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General News of Friday, 29 January 2021

Source: Kalara n°370

Pratiques de sorcellerie: il bastonne son fils pour avoir parlé de sa mère

Une jeune dame réclame au père de ses enfants l’arrêt des violences contre son fils aîné et le rétablissement de son droit de visite accordé lors de leur divorce.

Depuis octobre 2019, Linda n’a plus senti l’amour de ses six enfants. Déboussolée, c’est avec une voix tremblante qu’elle parle des mauvais traitements infligés à son fils aîné par son ex-mari, Charles. Le gamin âgé de 13 ans l’aurait appelé avec le téléphone de sa maîtresse d’école pour lui raconter la bastonnade que lui a infligé son père. Pour la jeune femme, les photographies de l’enfant, qu’elle estime être des pièces à conviction, montrent à suffisance des lacérations issues de ces violences. Notamment des marques de fouets sur les épaules et le ventre du petit garçon.

La montée coléreuse de son géniteur serait due à un mécontentement car il l’a surpris donnant des nouvelles de leur mère à ses petits frères. Charles le traite de traitre et non sans le menacer de le renvoyer du domicile paternel s’il le surprenait à nouveau faisant la propagande de l’amour maternel. Il finit par lui promettre une bastonnade à la mère qu’il chérit si cela se poursuivait. Un témoignage qu’il a transcrit dans une lettre qu’il fait parvenir à sa mère après les faits.

Impuissante devant la détresse qu’elle a reçue au bout du fil, Linda a expliqué qu’elle n’avait pas d’autre choix que de traduire Charles devant le Tribunal de première instance de Yaoundé pour que la justice puisse protéger ses enfants auxquels elle n’a plus accès depuis le début de la procédure de divorce avec Charles. A l’audience du 18 janvier 2021, elle l’accuse ainsi de ne pas respecter son droit de. visite, mais aussi des violences sur leur fils ainé.

En effet, une décision du juge de non conciliation avait octroyé à Charles la garde exclusive des six enfants qu’ils ont eu durant leurs années de mariage. Mais un droit de visite était tout de même réservé à Linda. Entérinées en juillet 2019, les conclusions du juge lui permettaient d’avoir les enfants un week-end sur deux. De commun accord, un lieu fut choisi pour donner les enfants à leur mère et les récupérer à la fin de leur séjour. Visiblement mécontent de l’opportunité accordée à son ex-femme d’être avec ses enfants, Charles aurait tout fait pour créer des problèmes selon Linda.

Elle explique que les trois fois où elle a pu avoir les enfants, leur père les emmenait dans la nuit, et sans habits de rechange, alors que l’heure fixée par le juge était 17 h. De plus, il se plaignait du lieu pourtant choisi ensemble. La mère répudiée relate que son projet a finalement été mis en œuvre en fin octobre 2019. Alors qu’elle attendait déjà les enfants au lieu habituel, Charles va exiger qu’ils changent de lieu parce qu’il estime l’ancien «immoral» pour des enfants. Linda et son avocat vont l’attendre en vain jusque tard dans la nuit.

Pratiques de sorcellerie

A un moment, il ne décrochait plus leurs appels. C’est là qu’ils comprennent qu’ils ont été bernés. Linda a enfin expliqué au tribunal que Charles lui refusait les enfants parce qu’il voulait également savoir où elle habitait. Il proposait parfois de déposer les enfants devant chez elle pour plus de convivialité selon lui. La jeune femme dit avoir décliné l’offre puisque l’une des clauses conclues devant le juge de non conciliation était qu’aucun d’eux n’aille chez l’autre. Leur séparation aurait été provoqué par les violences infligées par son époux. Elle redoutait donc que dans un de ses accès de colère il ne débarque chez elle pour la molester. Elle aurait néanmoins gardé espoir qu’il change d’avis concernant ses visites mais elle s’est revenue à la réalité plus d’un an après pour réclamer officiellement ses six enfants.

La peur qu’éprouve Linda est aussi motivée par des supposées pratiques de sorcellerie de Charles. Elle aurait découvert sur leurs enfants des amulettes attachées autour des reins. Ces derniers lui ont raconté que leur père faisait des cérémonials bizarres depuis son départ. Il leur donnait parfois des potions à boire et les lavaient avec des décoctions inconnues. Le père leur demandait aussi de ne pas parler de ces évènements à leur mère ainsi que devant le juge lors du divorce. Le ministère public fera remarquer plus tard des cordes noires avec les amulettes mentionnées sur les photos de l’ainé battu ajoutées au dossier.

Pour l’avocat de Charles, son client a seulement usé de ses prérogatives de père en voulant choisir le lieu que ses enfants devaient fréquenter. Etant donné que le juge n’avait pas précisé l’endroit dans ses écrits, Charles avait selon lui la possibilité d’utiliser ce qu’il appelle la puissance paternelle pour imposer son choix. Un argument auquel Linda s’oppose en mentionnant que même après avoir accepté le nouvel endroit elle n’a jamais revu ses enfants.

Elle ajoute que même si Charles est contre la décision et interjeté appel comme il se devait de respecter son droit de visite avant une autre décision qui l’annulerait. Le ministère public d’avis a rappelé au camp adverse que la décision de non conciliation était exécutoire et ne pouvait être annulée de fait. Les faits sont donc établis pour le magistrat. Charles est appelé à présenter sa défense le 16 février prochain.

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