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Politique of Monday, 21 September 2020

Source: Actu Cameroun

Présidentielle 2018 : entre gloire et défaite que sont-ils devenus ?

C’étaient les hommes de l’an 2018 et pour certains observateurs, ce sont les hommes de l’après Biya. Ces anciens candidats à la présidentielle de 2018 ont tous connu le même sort à l’issue de la consultation électorale de novembre dernier mais, des trajectoires diamétralement opposées par la suite. Entre gloire et défaite… que sont-ils devenus ?

Ils étaient huit contre Paul Biya en 2018, Certains prenaient part, pour la première fois à une élection présidentielle. Et sans grande surprise, c’est dans ce groupe de novices que sont sortis les deux candidats qui ont accompagné le président sortant dans ce qui est considéré comme le peloton de tête de cette course électorale, qui a considérablement modifié la structure de la scène politique camerounaise. Ce n’est pas Maurice Kamto, arrivé deuxième avec 14 % de suffrages exprimés, qui va dire le contraire.

Lui qui a repris à John Fru Ndi, le chairman du SDF, le costume de l’opposant le plus important au régime Biya, qui se maintient depuis maintenant 38 ans. Le président du MRC, universitaire chevronné et ancien ministre, continue de cristalliser l’attention de l’opinion comme c’est le cas depuis deux semaines à cause d’une marche interdite qu’il projette quand même de faire le 22 septembre prochain pour s’opposer à la tenue des élections régionales programmées le 6 décembre 2020.

S’il ne joue pas sur le même terrain que Maurice Kamto, Cabrai Libii, l’autre novice de 2018 qui clôturait ce fameux peloton de tête, fait aussi parler de lui. Elu député dans le Nyong-et-Kellé en février dernier, cette ancienne star des shows télévisé, passé en politique par le biais du mouvement 11 Millions de citoyens, n’a pas boycotté les régionales comme le MRC et il se garde bien de défier les autorités en organisant des manifestations interdites par la préfectorales. A la place, il a choisi de s’indigner quand il en a l’occasion contre la partialité des autorités administratives.

Par ailleurs, celui qui est souvent présenté comme un jeune loup ne veut pas perdre des énergies dans la castagne comme Maurice Kam-to. Il est bien plus occupé à imposer son leadership dans le PCRN, un parti de second couteau qu’il a repris au lendemain de l’élection présidentielle pour se donner une envergure politique. Ce combat n’est malheureusement pas encore gagné. Surtout parce que la trop grande indépendance de Nourane Fotsing, député dans le Wouri ne lui facilite pas vraiment la tâche.

En plus, les lieutenants de Cabrai Libii soupçonnent que le PCRN a déjà été infiltré dans ses instances dirigeantes par des suppôts du RDPC au pouvoir. Ces derniers nourrissent l’ambition de détruire l’ambition politique de Cabrai Libii, présenté comme le Macron camerounais. C’est donc clair : le jeune député veut rester autant influent pour forcer le destin en 2025 comme le fondateur du mouvement En Marche ! L’a fait en France. Tout un programme.

Un round up des candidats

Pour le reste, le programme demeure un peu flou. Difficile à décrypter en tout cas. A commencer par Joshua Osih. Ce fils de pasteur originaire de la région du Sud-Ouest, a clairement réalisé une contre-performance en 2018. Pour la première fois, depuis le retour au multipartisme du début des années 1990, le SDF n’a pas terminé en deuxième position lors d’une élection présidentielle.

Plus grave. Joshua Osih ne faisait pas partie du peloton de tête, devancé par un Cabrai Libii qui ne jouissait pourtant pas d’un background politique véritable. Depuis cet échec. Joshua Osih est moins présent bien qu’il ait réussi à se faire réélire comme député dans le Wouri, malgré une âpre concurrence du RDPC. Mais il demeure difficile de s’avancer sur l’avenir politique de ce tribun, qui a laissé des plumes en 2018.

Pour ce qui est des autres visages de la dernière présidentielle, les positions sont tout autant loin d’être tranchées. En dehors de Révérend Franklin Ndifor Afanwi. le candidat-surprise, et d’Ada-mou Ndarn Njoya, vieux briscard de ces consultations électorales, tous deux décédés, les autres sont restés discrets. Peu diserts sur les grands sujets d’actualité, quasi invisibles pendant les élections municipales et législatives de février 2020 et pour l’instant, loin des schémas de la transition élaborés par quelques officines privées.

Est-ce le fait d’un choix assumé ou alors la conséquence de leur incapacité à rester immergés dans les eaux glauques de la politique camerounaise ? C’est l’une des questions qui sert de voûte centrale à ce dossier. Qui fait le round-up de ces candidats que l’histoire continuera de citer. Huit hommes lancés dans les starting-blocks d’une élection qui a définitivement ouvert les portes sur un processus de transition nuageux, qui fait du Cameroun une interrogation au début de cette décade.

Huit hommes qui retiennent encore l’attention des partenaires au développement du Cameroun ainsi que des chancelleries occidentales (excepté ceux qui sont décédés). Au Quai d’Orsay, ils sont dans les petits papiers. Des indiscrétions les voyaient même participer à un gouvernement de large ouverture politique, dans le but de sauver le Cameroun d’une crise politique.

Mais, visiblement, Paul Biya n’a jamais vu l’opportunité de former un tel gouvernement. Ou du moins par pour l’instant. Quoi qu’il en soit, chacun des candidats vaincus de la présidentielle de 2018 sait que le meilleur est à venir : au moment d’écrire une nouvelle histoire du Cameroun. En 2025 peut-être. Avant cette date, il leur faut d’abord continuer de gonfler leur capital politiqûe. Beaucoup affûtent donc leurs armes loin des caméras. Comment ? C’est bien là toute la question.

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