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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 30 March 2021

Source: actucameroun.com

Présidence du RDPC: la nuit des long couteaux est lancée

Qui pour remplacer Paul Biya à la tête du parti au pouvoir et faire office de candidat naturel du Rdpc à la présidentielle de 2025 ? La question agite déjà les réseaux rivaux qui s’étripent sous cape au sein du système gouvernant. Le vrai enjeu du prochain congrès du parti du flambeau ardent.
C’est à un jeu de cache-cache que se livre le sommet de l’Etat depuis un certain temps, au sujet des enjeux de l’avenir politique du pays. L’imminence de la session parlementaire en cours avait mis sur la sellette la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle en vue de la désignation de la 2è personnalité de l’Etat. Un débat, loin d’être anodin, avait enflammé l’opinion publique, à propos des réajustements supputés à la tête dés deux institutions parlementaires. Mais en dépit de sa pertinence, le pouvoir a préféré le statu quo, masquant encore une fois ses intentions réelles sur l’alternance éventuelle à la tête de l’Etat, tant le choix induisait la levée de voile sur le visage du potentiel dauphin.

Pourtant, le débat est loin d’être clos, et devrait resurgir à l’occasion du futur congrès du parti au pouvoir, si l’on en croit des indiscrétions dignes de foi. A la date encore inconnue, le principe de la tenue durant l’année en cours de ce conclave constituerait un acquis. Le renouvellement du sommier politique du Rdpc, processus engagé depuis quelque temps, constitue le prélude à ce grand chamboulement. Pour de nombreux analystes, au-delà des sujets liés au fonctionnement du parti, la question de la désignation du futur président national du Rdpc constituera la trame la plus pertinente des travaux, avec en toile de fond, l’équation de la transition générationnelle, qui s’est invitée depuis quelque temps dans le débat public.

Et pour cause, le président national du parti sera son candidat naturel à la présidentielle de 2025, conformément aux dispositions statutaires du parti du Flambeau ardent. Qui remplacera alors Paul Biya, dont tous les observateurs s’accordent à reconnaître qu’il passera la main à l’occasion de cette convention nationale du parti au pouvoir ?

Affaire Messanga Nyamding et le mouvement « Franckistes »

Difficile de donner une réponse péremptoire à cette interrogation, au regard des mystères qui entourent la position du sommet du parti sur un éventuel changement de dirigeant. Pourtant, à en croire des analystes pointilleux, la question est au cœur de certaines affaires qui agitent la vie de la nation ces temps derniers. D’abord le fameux mouvement des « Franckistes », qui s’est invité dans le débat public comme un cheveu dans la soupe, et orienté vers le soutien à une éventuelle candidature de Franck Emmanuel Biya, à la prochaine élection présidentielle.

Alors que rien de l’y prédisposait, le fils ainé du président s’est retrouvé au-devant de la scène, comme un galop d’essai pour la succession de son père à la tête de l’Etat. Si d’aucuns prêtent l’intention de tester la cote de sympathie de l’opinion à l’égard de ce dernier, des analystes éclairés envisagent déjà qu’il comptera quelques partisans en vue d’un positionnement lors du prochain congrès du parti. Et même si ses chances demeurent minces pour postuler simplement à la candidature dans un parti où les aristocrates et les conservateurs font la loi, il est clair que ses partisans feront encore parler de lui à cette occasion.

Quant à Messanga Nyamding, aujourd’hui dans la tourmente du fait de ses prises de postions controversées à l’égard du système gouvernant, lui aussi, devra faire face aux caciques du régime, peu disposés à supporter les critiques acerbes de l’universitaire, à l’occasion de ce conclave qui recèle en toile de fond, les astuces de la succession à la tête du parti. Vu sous ce prisme, son affectation dans le septentrion masquerait la volonté de l’éloigner des enjeux de la transition générationnelle qui se trame autour du congrès annoncé du Rdpc, selon certains observateurs.

Reconnu comme l’un des chantres de la valorisation de la jeune classe politique du parti au pouvoir dans la gestion des affaires étatiques, après son camarade Ateba Eyéné de regrettée mémoire, Pascal Charlemagne Messanga Nyamding s’est depuis longtemps révélé comme un adversaire à la gérontocratie au pouvoir au Cameroun, même s’il se veut le fervent apôtre de Paul Biya. Les affaires Messanga Nyamding et le mouvement des « Franckistes », qui agitent la vie publique, apparaissent dès lors comme des galops d’essai savamment orchestrés en prélude à la maîtrise par les caciques du régime, des enjeux et des contours du prochain congrès du parti au pouvoir.

Quoique en soit, et de l’avis du plus grand nombreux d’observateurs, y compris au sein du Rdpc, le congrès programmé du parti au pouvoir, scellera l’ultra-domination d’un homme sur la scène politique du pays, Paul Biya, président de la république depuis près de 39 ans, et président national du Rdpc depuis sa création en 1985. On n’est plus très loin du scénario de 1982, avec la démission du premier président Ahmadou Ahidjo, qui ne conservera pas comme son prédécesseur les rênes du parti.

Mais comment éviter les situations conflictuelles qui avaient suivi le changement de 1982 ? Visiblement au Rdpc, les caciques semblent avoir déjà tiré les leçons, et ne se montrent pas disposés à passer le pouvoir entre les mains d’une jeunesse de plus en plus avide du pouvoir présidentiel. La guerre des générations en vue de la gestion de l’Etat a déjà commencé.

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