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General News of Thursday, 10 June 2021

Source: Ouest Echos n°1192

Penka-Michel : les Benskineurs font sortir le sous-préfet, le maire et le commandant de brigade

Les conducteurs de moto en colère Les conducteurs de moto en colère

La journée du 1er juin 2021 a connu à Penka-Michel la première manifestation d’envergure du mécontentement des conducteurs de motos qui après l’agression de leur collègue Billy dans la nuit du 31 mai 2021, agression au cours de laquelle la victime a perdu sa moto et reçu de multiples coups de poignards, ont décidé de tirer cette affaire au clair. Pour marquer d’une pierre blanche cette journée, ils ont barricadé la route desservant le centre-ville et Balessing au moyen de pierres et de troncs d’arbres. » C’est déjà de trop » pouvait on les entendre scander.

Pour la chronologie des faits, au soir du 31 mai 2021, un client atypique accoste les conducteurs de motos du camp Bansoa du centre-ville cl demande à être conduit au lieudit » carrefour rat « , une destination limitrophe entre Baloum et Bansoa. Le premier conducteur décline l’offre et Billy, parce que résident non loin de là, accepte. Le prix de la course est fixé à 2500 frs CFA pour un aller et retour. L’aller se passe bien. Le client se rend chez un certain Docta, dealer reconnu du coin, où il se ravitaille en marijuana.



Sur le chemin retour, après quelques kilomètres de routes, un deuxième-client se présente avec Penka-Michel comme destination. Le conducteur a l’aval de son client de le prendre, ce qu’il fait. Et c’est une fois ce deuxième passager embarqué que quelques centaines de mètres plus tard, il reçoit des coups de poignards sur sa tété qui le déséquilibrent et provoquent sa chute. Il en reçoit d’autres alors qu’il essaye de se défendre. Au final, affaibli par ses multiples blessures et baignant dans son sang, il lâche prise et ses agresseurs peuvent emporter la moto.

Alertés, certains de ses collègues le conduisent à l’hôpital Mboh tandis que d’autres, ensemble des populations, des gendarmes et du commandant de brigade, ratissent le village à la recherche des bandits mais sans suite. Dans cette patrouille, certaines populations se joignent aux gendarmes pour faire un tour chez Docta mais ils n’y trouvent qu’une fillette d’une dizaine d’années, entraînée elle aussi à vendre la drogue.

Ils fouillent sa demeure et y saisissent deux pistolets et un demi sac de chanvre indien qu’ils ramènent. Les benskineurs veulent brûler la maison mais les forces de- l’ordre réussissait à leur faire passer l’idée. La patrouille s’achève aux environs de 2h, sans trouvaille aucune. Mais plus lard dans les coulisses, on apprend que Docta est détenu au poste de gendarmerie de Penka-Michel où il se serait rendu pour protéger sa vie.



On signalera que Billy est la 7e victime de tels cas de vol en l’espace de 3 mois seulement et pour cela, les nerfs des Benskineurs sont à rude épreuve. Alors, tôt au malin du 1er juin, ils se regroupent au carrefour de Penka-Michel et décident de faire grève. » Que personne ne travaille ! » les entend on dire. Les motos sont garées et les clients renvoyés. A l’arrivée de l’un des membres, il s’insurge contre le fail que ses collègues réduisent leur riposte à de simples groupes de débat sur le crime à Penka-Michel.

Il faut faire mieux, poser des actes : « Thomas Sankara disait que seule la lutte libère, (« est avec des actes et non juste des mots qu’on peut faire changer ça. trop c’est trop ! El croyez-moi vos débats sont bons pour les faux intellectuels du dimanche. 11 faut agir ! » Déclare-t-il avant de poursuivre : » On va tous à la gendarmerie. Je dis bien tous sans exception. On doit nous livrer ce Docta parce que si ces bandits lui ont acheté de la drogue, il doit savoir où ils habitent ou au moins avoir leurs numéros. On doit gérer cette affaire en hommes « . Tout le reste donne son approbation.


Interventions des autorités

A la gendarmerie, ils ne sont pas bien reçus ; le commandant leur demande de les laisser travailler et d’aller travailler eux aussi. » On part travailler comment sans sécurité chef ? Moi j’ai souffert pour acheter ma moto et si on vole, je ne sais pas comment je vais faire. » Lance un courageux.

» On ne peut pas travailler alors que notre frère est entre la vie et la mort à l’hôpital. Donnez-nous Docta on lui pose nos questions » exige un autre. » Si vous ne voulez pas travailler, quittez cet espace ; ici ce n’est pas le marché. Vous nous empêcher de travailler. » conclut le commandant Payong. Les conducteurs dé motos quittent l’esplanade du poste de gendarmerie mais avec la détermination de se faire écouler par toutes les voies nécessaires.

Le meneur a déjà son idée en tête et il la partage avec le reste du groupe. Il faut boycotter la circulation pour que les autorités s’intéressent à eux. L’idée est adoptée et la route reliant le centre-ville à Balessing; est choisie du fait de sa place stratégique. Avec moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, des pierres et des troncs d’arbres sont disposés sur la voie publique et tous les véhicules renvoyés. L’un des premiers véhicules qui arrivent sur les lieux est celui du maire liazeT’oz.ang. Mais il n’y êst pas » Allez chercher le maire » lance-t-on au conducteur.

Il essaye d’insister mais comprend vite l’inutilité de la manœuvre. Il retourne finalement à la mairie et quelques temps plus tard, soit une trentaine de minutes après, le sous -préfet, le maire et le commandant arrivent sur les lieux. Ils calment la foule et le sous- préfet. Tain I ikeng R i c h a r d Marcel déclare que la voie publique doit être dégagée afin qu’ils engagent toute discussion » c’est non négociable » ponctue-t-il avec autorité. Apres quelques réticences de la partde la foule, le commandant commence à dégager la route avant d’être aidé par les, autres Benskineurs. Le lieu de l’échange est la salle des actes de Penka-Michel. Le sous-préfet plante le décor en remerciant les conducteurs de motos pour leur compréhension et leur civisme dans la rue. Le maire quant à lui dit reconnaître la légitimité de leurs actes mais regrette qu’ils ne soient pas allés le voir avant.

La réunion commence par l’exécution de l’hymne national entonne par un conducteur de moto. De manière interactive, un jeu de questions réponses, de plaintes et de suggestions, d’incrimination et de justification s’installe. Dans l’ensemble, c’est la colère liée à l’omniprésence de la criminalité à Penka-Michel qui transparait. » Il faut que ça cesse ! » semble être la commune envie. Le peuple déplore le fait que les forces de l’ordre ne l’aide pas vraiment quand il est dans des situations difficiles. Des anciennes victimes d’agression affirment avoir porté plainte et que les enquêtes n’aient jamais abouti ou encore se plaignent de ce qu’on leur demande des preuves d’une agression subie quand leur état en est bien marqué.

Un membre de l’assistance prend la parole pour déclarer, un sanglot dans la voix, que s’il est redevenu conducteur de moto, c’est parce que les bandits l’on cambriolé deux . mois seulement après qu’il eût ouvert un Snack-bar. Et là aussi, il a déposé une plainte qui n’a jamais abouti. Du côté de l’administration, on déplore . le manque de renseignement de la part d’une population qui semble avoir choisi de couvrir ses crimes ou les crimes de Sieirs. » Il faut collaborer avec les autorités et leur Fournir des renseignements pour qu’on évolue. « martèle le sous-préfet.

Au bout de ce jeu de questions réponses, de condamnation et de justification, l’administration invite encore au calme el promet que la justice suivra son cours. H faut cependant que le secteur de la moto à Penka-Michel soit organisé. De même, elle annonce qu’elle supportera à son niveau une partie des frais d’hospitalisation de Billy, dont la mère, malheureusement a eu un accident en venant 1m rendre visite et lutte elle aussi désormais pour sa survie.

Le maire ne manque pas, sous un grain d’humotfr, de rappeler que les conducteurs de motos ne payent pas leur impôt libératoire à la mairie. Du côté des conducteurs de motos, l’on promet de s’organiser en comité de vigilance pour participer à la résolution du problème. Il est 15h 45 minutes quand les lampions s’éteignent sur cette causerie à bâtons rompus dont les conclusions invitent au calme et à la culture de la confiance dans une justice dont les populations semblent ne pas valider les pratiques.

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