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xxxxxxxxxxx of Friday, 28 May 2021

Source: L'Anecdote n°1182

Politique: le Sdf, 31 ans après… toujours rien

Le Social Democratic Front est à ce jour à la croisée des chemins du fait des querelles intestines pour le contrôle du parti à l’annonce du départ de Fru Ndi, tout comme des échecs électoraux, de l’embourgeoisement de l’élite du parti au détriment de sa base, et des soupçons de collusion de certains cadres avec le pouvoir en place.
NÉ LE 26 MAI 1990 à Bamenda sur des braises et protestations, le Social Democratic Front (Sdf) voit le jour suite à des tribulations sociopolitiques, qui seront parmi les prémices conduisant au multipartisme et la démocratisation de la vie politique du Cameroun. Après de nombreuses bravades et surtout son succès auprès des classes populaires et laborieuses du fait de sa nouveauté, le jeune parti qui rassemble dès personnes éprises de socialisme, s’imposera comme une force incontournable sur l’échiquier politique national.

Ce n’est sans surprise, lors de la présidentielle de 1992, que son leader charismatique John Fru Ndi sort deuxième, derrière Paul Biya avec 35,93% de suffrage. Chose qu’il conteste avec véhémence et refuse de présenter des candidats aux élections législatives de cette même année, privant son parti de siège à l’Assemblée nationale. Il faut dire que le score du chairman du Sdf à cette élection reste le meilleur, jamais réalisé par un opposant sur une consultation du type, et cela se vérifiera d’ailleurs lors des échéances suivantes.

Le Sdf va perdre de la superbe au cours des trois décennies, fragilisé par des querelles et conflits internes qui conduisent plus d’une fois, àl’exclusion des pointures de renommée qui ont jadis fait sa force. Également, le décès des figures emblématiques comme Siga Asanga,





Tazoacha Assonganyi, le très remuant Joseph Mbah Ndam sans oublier une pléthore de foundings fathers qui ont laissé ce parti exsangue. L’une des facettes de la perte de vitesse du Sdf est inéluctablement son score à la dernière présidentielle de 2018. Son candidat Joshua Osih s’en est sorti avec 3% loin derrière Paul Biya du Rdpc, 71,28%; Maurice Kamto du Mrc avec 14,23% et Cabrai Libii du Pcrn avec 2,28%. Il faut dire que la pomme de discorde qui persiste au sein de ce parti, vient de l’échec électoral du candidat du Sdf accusé à tord ou à raison de collusion avec le pouvoir en place. Ce qui le met sur la sellette à ce jour.

De même, l’usure du temps a eu raison du parti de John Fru Ndi dont les strapontins de la base arrière ont été érodés progressivement par le Rdpc. Il lui a raflé la majorité de ses sièges potentiels au Sénat et à l’As^emblée nationale, comme dans la plupart des conseillers municipaux du Nord-ouest et du Sud-ouest. Il faut aussi décrier l’embourgeoisement de l’élite du parti au détriment de sa base électorale, qui lui a pratiquement tourné le dos.

Malgré l’émergence de quelques figures proches de Joshua Osih ou de Jean Michel Nintcheu qui permettent au Sdf d’espérer en l’avenir. des guerres de leadership demeurent entretenues par des caciques du parti qui tirent les ficelles à l’ombre comme d’habitude. Ce qui confirme leur main mise inexplicable sur les instances statutaires et surtout leur hégémonie surle parti.



Ceci s’explique par le fait que son chef, affaibli et incompris, ne tient plus d’une main ferme le gouvernail. Le départ du chairman annoncé, des jours sombres sont à prédire pour ce parti sur lequel bien de camerounais avaient pourtant fondé des espoirs pour une alternance dans le pays.

Désormais le Sdf, c’est 5 députés après les législatives du 9 février 2020 contre 18 à la précédente, et 7 sénateurs pour 14 précédemment au Sénat. Des résultats qui vont décroissant puisqu’en 2002 et 2007, il a respectivement eu 22 et 16 sièges à F Assemblée nationale. En 2013,18 députés pour 14 sièges au Sénat. Pour les municipales, 60 communes en 1992, 36 en 2002, 19 en 2007 et moins de cinq au dernières municipales.

Face à la déliquescence programmée du Sdf, il est temps de taire les querelles, arrêter les affrontements et réduire les clivages des camps interposés qui se battent plus pour leurs intérêts que pour ceux du parti. Et surtout, sauver les meubles en préparant sereinement la succession du vieux président de cette formation, qui n’a que trop donné pour des avancées politiques au Cameroun.

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