Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 01 05Article 565412

General News of Tuesday, 5 January 2021

Source: Actu Cameroun

Rétrospective: l’année 2020 de A à Z

2020, une année dont on disait qu’elle sera 20 sur 20. Une des années qu’on voulait des plus prometteuses. Mais quelle année ! Jusqu’à la fin, les choses ont été loin d’être faciles. Comme cela est de coutume, nous nous essayons à un bilan, sous forme d’abécédaire, d’une année qui aura été des plus difficiles.

A comme Anglophone

Débutée en novembre 2016 par des marches pacifiques des enseignants et des avocats, auxquels e sont joints plus tard les étudiants et les populations en général, la crise qui se déroule dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, et qui s’est largement militarisée, est rentrée dans sa quatrième année en 2020. Cependant, sur le plan sécuritaire, il est à noter quelques améliorations qui se sont matérialisées par un retour à une vie quasi-normale dans la plupart des grandes métropoles des régions anglophones. Et ce en dépit de quelques exactions observées de part et d’autre des belligérants.

B comme Boko Haram

Alors qu’on le croyait déjà quasiment neutralisé, et en « mort clinique » selon les propos du président nigérian, Mohamadou Buhari, la secte islamiste Boko Haram s’est encore illustrée tout au long de l’année 2020 par des exactions, notamment des assassinats des populations et responsables, les attaques contre les forces de défense et de sécurité et par les enlèvements.

C comme Covid-19

Présentée comme la source de tous les malheurs, la pandémie de la covld-19 aura fait voir de toutes les couleurs aux populations. Entre crise économique aigue, perte des icônes de la politique et du monde de la culture, à l’instar de Manu Dibango, annulation de grands évènements traditionnels telle que la fête nationale du 20 mai, tout y est passé, surtout l’inimaginable. Au point où le seul projet était de rester en vie. Mais comparativement à la plupart des pays du monde, et surtout de la sous-région, le Cameroun s’en est nettement mieux sorti, tant sur le plan épidémiologique, qu’économique.

Cependant, la vigilance doit impérativement rester de mise.

D comme Décentralisation

Le Cameroun a parachevé en 2020 la structure et l’armature de sa décentralisation entamée depuis 1996. Cela à travers deux faits inédits : l’élection des maires des villes, en lieu et place des délégués du gouvernement qui trônaient jusqu’alors à la tête des quatorze communautés urbaines du pays ; et la tenue des premières élections régionales.

E comme Elections

2020 a été une année électorale pleine avec la tenue des élections municipales, législatives et régionales. Comme l’on s’y attendait, le Rdpc, le parti au pouvoir s’est taillé la part du lion lors de ces différentes consultations électorales, à l’instar des élections législatives où il s’en sort avec 152 sièges, suivi très loin par i’Undp ; 7 sièges, le Sdf, 5 sièges ; le Pcrn, 5 sièges ; l’Udc, 4 sièges ; le Fnsc, 3 sièges ; le Mdr, 2 sièges ; et l’Ums, 2 sièges.

La même super domination du Rdpc sera aussi observée lors des élections municipales où il remporte 316 mairies, sur les 360 que compte le pays. Il est suivi par I’Undp qui totalise 16 mairies ; le Pcrn, 7 mairies ; l’Udc, 6 mairies ; le Sdf, 4 mairies ; le Mdr, 3 mairies ; le Fnsc, 3 mairies ; le Mpcn, 2 mairies ; l’Ums, 2 mairies ; et le Mcnc, 1 mairie.

La même tendance sera confirmée lors des régionales à l’issue desquelles le parti de Paul Biya remporte 9 région sur 10. Lors de ces élections, la plus grande déception aura été celle du Pcrn, qui malgré sa domination dans le Nyong et Kelle, n’a obtenu aucun conseiller régional. La « faute » à la défection de 31 de ses conseillers municipaux qui ont voté pour la liste concurrente Rdpc. Toute chose qui a amplifié les tensions qui existaient déjà en sourdine au sein de cette formation politique.

De manière générale, l’on a observé une surprenante résilience et retour en force de I’Undp, tout comme un recul très remarquable du Sdf, jadis première force de l’opposition camerounaise. Une descente aux enfers entamée lors de la dernière élection présidentielle de 2018 à l’issue de laquelle son candidat s’en était sorti avec moins de 4%.

F comme Football

Alors que les prouesses de ses équipes nationales se font plus que rares, le monde du football camerounais a vu ses crises s’intensifier en 2020, marqué notamment par l’interminable duel entre la Fecafoot et la ligue professionnelle.

Une situation des plus embarrassante car le pays n’a pas pu débuter son championnat national de football, alors qu’il est censé accueillir le championnat africain de football en janvier 2021.

Vivement qu’une fois pour toute, le football quitte les prétoires et les bureaux feutrés, pour les stades.

H comme Hôpitaux

L’on a coutume de dire : « A quelque chose, malheur est bon ». A l’occasion de la survenance de la pandémie de la covid-19, le Cameroun en a profité pour renforcer substantiellement son plateau technique, notamment en matériels réanimation et de prise en charge d’urgence des patients.

I comme Inspiration musicale

Jadis pays de grande inspiration musicale, qui a vu émerger, et dominer le monde de la musique, des talents tels que les têtes brûlées, Coco Ateba, Prince Nico Mbarga, Alhadji Touré, Manu Dibango, Richard Bona, Etienne Mbappe, le Cameroun, pays des belles mélodies s’est illustré en 2020 par le ridicules de quelques farceurs, pompeusement et très maladroitement appelés artistes.

Jamais dans l’histoire du pays de Kotto Bass, Lisa T, Solo Muna, des Blacks Style, le public aura été aussi assommé des vacarmes. Pendant ce temps, c’est la guerre dans les organisations de gestion des droits d’auteur.

Au point où l’on se demande : que font-ils d’artistique pour revendiquer ces droits d’auteur ?

J comme justice

Après près de trois années d’hibernation, le conseil supérieur de la magistrature s’est finalement réuni autour de son président Paul Biya, le 10 août 2020. Comme fait majeur, Paul Biya a procédé à la nomination de nouveaux magistrats à la tête des trois chambres de la Cour suprême : Joseph Fongang Fokwe à la Chambre judiciaire, Daniel Eteki Ndoumbe à la Chambre administrative, et Yap Abdou à la Chambre des comptes.

Dans le même vaste mouvement, Annie Noëlle Bahounoui Batende a été désignée présidente du Tribunal criminel spécial (TCS), en remplacement d’Emmanuel Ndjere, muté à la Cour suprême. Tandis que la procureure Justine Aimée Ngounou a été maintenue dans ses fonctions. Ce qui fait en sorte que désormais, cette juridiction en charge de la lutte contre la corruption est entièrement gérée par des femmes.

K comme Kumba

L’horreur la plus innommable s’est produite à Kumba dans la journée du 24 octobre 2020. Comme un kyrie eleison sans rédemption, les cris s’élèvent, la colère gronde, la douleur est vive !

Tel à Golgotha, le sous-préfet pleure dans la cour de cette école, désormais lieu de martyr de ces enfants qui ne demandaient rien d’autre que d’acquérir quelques bribes de ce savoir doot. ils sont privés depuis près de quatre ans. L’enceinte du « Mother Francisca international bilingual academy » est désormais un champ de guerre. L’incarnation, la matérialisation, l’illustration de la plus grande des désolations.

Et à chacun de gémir : pourquoi ? Quelle cause peut justifier qu’on s’en prenne à des enfants ? A qui la faute ? Pendez les tous !

Mais au-delà des émotions, il est désormais clairement établi que, ce qui était parti d’un simple mouvement de revendication pacifique des enseignants et des avocats, a plus que jamais pris les sentiers des mouvements terroristes les plus criminels à l’instar de Boko Haram.

L comme Littérature

2020 n’a pas été seulement un chapelet de malheurs et de mauvaises nouvelles. Elle a été aussi marquée par de bonnes nouvelles. Inédites même pour certaines, à l’instar de la victoire des prix littéraire de Djaïli Amadou Amal. Déjà lauréate du prix Orange du livre en Afrique en 2019 et finaliste du Goncourt, la Camerounaise Djaïli Amadou Amal a remporté le Goncourt des lycéens, le 02 décembre ^020, avec Les Impatientes, un roman qui met à nu les violences contre les femmes au Sahel. <

Quelques jours plus trrd, elle a aussi remporté le prix littéraire francophone régional Le Choix Gosicoyrt de l’Orient 2020, organisé par [‘Agence universitaire de la francostlonie au Moyen-Orient et l’institut français du Liban, avec le même roman.

Ce qui lui a valu les hommages de la nation, notamment une lettre de félicitation du président Paul Biya et une entrevue avec la première Dame Chantal Biya.

M comme mort de Paul Biya

Fin mars 2020. Un activiste camerounais, installé en France et connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Kamoua la panthère » annonce d’un ton ferme et convaincu : « Paul Biya est mort ! Le tyran est parti ! ». Il l’ouvre une bouteille de champagne en guise de célébration. La suite, une infinie litanie de propos désobligeants à l’encontre du régime de Yaoundé, de Paul Biya ainsi que sa famille. La vulgarité langagière est de mise. L’alcool n’arrangeant sûrement pas les choses.


Malgré le caractère assez grotesque de la scène et surtout du personnage, la « nouvelle » fait le tour du monde en quelques minutes. La magie des réseaux sociaux aidant. Les choses sont telles que certains activistes vont jusqu’à modifier la biographie du président camerounais sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia, faisant mention de sa mort le 25 mars 2020. On annonce pêle-mêle des ministres en fuite ou en demande d’asile politique en occident.

Les çhoses vont véritablement s’emballer lorsque, malgré le démenti du ministre de la communication ainsi que le communiqué « additif » et « correctif » de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la république, deux jours seulement après la sortie de « Kamoua la panthère », Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) va faire une sortie pour demander la constatation de la vacance.

Il aura fallu plusieurs apparitions de Paul Biya (les toutes premières ayant été contestées sous fond d’expertise d’un genre vraiment ridicule de certains activistes anti-régime) pour faire retomber la polémique.

N comme Ndam Njoya

Dimanche 8 mars 2020, le Docteur Adamou Ndam Njoya, né le 8 mai 1942, a été définitivement porté en terre dans sa ville natale de Foumban. Dès l’annonce de son décès la veille, les hommages ont fusé des quatre coins du pays et même de l’étranger. Et pour cause : le fondateur de l’Udc, dont il aura été le président de 1991 jusqu’à sa mort, aura eu une assez longue et riche carrière politique etadministrative.

Une trajectoire essentiellement marquée par l’adversité. Et qui se résumerait en trois visages : le président Paul Biya, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya et Ni John Fru Ndi, le leader historique de l’opposition camerounaise.

O comme opposants

La vie de l’opposition camerounaise a été des plus trépidante en 2020, marquée notamment par des arrestations des militants du Mrc, suite à leurs marches pacifiques du 22 septembre 2020 ; la libération de certains d’entre qui avaient été interpelés en juin 2019.

Sur un autre registre, l’on a noté généralement des tensions au sein de certaines formations politiques, tel que l’Udc dont le vice-président, Sam Mbaka a démissionné en septembre 2020, après avoir été évincé de la présidence par intérim du parti qu’il assurait après le décès du président Adamou Ndajn Njoya.

Le Sdf n’en a pas été exempt, surtout après ses résultats électoraux catastrophiques, et surtout le décès de certains de ses barons à l’instar de Me Vlbab Ndam ou encore du bâtowaier Sama Francis.

L’année s’est achevée par de forts soupçons de détôurnements dans le cadre de l’opération SCSI qui avait été lancée par Maurice Kamto dans le cadre de la riposte contre la covid-19.

P comme plan d’émergence du Cameroun

Le 16 novembre 2020, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) Alamine Ousmane Mey a présenté à la presse et devant un parterre de personnalités, la stratégie nationale de développement 2020 – 2030 (SND30).

La Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 s’appuie sur les leçons de la mise en œuvre du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) dont elle prend le relais jusqu’en 2030, dans la perspective de l’accomplissement des objectifs de la Vision 2035 qui ambitionne de faire du Cameroun «un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité».

R comme retraites dans la fonction publique

Le Président de la République, Paul Biya a signé le mercredi 30 décembre 2020, un décret, très attendu par de nombreux agents publics camerounais, portant harmonisation de l’âge de départ à la retraite pour les fonctionnaires des catégories A et B fixé jusquerlà à $5 ans. Les agents publics des catégories C et D partiront quant à eux à 55 ans.

La mesure est étendue aux personnels bénéficiant à la date d’entrée en vigueur du décret, d’une prolongation formelle d’activité en cours de validité. Ce décret est suivi de celui du Premier ministre Joseph Dion Nguté portant harmonisation l’âge de départ à la retraite des agents de l’Etat relevant du Code du travail. Ici il est stipulé que « l’âge de départ à la retraite des agents de l’Etat relevant du Code du travail est, à compter du er janvier, harmonisé à soixante (60) ans pour le personnel des catégories «8» à «12» et à cinquante-cinq (55)ans pour le personnel des catégories «1» et «7 ».

Avant ce décret, l’âge de départ à la retraite selon le statut général de la fonction publique en son article 124 était de 55 ans pour les catégories « A » et « B » et 50 ans pour les catégories « C » et « D ». Cependant les syndicats réclamaient plutôt une harmonisation « générale », de tous les corps de métiers et de toutes les catégories des personnels de l’Etat entre 60 et 65 ans.

S comme scolarité

Du fait de la covid-19, la scolarité des élèves et étudiants camerounais a été fortement perturbée en 2020, avec une suspension des cours pendant des semaines. Ce qui a eu des effets assez dommageables sur les taux de réussite. C’est ainsi que le taux de réussite à l’examen du baccalauréat 2020 a chuté . par rapport à celui de l’année 2019. D’après les statistiques rendues publiques le 11 septembre 2020 par l’Office du baccalauréat du Cameroun (OBC), le taux de réussite est de 47,22% en 2020 contre 60,50% en 2019.

Selon les statistiques dévoilées par le ministère des enseignements secondaires, sur les 206 362 candidats régulièrement inscrits cette session, seulement 125 599 ont été déclarés admis à cet examen, soit un taux de réussite de 60,86%. Cette même tendance baissière a été observée en ce qui concerne tous les autres examens officiels tels que le Cap, le Bepc, le probatoire, le Gce « A » et « O » level.

Zone de libre échange

Le mardi 1er décembre 2020, Ewumbue Monono Churchill, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Cameroun en Ethiopie et représentant Permanent auprès de l’Union africaine, a déposé, auprès de la Commission de l’Union africaine, l’instrument de ratification de la J’Accord portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) ; ce qui fait du Cameroun le 33e Etat Partie.

Il est à noter que la ZLECAf vise la création d’un marché africain de 1.27 milliards de consommateurs avec un PIB cumulé avoisinant 2.3 à 3.4 mille milliards de dollars US. En devenant Etat Partie à l’Accord de la ZLECAf, le Cameroun offre la possibilité à ses homme d’affaires, de tirer profit des opportunités qu’offre un tel large marché, notamment la réalisation des économies d’échelle dans divers secteurs à l’instar de l’agro-industrie, l’industrie du bois et du textile, ainsi que l’industrie lourde.

Le Cameroun, eu égard à son énorme potentiel et son avantage comparatif notamment dans la production des matières premières pourra aussi attirer des investisseurs, ayant à cœur de tirer profit des règles d’origine de la ZLECAf pour produire à partir du Cameroun et d’exporter vers le reste du Continent. Ainsi la participation de notre pays pourra se traduire par la modernisation et la diversification de l’économie camerounaise, l’accroissement de la compétitivité des entreprises camerounaises qui pourront participer dans les chaînes de valeurs régionales et continentales, la création des emplois et des revenus pour la jeunesse camerounaise ; toute chose qui contribuera à la réalisation du Programme d’émergence à l’horizon 2035.

Pour mémoire, l’Accord portant création de la ZLECAf a été signe le 21 Mars 2018 à Kigali, au Rwanda, et est entré en vigueur le 30 Mai 2019 après le dépôt du 22e instrument de ratification.

Le début des échanges sous le régime préférentiel de la ZLECAf est fixé au 1er Janvier 2021, date à partir de laquelle les États parties ont 10 ans pour démanteler les barrières tarifaires sur 90% de leur commerce intra – Africain, pour ce qui des pays en voie de développement à l’instar du Cameroun, et 13 ans pour ce qui est des pays les moins avancés. Contrairement aux accords de libre-échange classiques, l’Accord de la ZLECAf est un accord global avec une dimension de développement, dans la mesure où il couvre non seulement le commerce des marchandises, celui des services, mais également les investissements, les droits de la propriété intellectuelle, la politique de la concurrence et le commerce électronique.


Par Moussa Njoya, Politologue

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter