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General News of Tuesday, 4 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Quand la clandestinité et l’illégalité plombent le secteur minier

La mise sur pied de la SONAMINES devrait permettre d’accélérer le processus d'assainissement de ce secteur où la clandestinité et l’illégalité se sont installées en toute quiétude.

Le 24 février dernier, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), Gabriel Dodo Ndoke a rendu publique une liste de 16 entreprises qui doivent s'acquitter auprès du Trésor public camerounais des redevances superficiaires jusque-là impayées. Ces entreprises sont détentrices de permis de recherches qui ont été reversés dans le domaine minier national. Les amendes, qui varient de 90 000 FCFA à un peu plus de 25 millions de FCFA, font un montant cumulé de 173,644 millions de FCFA. C'est le prix du non-respect des dispositions contractuelles qui les lient à l'État, notammentle non-respect des cahiers de charges et le non-paiement des redevances. Ce n'est pas une première dans le secteur minier, de voir un ministre en charge du domaine sanctionner des entreprises. En août 2020, Dynasty Mining SARL écopait de six mois de suspension pour activités d'exploitation minière illégales, activités minières dans une zone interdite, infractions relatives aux mesures de santé, de sécurité au travail et de protection de l’environnement. Un peu plus loin, en 2017, Metallicon était suspendue pour la même période pour n'avoir pas réhabilité des sites détruits par ses activités dans la localité de Kambélé. La même année, les entreprises Hong Kong, Lu&Lang, Peace Mining, et Scem (Société Camerounaise d'Exploitation Minière) avaient également été épinglées parle ministère en charge des Mines. En fait, aussi loin que remonte l'exploitation minière au Cameroun, les activités se sont très souvent déroulées comme dans un no man's land.

La région de l'Est, où se concentre la majorité des exploitations minières actuelles (artisanales ou industrielles), est la zone par excellence pour évaluer l’illégalité et les dérives dans ce secteur. En 2019, l'ONG Cameroon Alumni Association (CAM3A) rendait public un rapport dans lequel elle mentionnait pas moins de 11 maux liés uniquement à l'exigence de réhabilitation des sites d’exploitation dans cette partie du Cameroun. Les pratiques illégales les plus courantes en ce qui concerne l'exploitation minière dans le pays sont généralement liées au fait que les entreprises exercent leurs activités sans permis d'exploitation, détournent l'objet des autorisations, vont au-delà des sites qui leur sont alloués ou alors utilisent des permis qui ne leur appartiennent pas. Il faut ajouter à cela le fait qu'une part très marginale des exploitants autorisés respecte le cahier de charges sur le volet sociétal ; encore que les conditions de travail des miniers sont très éloignés des standards. C'est donc dans ce cadre que survient la Société Nationale des Mines, qui trouve un secteur encore sinistré, où le tout-venant pense imposer sa loi, dédaignant royalement de respecter les lois en vigueur. L'entreprise nouvellement créée devra, sous la tutelle du MINMIDT, jouer de ses prérogatives, pour participer à l'assainissement du secteur minier. Ce ne sera pas une sinécure.

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