Vous-êtes ici: AccueilActualités2021 08 27Article 615943

Actualités of Friday, 27 August 2021

Source: La Nouvelle Expression

Privatisations au Cameroun: retour sur les grands déballages

Peut-être que l’ère des comptes est venue Peut-être que l’ère des comptes est venue

Le ministre des domaines a présidé une session du Comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaires du Cameroun ; dans un contexte de crise ouverte entre acteurs visibles et invisibles de la gestion des actifs résiduels de l’ex Oncpb, de l’ex Régifercam et l’ex Onpc.

Le ministre des Domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf) a présidé hier dans son cabinet, les travaux de la 15ème session du Comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaires du Cameroun.

À l’ordre du jour, selon l’invitation servie aux membres du Comité et aux personnes conviées aux travaux, l’examen des modalités de la poursuite du recensement des actifs résiduels de l’ex Oncp) au Port autonome de Douala (Pad), la détermination du statut juridique et des charges susceptibles de gérer lesdits actifs, l’identification des différents modes de transfert. Cela faisait suite aux travaux du Secrétariat technique dudit Comité tenus mardi et mercredi.

C’est certainement un tournant important, voire décisif de la crise née de la liquidation des trois ex sociétés d’État liquidées et qui font l’objet de batailles au sommet de l’État: l’Office national des ports du Cameroun (Onpc), La Régie nationale des chemins de fer (Rncf encore appelée Régifercam) et l’Office’ national de commercialisation des produits de base (Oncpb), et particulièrement de l’ex Oncp. D’autant plus qu’avec la rétrocession des actifs résiduels de l’ancêtre du Pad, une partie vient de prendre le dessus sur l’autre. La prochaine étape des travaux du Comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaires du Cameroun devrait être la rétrocession définitive (?) desdits actifs au Pad.

Dans un courrier daté du 2 juillet 2021, le Secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) instruisait déjà le Mindcaf et de «reverser dans le domaine privé de l’État les terrains appartenant à aux ex Rncf et Oncpb». Indiquant répercuter les «hautes instructions de monsieur le président de la République».

Non sans instruire le Mindcaf de «faire toutes les diligences de [votre] ressort pour la mise en œuvre… [Pour] mettre un terme, dans les meilleurs délais, au mandat donné au cabinet Atou pour la sauvegarde des actifs résiduels des ex-Rncf, Oncp et Oncpb».

D’autres courriers servis tant au ministre des Finances (Minfi) qu’au Mindcaf, confortent le processus de retrait du mandat du cabinet Atou dans la gestion des liquidations des droits sociétés liquidées. Ainsi, le 22 juillet dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh invitait le Minfi à lui «faire le point sous huitaine, sur les mesures prises ou envisagées pour mettre en œuvre tes très hautes instructions…» du 2 juillet 2021.

Cyrus Ngo’o le mouton du sacrifice (?)

C’était un virage percutant vers l’éviction du cabinet Atou de la gestion des actifs des sociétés d’État liquidées. Un marché estimé par des sources renseignées à près de cent milliards et qui est l’objet d’une guerre entre les cabinets Atou et Challenger corporation, mandataire chacun du pouvoir pour les besoins de la cause. La crise a ainsi repris de l’ampleur.

Avec entre temps, la montée au créneau de Lazare Atou qui a frappé un coup sur le terrain judiciaire. À la suite d’une dénonciation du propriétaire du cabinet Atou, en tant que (ex) liquidateur, Cyrus Ngo’o a été convoqué au Tribunal criminel spécial (Tes). Le Directeur général du Pad est soupçonné de détournement de biens publics dans le cadre du marché de sécurisation du périmètre de l’entreprise qu’il gère.

À en croire le dénonciateur cité par investiraucameroun.com. en incorporant des actifs immobiliers de l’ex Oncp dans le patrimoine du Pad, Cyrus Ngo’o essaie de couvrir «te détournement de deniers publics d’un montant de plus de Fcfa 53 milliards, ‘ dans la conception et l’exécution du marché spécial du 13 avril 2018 relatif au projet de sécurisation du périmètre et le contrôle des accès du port de Douala/Bonabéri».

L’homme qui a séjournée au Tes le 18 août dernier, a été cuisiné par les enquêteurs de la division du corps spécialisé des officiers de police judiciaire de cette juridiction spéciale. Et des documents a priori compromettants pour l’homme fort du Pad surgissent sans cesse su les réseaux J sociaux, par l’entremise du journaliste et lanceur d’alertes Boris Bertolt.

Laurent Esso-Essimi Menye

En rappel, en 2008, te cabinet Challenger corporation détenu par François Tchakui reçoit d’Essimi Menye, alors ministre des Finances et tutelle des privatisations, un « mandat de sauvegarde et de gestion des actifs résiduels» de ces trois défuntes entreprises, pour le compte de l’État du Cameroun.

Challenger corporation trouve sur le terrain le cabinet Atou qui avait déjà reçu mandat de l’ex secrétaire général de la présidence de la république (Sgpr) Laurent Esso. Mandat retiré en 2007 par le prédécesseur d’Essimi, Polycarpe Abah Abah. S’en suit un chassé-croisé entre les deux mandants: En janvier 2008, le Sgpr renouvelle sa confiance au cabinet Atou.

Le Minfi agit autant en 2010 en faveur de Challenger. Les deux cabinets gèrent chacun des locataires dans certains immeubles objets de conflits, en cherchant à se neutraliser. Depuis ce temps, des milliards sont allés en fumée dans le cafouillage. Peut-être que l’ère des comptes est venue.

Rejoignez notre newsletter!