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General News of Wednesday, 6 January 2021

Source: Actu Cameroun

Région militaire interarmées 3: les non-dits de la descente de Beti Assomo dans l’Adamaoua

La Rmia numéro trois qui couvre les régions administratives du Nord et de l’Adamaoua, placée sous le commandement du général de brigade Robinson Ndong, a reçu le patron de la Défense camerounaise à la Saint-Sylvestre.

Un moment solennel plein d’enseignements. Pourquoi le ministre Beti Assomo a-t-il choisi de passer le réveillon du 31 décembre dans l’Adamaoua, précisément à Ngaoundéré et à Tibati ? L’année dernière, s’il avait jeté son dévolue sur la bourgade de Kye-Ossi dans la vallée du Ntem, « la ville des trois frontières », l’opinion savait qu’il y était pour galvaniser le moral des troupes, mais en arrièreplan, les plus avertis étaient conscients qu’il était motivé de mettre sur pied une concertation stratégique pour adresser durablement et efficacement les difficultés frontalières entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale.

Tout le monde sait la suite dans le règlement pacifique de ce différend à travers deux sommets à Yaoundé et à Malabo. Kye-Ossi n’y est certainement pas étranger.

En cette année en allant dans l’Adamaoua, ce n’est pas pour s’y mettre au vert comme on pourrait naïvement deviner. Il y a trois grandes menaces sécuritaires liées à cette région militaire. Premièrement, sur les réseaux sociaux, une vidéo a propagé une rumeur selon laquelle une rébellion serait en gestation dans le département du Faro Et deo, à la frontière avec le Nigeria.

Silence du côté de Yaoundé ! Mais personne n’était dupe, on savait que sur le terrain, comme l’a du reste confirmé le commandant de la Rmia, le général de brigade Robinson Ndong, l’Armée était en opération pour contrôler la situation.Quoique les opérations soient toujours en cours, il pense qu’il s’agit d’un acte de banditisme qui opère à la frontière avec le Nigéria (lire l’intégralité de son intervention).

La deuxième menace est celle des voleurs de cheptels et des preneurs d’otages qui a connu une accalmie avec l’intervention énergiques des Forces de sécurité et de Défense. La troisième menace, la plus lourde certainement, vient de la Rca. Avec les bandes armées qui y pullulent, conjuguées au regain de violence né des élections du 27 décembre dernier, le pouvoir de Faustin Archange Touadera ne tient plus qu’à un fil. La déstabilisation de la Rca, met du coup la Rmia 3 en première ligne.

Comme on le voit, la descente de Joseph Beti Assomo dans cette région militaire est pleinement justifiée, car c’est par là que les ennemis du Cameroun pourraient se frayer un nouveau passage.

En matière de Défense, on demande de veiller à tout temps car personne ne sait ni l’heure, ni le jour que l’ennemie peut frapper. Cette visite par-dessus tout, est une veille stratégique par excellence pour endiguer surtout le flux des menaces venant de la Rca au bord de l’implosion.


Convergence

C’est de Ngaoundéré où il a tenu une réunion avec le gratin sécuritaire, en présence des gouverneurs du Nord et de l’Adamaoua, que Beti Assomo atterrit à bord d’un hélicoptère au stade de Tibati. La ville s’arrête et converge vers le stade. Les rues principales, quoique bien arrosées toute la matinée, libèrent une poussière abondante au passage de l’immense foule et des motos taxis dans un concert de klaxons. « Jamais on n’a vu ceci à Tibati », s’extasie un vieil homme au bord de la route, contemplatif.

Effectivement, c’est la première fois qu’un ministre de la Défense foule le sol de Tibati. A peine le tourbillon de poussière soulevé par l’hélicoptère est retombé, que la foule exulte à la sortie du Mindef de l’aéronef. Passage en revue des troupes, et le voilà engouffré dans la voiture pour aller à sa résidence. Les motos, instantanément s’ébranlent à sa suite.

Le temps est compté, car ce 31 décembre, il doit avoir une réunion avec les autorités civiles et militaires du département de Djerem, venues essentiellement de Ngaoundal, du Cpfan (Centre de perfectionnement et d’entraînement des forces armées nationales) de Ngaoundal. Dans son agenda chargé, il y a l’écoute avec les militaires au sein du 33ème Bataillon d’infanterie motorisé de Tibati.

Après l’écoute du message à la Nation, c’est la traversée du 31 décembre autour d’un repas de corps. A huit heures du matin, il est à la place des fêtes pour remettre les épaulettes aux militaires promus. Juste après, il va mettre le cap sur Ngaoundéré pour le même exercice. On comprend dès lors la pertinence des propos du commandant de la Rmia 3 : « la situation est sous contrôle».

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