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General News of Wednesday, 18 November 2020

Source: www.camerounweb.com

Pouvoir à vie : la résurrection de Paul Biya expliquée par un journal européen

La longévité du pouvoir de Paul Biya (38 ans) s’explique en partie par son image qu’il polit au quotidien auprès de la communauté internationale. Pour y arriver, le président de la République s’attache les services des lobbies américains. Le journal belge mo.be explique la résurrection de Paul Biya en 2004.

La résurrection d’un dictateur


Il existe également des exemples antérieurs de la manière dont les lobbies de relations publiques américains ont blanchi les affaires locales au Cameroun. En octobre 2004, il y a eu des élections présidentielles au Cameroun, que Paul Biya avait prévu de remporter, bien que le dictateur éprouvât des difficultés.

Au début de l’année 2004, le ministère américain d’Affaires étrangères a signalé que l’armée camerounaise avait commis des exécutions extrajudiciaires et d’autres atrocités.

De plus, l’Internet a entre-temps pénétré sur tout le continent africain. Il s’agit de la première élection présidentielle au Cameroun où les médias sociaux sont un facteur, et où l’information est plus librement accessible à la population en général.

Biya se rend compte que sa façon habituelle de voler les urnes—enfermer l’opposition, manipuler les bulletins de vote—est trop risquée. Il risque de perdre son crédit à Washington et a besoin d’une approche plus subtile. Toute la perception autour du spectacle électoral doit changer.

En juillet 2004, quelques mois avant les élections, le dictateur camerounais réinvente son image. Il contacte la firme américaine Squire Patton Boggs et conclut un contrat de 400.000 dollars. Le travail de la société de relations publiques consiste à renforcer les liens entre le Cameroun et les États-Unis, y compris en ce qui concerne les ‘questions liées aux élections’.
L’un des lobbyistes de Squire Patton Boggs, Greg Laughlin, réunit un groupe d’anciens membres du Congrès américain qui, en tant qu’observateurs électoraux indépendants, gardent un œil sur le jour des élections. Biya ‘gagne’ les élections avec 71 % des voix. ‘L’élection a été équitable’, témoignent Greg Laughlin et ses collègues, un message largement diffusé par les médias locaux. ‘Le vote impressionne les observateurs américains’, peut-on lire à la une du journal pro-gouvernemental Cameroon Tribune du 13 octobre.

Les ex-députés dirigés par Laughlin avaient eux-mêmes, sciemment ou non, été dupés par des fonctionnaires camerounais, comme il s’est avéré. On ne leur a montré qu’une poignée de salles d’élections préparées par le régime.

D’autres observateurs électoraux sont abasourdis. ‘Dans certains domaines clés, le processus électoral manque de crédibilité’, a conclu une délégation dirigée par l’ancien Premier ministre canadien Joe Clark. Son groupe a visité pas moins de 263 salles électorales dans tout le pays. Christian Tumi, le cardinal de Douala, est encore plus critique : ‘Comme toutes les élections, ces élections sont également entachées de fraude’. Mais le mal est fait : c’est le témoignage de Laughlin qui résonne.

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