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Actualités Régionales of Tuesday, 19 January 2021

Source: ecomatin.net

Pont du Wouri dans le noir : qui est responsable ?

Le majestueux édifice est plongé dans l’obscurité depuis plusieurs mois. Important corridor économique entre les régions de l'Ouest, du Nord-ouest, du Sud-ouest et du Littoral, l'ouvrage de 850 mètres de long est l'ombre de lui-même la nuit tombée. La Mairie de Douala, le ministère des Travaux publics, et Eneo Cameroon se renvoient les responsabilités, avec en filigrane, une mafia latente de matériels électriques, en passant par les ramifications insoupçonnables.

«Les choses reviendront à la normale dans les prochaines heures», rassurait une source autorisée à Eneo Cameroun. L’entreprise nationale de distribution du courant électrique se dédouane de toute responsabilité sur l’absence d’électricité publique sur le second pont sur le Wouri. L’ouvrage est plongé depuis plusieurs mois dans le noir. Une ambiance contrastée entre l’édifice et l’image renvoyée en nocturne. Le second pont du Wouri, courroie de transmission entre la région du Littoral et les régions de l’Ouest, du Nord-ouest et du Sud-ouest qui affiche un visage reluisant en diurne. De Ndobo, à la pénétrante Ouest de Douala, au Rond-point Deido, grand carrefour de la ville, de centaines de cargaisons de légumes, fruits, viande, carburant etc. franchissent quotidiennement, la capitale économique via le pont du Wouri. Le flux du trafic réduit considérablement dès la tombée de la nuit. Véhicules de transport de marchandises, bus voyageurs etc. se font de moins en moins visibles sur cet axe capital. Taxis, moto-taxi et véhicules personnels diminuent leurs rotations du fait du déficit d’éclairage sur le pont principal, pourvu pourtant de lampadaires géants.

«Cette affaire est très complexe et très floue parfois», confie un cadre de la Communauté urbaine de Douala (CUD), proche de ce dossier. Les responsabilités se renvoient entre la Mairie de Douala, le ministère des Travaux Publics, le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, les sous-traitants de l’entreprise Eneo, l’entreprise prestataire des travaux du nouveau pont, et les citoyens délinquants urbains de la ville de Douala. Dans les détails de cet épineux dossier, il ressort en effet dans le cas d’espèce un véritable imbroglio. Face à la persistance de cette situation, la Mairie de la ville de Douala a décidé de recourir à l’endroit de l’entreprise Eneo, après avoir accusé sa faible capacité de production électrique: «l’absence d’éclairage public sur les deux ponts sur le Wouri n’engage pas Eneo Cameroon. Mais il y’a quelques jours, la Mairie de Douala a sollicité nos services pour les aider à rétablir rapidement le courant électrique sur les candélabres le long du tronçon Bonassama-Rond-point Deido», confie un responsable d’Eneo. Chose faite, à 20 heures du soir, ce 13 janvier 2021, des agents prestataires étaient en effet à l’ouvrage sur le second pont du Wouri, les nouvelles des travaux lorsque nous rédigions cet article font état de ce que le retour d’électricité est estimé à 98%.

«Ces travaux ont commencé depuis quelques jours et nous constatons une reprise échelonnée de l’éclairage public sur cet axe», révèle à son tour un responsable anonyme de la Communauté urbaine de Douala. Sauf qu’à la Mairie, on se mord en sourdine les doigts. Il s’agit d’un imprévu budgétaire dont la Mairie devra supporter les conséquences. Un préjudice estimé à plusieurs dizaines de millions de FCFA, «incompréhensible», d’après des techniciens de la Mairie qui pensent que l’institution décentralisée pourrait, dans ce cas précis, endossé des dépenses incombant à des tiers partenaires ou tutélaires. «Tout dépend ici de la période de garantie. Si elle est encore en vigueur, c’est l’entreprise prestataire des travaux de construction qui devrait s’en occuper logiquement», indique le cadre de la Communauté urbaine de Douala sollicité. Allusion à l’entreprise Satom, tête de file du conglomérat d’entreprises qui ont exécutés le gigantesque chantier. D’où l’implication du ministère des Travaux Publics, maître d’ouvrage. Le flou indiqué supra apparaît ainsi. Sur les délais de la garantie relative au chantier ouvert à la circulation depuis le 3 octobre 2017. L’enquête de responsabilité, des agents techniques de la CUD atteindra, en vain, le Ministère de l’habitat et du développement urbain, l’une des tutelles administratives de la ville de Douala.

Ce sont au total, 4 kilomètres de câbles à installer sur le linéaire Rond-point Deido-Bonassama par les agents mobilisés par l’entreprise Eneo. Toutefois, il est plus qu’important de tracer les origines de ce black-out. Où sont passés les câbles électriques et les ampoules initialement installés? Question fondamentale. Une source bien renseignée pointe un doigt accusateur sur des prestataires de service Eneo indélicats, maîtrisant les techniques du secteur: «plus de 2 kilomètres de câbles électriques ont été enlevés visiblement par des individus habitués au métier et à la pratique». L’enlèvement et le transport desdits câbles nécessitent en effet une certaine expertise, logistique et matérielle. Également dans la ligne de mire des autorités administratives de la ville de Douala, des «Doualais» attirés par l’appât du gain qui vandalisent le mobilier urbain d’électricité: «ce matériel spécifique se retrouve malheureusement au marché noir», confie un agent Eneo. Le branchement linéaire des câbles électriques sur le deuxième pont du Wouri pourrait, par ailleurs, expliquer la facilité avec laquelle sont vandalisés les candélabres: un branchement de surface. Cette fois, les ingénieurs de la CUD ont opté pour un câblage électrique aérien : «nous réparons une erreur conceptuelle. La mise en altitude des câbles électriques est un début de solution au vandalisme observé», rassure le cadre de la Mairie de Douala. Qui se réjouit finalement du retour progressif de l’éclairage sur la partie terre ferme du projet «second pont du Wouri». «Le pont proprement dit sera entièrement éclairé dans les prochaines heures», assure-t-il, optimiste. Pour rappel, l’éclairage public occupe une place cardinale dans le programme 2020-2025 de la Maire de Douala, qui signe par ces travaux sur le second pont du Wouri, l’effectivité de cet engagement quinquennal.

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