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General News of Monday, 7 December 2020

Source: aljazeera.com

Premières élections régionales: un journal international fait la lumière sur le scrutin

Le gouvernement considère les sondages comme un pas vers une plus grande autonomie régionale, mais les opposants craignent que le vote ne renforce la mainmise du président Biya sur le pouvoir.



Le Cameroun organise ses toutes premières élections régionales, qui, selon le gouvernement, donnent plus de pouvoir aux provinces mais que l'opposition boycotte comme une imposture.

Lors du scrutin indirect de dimanche, un collège électoral de 24 000 personnes, composé de délégués régionaux et de chefs traditionnels, votera pour pourvoir les postes de 900 conseillers régionaux - 90 pour chacune des 10 régions du pays - mettant ainsi en application une loi de 1996 qui promettait un gouvernement décentralisé mais n'a jamais été promulguée.

Les conseils municipaux auront leur mot à dire sur le développement, y compris les infrastructures telles que les routes, mais ils ne pourront pas modifier les lois promulguées par l'assemblée nationale et le sénat dans la capitale du pays, Yaoundé.

Le gouvernement du président Paul Biya considère ces élections comme un pas vers une plus grande autonomie régionale, espérant qu'elles apaiseront les critiques qui disent qu'il a longtemps négligé les régions du pays et qu'elles contribueront à mettre fin à un conflit séparatiste de quatre ans dans la région occidentale anglophone.

Mais les deux principaux partis d'opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto et le Front social démocratique (SDF), boycottent tous deux les élections, arguant qu'elles ne portent pas sur des questions locales mais qu'elles sont un moyen pour le chef de l'État de 87 ans de resserrer son emprise sur le pouvoir.

Selon les opposants, le vote n'offre qu'un semblant d'autonomie régionale et arrive trop tard pour régler le conflit, qui est devenu la plus grande menace depuis que Biya est au pouvoir, il y a près de 40 ans. Ils affirment également que les fonctionnaires qui voteront lors de l'élection sont en grande majorité des partisans de Biya et contribueront à faire respecter sa volonté dans les régions.

"La plupart des opposants politiques étant en prison, l'opposition boycotte le vote en disant qu'elle ne sera pas crédible avec le parti au pouvoir susceptible de remporter la plupart des voix", a déclaré Nicolas Haque d'Al Jazeera.
"Dans les régions anglophones du Cameroun, les séparatistes ont averti les gens de rester à l'intérieur, jusqu'à ce que leurs revendications pour une plus grande autonomie soient prises en compte".

Les combattants séparatistes ont promis de perturber le vote dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ils ont également déclaré qu'ils arrêteraient tous les participants.

Au moment de la publication, aucune perturbation n'avait été signalée. Cependant, des coups de feu ont été entendus autour de la ville de Kumbo, selon un responsable local cité par l'agence de presse Reuters.

En 2016, des avocats, des enseignants et d'autres personnes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, majoritairement anglophones, sont descendus dans la rue pour protester contre la domination du français dans les systèmes éducatif et juridique, faisant écho aux griefs de longue date de la minorité anglophone du pays concernant la marginalisation perçue de leur région par le gouvernement central dominé par les francophones.

La réaction brutale du gouvernement aux protestations a été suivie par l'émergence de plusieurs groupes armés séparatistes cherchant à former un État dissident.

Les groupes de défense des droits de l'homme ont accusé les deux parties de commettre des atrocités dans un conflit qui a fait au moins 3 000 morts.

Au milieu d'une vague d'arrestations et d'enlèvements arbitraires, ainsi que d'exécutions extrajudiciaires et de destruction gratuite de maisons et d'installations publiques, la crise a forcé des centaines de milliers de Camerounais à fuir leurs maisons en quête de sécurité, dont près de 60 000 ont franchi la frontière avec le Nigeria.

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