cet argument a poussé Me Angoni à solliciter de nouveau la parole.

« Le décès du Pr Mendo Ze ne m’a pas déconstitué », a-t-il répliqué, comme pour dire que c’est le Garde des sceaux qui est à l’origine de cette situation. « Il m’a été suggéré de poser cet acte, mais pour la mémoire du Pr, il faudrait qu’on retienne qu’il contestait tout ce qui lui était reproché », a martelé  l’avocat.

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