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General News of Tuesday, 22 September 2020

Source: cameroonvoice.com

Répression policière : Kamto reçoit un soutien de taille qui menace Biya de représailles

Ce lundi 21 septembre, l’avocat canadien Robert Amsterdam a pris sa plume pour adresser une correspondance au président camerounais, Paul Biya, au sujet des manifestations pacifiques d’appel à la retraite politique du président Paul Biya qui démarrent dès mardi 22 septembre 2020.


Contrairement à ce que prétendent le régime et ses amis, les manifestations du 22 septembre ont été dument déclarées aux autorités administratives
La correspondance de l’avocat canadien à la tête du cabinet Amsterdam & Partners LLP qui dispose de succursales à Londres en Grande Bretagne et à Washington District of Columbia aux Etats-Unis, intervient à 24 heures des grandes manifestations appelées par l’homme politique camerounais, Maurice Kamto, candidat arrivé 2ème selon les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel -à la solde de Paul Biya- à la dernière élection présidentielle.

L’annonce de ces manifestations en vue d’obtenir la démission du chef de l’Etat, après que celui-ci a convoqué des élections régionales au Cameroun sans avoir au préalable trouvé une solution à la guerre dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest, et avant d’avoir procédé à une révision consensuelle du code électoral, ainsi que l’avait exigé Maurice Kamto ou comme le souhaite une frange très importante de la population camerounaise, avait fait monter au créneau les nervis du régime, notamment le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji, et son collègue de la Communication, René sadi. Ces derniers ont proféré de graves menaces contre les partisans de Kamto ou toute autre personne qui oserait vouloir jouir de son droit d’exprimer librement son opinion par rapport à la marche des affaires de son pays.

Les blindés de l’armée et de la police sont mobilisés pour dissuader l’expression populaire
Des menaces qui font dire à Me Amsterdam que le régime qui s’apprête ainsi à violer la Constitution du Cameroun, les traités, chartes et conventions internationaux, subira en conséquence les représailles de droit qui s’imposent.


Gendarmes et policiers assiègent le siège régional du MRC à Douala
Ci-après, la lettre de l’Avocat adressée au président camerounais en personne

21 Septembre 2020,

Excellence Monsieur le Président, Notre cabinet d’avocats représente le professeur Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Nous vous adressons cette lettre pour vous informer que nous défendrons les droits de M. Kamto et du MRC conformément à la Constitution du Cameroun et au droit international des droits de l’homme. Comme vous le savez sans doute, des manifestations pacifiques à l’échelle nationale ainsi que des activités de l’opposition sont prévues à compter du 22 septembre 2020.

Nous, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, suivrons de près les événements qui se dérouleront en République du Cameroun. Nous nous attendons à ce que ces rassemblements pacifiques, dans l’exercice des droits nationaux et internationaux garantis de liberté d’expression et de réunion, soient autorisés et protégés. Nous vous informons également de notre intention de demander des comptes aux autorités de la République du Cameroun pour toute violation éventuelle des droits de l’homme, des droits civils et de la sécurité physique du Professeur Kamto, des membres du MRC, et de tous les participants aux manifestations pacifiques et aux activités de l’opposition le 22 Septembre et ultérieurement.

C’est avec une préoccupation particulière que vous avions appris l’arrestation et l’incarcération de M. Kamto en janvier 2019. Celles-ci constituaient une violation flagrante à la fois du droit camerounais et des obligations internationales en matière des droits de l’homme. Nous espérons fortement que ce type d’arrestations et de violations des droits de l’homme ne se reproduira plus. Notre cabinet d’avocats est prêt et déterminé à protéger les droits de M. Kamto dans toutes les instances juridiques et politiques disponibles. En conséquence, tout responsable de la République du Cameroun qui se livrerait à de telles violations, les autoriseraient ou y consentirait, s’ exposerait à des conséquences graves. Si nous avons connaissance de violations des droits de l’homme commises par des autorités ou en leur nom, nous avons l’intention, de concert avec les autres conseils, de porter plainte auprès des instances juridictionnelles appropriées au niveau national, régional ou international.

En outre, nous sommes prêts à plaider en faveur de l’imposition de sanctions économiques et autres, contre les responsables qui violeront droits fondamentaux de M. Kamto. Je note en particulier que le harcèlement ou les obstructions aux activités pacifiques de l’opposition politique, ainsi que la violation des droits de M. Kamto et des membres du MRC, pourraient entraîner des sanctions ciblées contre des autorités camerounaises en vertu du Global Magnitsky Act des Etats-Unis d’ Amérique et du Global Human Rights Sanctions Regulations du Royaume-Uni. Les personnes ciblées en République du Cameroun désignées dans le cadre de ces programmes de sanctions, pourraient être confrontées à un large éventail de conséquences, notamment le gel de comptes bancaires, la saisie des avoirs détenus à l’étranger et la révocation des visas de voyage pour les personnes désignées et leurs familles. Nous espérons pouvoir éviter d’en avoir à recourir à de telles actions.

Nous supposons que les autorités gouvernementales du Cameroun se conformeront à la fois à la constitution du Cameroun et au droit international afin de respecter les droits du Professeur Kamto, du MRC et des manifestants. Cela dit, nous, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, suivrons de près la réponse du gouvernement camerounais à l’exercice de la liberté d’expression et de réunion du peuple camerounais le 22 septembre et le traitement qui sera réservé à M. Kamto. Je vous remercie d’avance de l’attention que vous porterez aux questions soulevées dans cette lettre et de vos efforts pour faire en sorte que les autorités camerounaises respectent et s’assurent du bon respect des droits humains fondamentaux de M. Kamto et du peuple camerounais. Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération. Robert R. Amsterdam

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