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General News of Wednesday, 5 August 2020

Source: Actu Cameroun

Réquisitions : le parquet pour la condamnation de la fille du maire de Yaoundé

Choquée par l’atrocité des sévices corporels ayant entraîné la mort tragique de deux frères dans un quartier de Yaoundé, la représentante du parquet a requis la condamnation ferme de l’accusé principal et de la maman de ces derniers, poursuivie pour complicité d’outrage sur mineurs suivi de viol, violences sur enfants et homosexualité.

Il y a 8 mois s’ouvrait le procès autour du décès de Luc Brandley Rayane Messi, âgé de 10 ans et de sa petite sœur Madeleine Jade Ndzié Messi qui avait à peine 2 ans à l’époque des faits, décédés dans des circonstances troubles au quartier Efoulan à Yaoundé, en 2018. Après des houleux débats qui se tenaient devant le Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi, les accusés attendent d’être fixés sur leur sort au mois d’août prochain, André Guy Atangana Mbida, le pasteur exorciste actuellement incarcéré à la prison centrale de Yaoundé Kondengui ainsi que sa coaccusée Mme Zoa, la fille du maire de la ville de Yaoundé, M. Messi Atangana répondent des faits d’outrage sur mineurs suivi de viol violences sur enfants et homosexualité.

Le 28 juillet 2020, l’audience spéciale de l’affaire était consacrée au réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats des parties. Prenant la parole, la représentante du parquet n’a pas été tendre envers les coaccusés. Pour elle, il ne s’agit pas de faire un procès en sorcellerie, comme a voulu le faire croire la défense dans cette affaire malheureuse qui a entraîné le décès tragique de deux enfants. «Nous sommes là, pour rendre justice à des innocents pour que de telles pratiques ne se répètent plus dans notre société», a-t-elle déclaré.

S’agissant du cas de André Guy Atangana Mbida, lé magistrat du parquet a demandé au tribunal de déclarer ce dernier coupable des faits, non seulement de violences, sur enfants pour lesquels, il plaide coupable, mais aussi pout’ toutes les autres infractions retenues à son encontre. Pour étayer son argumentaire visant à démontrer la culpabilité de cet accusé, la représentante du parquet a dit qu’il faut écarter l’hypothèse selon laquelle M. Atangana Mbida a agi sous l’effet d’une main noire. Ce dernier est, d’après elle, un imposteur qui n’a suivi aucune formation en exorcisme. De plus, il a choisi en toute conscience de brûler les fesses des enfants avec le fer à repasser pour masquer les actes de sodomie qu’il avait perpétrés sur les infortunés. Elle conclut qu’un rapport d’autopsie d’un médecin- légiste, incrimine M. Atangana Mbida. ,

Amour aveugle

Pour ce qui est du cas de Mme Zoa, la représentante du parquet s’est dite outrée de voir une maman accepter de sacrifier ses enfants au prix d’un amour aveugle. Selon le parquet, il ne se fait l’ombre d’aucun doute que l’accusée a aidé son amant à la commission du crime. «Cette dame est intellectuelle qui savait ce qui se passait», a-t-elle clamé. Elle a demandé que Mme Zoa soit déclarée coupable de tous les faits reprochés à son coaccusé.

Les avocats de l’accusation ont décrié la cruauté des actes ayant emporté les frères Luc Braidley Rayane Messi et Madeleine jade Ndzié Messi. Ils ont qualifié k pasteur exorciste de menteur et d’escroc qui a jeté son dévolu sur une dame aisée. Les avocats ont évoqué pour soutenir l’accusation, les-déclarations faites par l’accusé lors de l’enquête préliminaire qui avait reconnu ne pas détenir le pouvoir de chasser les démons et de lire le destin.

De même, il avait reconnu avoir exercé des pressions dans le . but de contrôler matériellement çt spirituellement Mme Zoa. Pour les avocats, cette affaire est une pièce de théâtre tragique qui s’est déroulée dans une villa louée par le père des infortunés et dont les acteurs sont André Guy Atangana Mbida et sa coaccusée Mme Zoa qui l’a aidé à la commission du crime. Ils ont plaidé pour la condamnation des codétenus.

Les avocats de M. Atangana, quant à eux, se demandent si le tribunal juge «les bonnes personnes». Ils soutiennent que la représentante du parquet a fait de fausses affirmations contre leur client, selon eux, ce dernier est un exorciste confirmé qui a fait ses preuves dans la famille de Mme Zoa en délivrant de la sorcellerie la sœur cadette de cette dernière. Ils taxent leur client de foi étant donné qu’il a reconnu les faits de violences sur mineurs qui lui sont reprochés et demandé pardon au tribunal. Les avocats ajoutent que les faits d’homosexualité imputés à ce dernier, ne peuvent pas prospérer parce ce que les Luc Bfandley Rayane Messi et Madeleine Jade Ndzié Messi qui s’exprimaient déjà clairement, les auraient dénoncés soit à leur maman, soit à leurs grands-parents qui les auraient découverts en leur faisant la toilette.

Bonne volonté

Selon les hommes en robe noire, la principale question qu’il faut se poser est de savoir si M. Atangana Mbida en faisant son travail avait l’intention de tuer les enfants ? Ils ont répondu par la négative avant d’indiquer que le fait pour leur client de ne pas prendre la clé des champs, démontre qu’il était animé de la bonne volonté de sauver la vie des enfants. De plus, ils évoquent un problème de droit qui se pose dans cette affaire, notamment le fait que le rapport d’autopsie sur lequel s’appuie l’accusation pour incriminer l’exorciste ne détermine pas celui qui a commis les faits d’outrage suivi de viol et sodomie sur tes deux frères.

Dès lors que le nom de M. Atangana Mbida n’est pas cité dans le rapport d’autopsie controversé, un immense doute commence à planer sur tes lesdites infractions, soutiennent les avocats. Pour ces derniers, les éléments de preuve de soutien à l’accusation sont fragiles et ne peuvent pas déterminer le tribunal à condamner leur client pour les Faits de viol et homosexualité.

Pour la défense de Mme Zoa, ses avocats ont dit comprendre la colère, l’indignation et la frustration de la représentante du parquet qui est une mère d’enfants. Deux innocents ont trouvé la mort dans des circonstances bizarres toutefois, le tribunal doit rendre la justice sans état d’âme, ont-ils déclaré. Les avocats ont aligné une kyrielle d’arguments pour démontrer l’innocence de leur cliente. Pour eux, Mme Zoa est la véritable victime qui a tout perdu dans cette affaire, ses deux enfants et sa liberté, lis soutiennent que l’accusée a confié les enfants uniquement pour qu’ils soient délivrés même si par la suite les choses ont mal tourné.

D’après les avocats, si l’accusée peut être blâmable sur le plan moral pour avoir été naïve, elle ne pourrait être accusée de complicité. Car pour que cette infraction soit constituée il faut qu’elle ait été active et avoir l’élément intentionnel avant de souligner que c’est la mère de Mme Zoa qui lui a recommandé M. Atangana Mbida.

«Comment pouvait-elle s’opposer à sa maman et savoir que l’exorciste était un usurpateur», se sont demandés les avocats? Ils estiment que les accusations de complicité de faits de viol et d’homosexualité imputés à leur cliente n’ont pas été établies au cours des débats. On ne peut pas être complice d’une infraction qui n’existe pas. Après le décès des deux frères, les avocats précisent que leur cliente qui était affectée par la disparition de ses enfante, avait porté plainte contre l’exorciste. Un signe qui démontrait qu’elle n’était pas le complice de ce dernier.

Par ailleurs, les avocats indiquent que M. Atangana Mbida avait affirmé qu’en matière d’exorcisme, il ne recevait aucune instruction de Mme Zoa. Ils ont demandé au tribunal de déclarer l’accusée non coupable des faits qui lui sont reprochés. Le tribunal compte rendre son verdict, le 25 août 2020.»

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