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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 2 June 2021

Source: camerounweb.com

Quand la députée Marinette Ngo Yetna rêvait d’une région pour les Bassa’a

La députée est morte le 24 mai dernier

Tout au long de sa mandature elle a mené un plaidoyer pour le regroupement administratif et politique de sa communauté au sein d’une région unique

Elle voulait faire de la Sanaga-Maritime une priorité pour le gouvernement après des décennies d’abandon

La ville d’Edéa et l’ensemble du département de la Sanaga-Maritime ont été plongés dans une tristesse indicible dès les premières heures de la journée de lundi à l’annonce du décès de la députée Marinette Ngo Yetna épouse Mbeleg. La femme d’affaires de 52 ans travaillait à s’imposer comme la patronne politique du département de la Sanaga-Maritime, ne serait-ce que dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir. L’annonce de sa mort a suscité des réactions désolées delà des barrières partisanes parmi ses collègues à l’Assemblée nationale, mais aussi parmi ses adversaires à Edéa ou dans les partis politiques concurrents. Le fait est que l’engagement de la députée a d’abord été un engagement local au service de ce qu’elle considérait comme la reconquête d’une fierté pour les populations des départements de la Sanaga-Maritime et celles du Nyong-etKelle séparées artificiellement au moment de l’accession à l’indépendance. Elle espérait un jour voir une unité régionale regrouper les populations Bassa’a-Mpoo et Bati, non seulement entre ces deux départements de base, mais aussi présents dans le Wouri, le Nkam et l’Océan. Son dernier combat en date était relatif au respect de la place des ressortissants de la Sanaga-Maritime dans les postes de directeurs généraux et de membres du gouvernement. Sur son mur Facebook, le 11 mai dernier, elle s’insurgeait que son département d’origine, avec ses 11 arrondissements et quelque 156 000 électeurs, n’ait « qu’un seul ministre ! Pourtant, dans d’autres départements certains arrondissements bénéficient de la part du lion avec une demi-douzaine de portefeuilles de prestige » ! Mais ce n’est sans doute pas la revendication des postes pour ses « frères et sœurs » qui marque son unique année passée à l’Assemblée nationale. D’une manière générale, elle voulait faire de la Sanaga-Maritime une priorité pour le gouvernement après des décennies d’abandon notamment sur les questions d’infrastructures.

« Grand Eweng »

En arrivant à l’Assemblée nationale, la présidente de la section RDPC Sanaga Maritime Centre s’est tout de suite attaquée à un chantier colossal à la lisière des questions environnementales, politiques, économiques, sociales et infrastructurelles. Il s’agit du projet de barrage dit du « Grand Eweng ». Elle s’est faite la porte-parole des populations riveraines en parallèle avec son collègue François Biba, originaire de la même circonscription, et élu sous les couleurs du Parti camerounais pour la Réconciliation nationale. Pour son propre compte, Marinette Ngo Yetna a demandé à être reçu en audience par le ministre de l’Eau et de l’Énergie. Lors de sa rencontre avec Gaston Eloundou Essomba le 11 septembre dernier. Elle a égrené la liste des problèmes que pose ce projet pour les populations. Le premier est que le prochain barrage menace d’inonder 127 villages. Des villages que les pouvoirs publics ont décidé de déplacer depuis 2018. Au moment où elle discutait avec le ministre, très peu avait été fait pour rassurer ces personnes sur leur avenir. Deux ans d’attente et de peur. Sans compter que des aspects fondamentaux n’ont pas encore été abordées afin de lever toute équivoque : l’épineuse question des restes des familles, les conditions de la délocalisation et de la relocalisation et évidemment le chapitre des indemnisations. Sur ce point, madame Ngo Yetna s’est inquiétée du deux poids deux mesures en vigueur au Cameroun. Comment se fait-il, a-telle en substance demandé au ministre Eloundou, que seuls 10 milliards de francs soient prévus pour indemniser toutes les populations concernées « pour un projet d’envergure comme celui du Grand Eweng conçu pour être le plus grand barrage d’Afrique centrale. Pourtant, le barrage de Memve’ele de moindre envergure a [mobilisé] 200 milliards pour la relocalisation et l’indemnisation des populations » ?

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