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General News of Thursday, 17 September 2020

Source: camer

Que deviennent les travailleuses de s3xe en période post-covid

Le Coronavirus et les mesures de distanciation prises pour lutter contre sa propagation ont fortement impacté le «commerce du sexe».

Les «filles de joie» rasent les couloirs des motels une fois la nuit tombée.

Au quartier mini ferme à Yaoundé ou certaines de ces belles de nuit exercent leur activité, Alice N, une travailleuse du sexe de 22 ans témoigne de la difficulté de la situation. «Pendant le confinement, je n’arrivais même pas à avoir deux clients par nuit mais maintenant, je peux avoir jusqu’à cinq…».

Cinq clients par nuit, cela peut paraître suffisant mais pour Alice, ce n’est rien comparé à la période d’avant Covid «Avant Corona, j’avais plus du double de ça, je pouvais gagner même 20.000 par jour.» nous confie-t-elle. Aujourd’hui, même avec la reprise apparente de ses activités, les gains d’Alice restent au plus bas. «Il y’a des soirs ou je rentre avec 5000, ce n’est pas beaucoup mais on va faire comment …» nous lance la jeune femme.

Evelyne A, 53 ans fait le même constat que sa jeune collègue. Pour cette doyenne que les autres appellent affectueusement Mama Evy, l’activité irait bien mieux si la rentrée scolaire ne pointait pas à l’horizon. «Les clients viennent mais ils disent qu’ils n’ont pas d’argent à cause des rentrées» nous confie-t-elle en guise d’explication. Pour ce qui est de ses gains journaliers, elle déclare gagner difficilement 2000 fcfa par nuit. Elle nous confie qu’elle est menacée d’expulsion de la chambre qu’elle loue à 15.000 fcfa et que son petit-fils dont elle a la charge de la scolarisation pourrait ne pas aller à l’école cette année.

Pour Ebony, une jeune femme de 18 ans originaire du nord-ouest Cameroun, la précarité qu’impose la difficile reprise des activités contraint à certaines concessions. «Pour m’en sortir, moi j’ai baissé les prix et je travaille même en journée» Clame-t-elle. Et quand nous lui demandons quel est le prix de ses prestations, elle nous répond avec un sourire en coin ‘’ Juste ce qu’il faut pour acheter de quoi manger.».

Face à cette situation…

Horizons femmes une association à but non lucratif qui milite pour l’autonomisation de la femme, avec l’appui du programme des Nations Unis pour le développement a offert une formation en fabrication de savon antiseptique aux travailleuses de sexe, pour leur permettre d’arrondir leur fin de mois. «Nous avons formé 80 personnes au départ. Soixante-cinq travailleuses de sexe et 15 autres femmes issues de secteurs d’activités dont la résilience était quasi impossible face à l’impact économique de la Covid 19.», Nous apprend Denise Ngatchou, la présidente d’Horizons femmes.
La formation qui s’est déroulée du 30 août au 05 septembre dernier a connu son apogée ce 14 septembre avec la remise de kits d’appui en matériels et matières premières composés de 03 bassines, une paire de gants de protection, une paire de lunettes, une balance électronique 5litres d’huile, de l’acide caustique, du silicate de Sodium et une spatule. Ces kits remis à 25 travailleuses du sexe sélectionnées parmi celles qui se sont positivement distinguées pendant la formation constituent une sorte de fonds de démarrage d’une nouvelle activité génératrice de revenus. «Même si ce don ne leur permet pas de quitter la rue, il leur donnera une activité secondaire» souligne Denise Ngatchou.

Pour les bénéficiaires de la manne salvatrice, la joie est à son comble et le coup de pouce apprécié à sa juste valeur «Ces gens nous sauve la vie, je vous dis, ils nous sauvent la vie» nous lance Alice d’une voix qui cache mal sa gratitude.

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