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Regional News of Thursday, 16 July 2020

Source: Le Jour N°3216

Paul Eric Kingue saisit la Cour d’appel du Littoralle contre le préfet du Moungo


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Le maire de cette commune a saisi la Cour d’appel du Littoral contre l’autorité de tutelle, pour bris des scellés, destruction des biens, arrestation et séquestration arbitraires, emploi illégal de la force publique.

Njombe-Penja, des interrogations fusent sur l’issue de cette autre hache de guerre déterrée par le maire de la localité contre sa propre tutelle, après le bras de fer qui, il y a douze ans, avait ouvert les portes des geôles de New-Bell à Paul Eric Kingue, ce alors même que l’élu avait tout juste terminé la première année de son premier mandat à la tête de la commune municipale ayant 35 conseillers.

Le plus récent épisode de ce feuilleton à rebondissements est la plainte que le chef de l’exécutif communal a déposée le lundi 13 juillet 2020 à la Cour d’appel du Littoral, avec copie au procureur de la République près le tribunal de première instance de Mbanga, contre le préfet du département du Moungo, Yves Bertrand Noël Ndjana et autres. Paul Eric Kingue accuse l’autorité administrative de « bris des scellés, destruction de biens, arrestation et séquestration arbitraires, emploi illégal de la force publique».

Le plaignant se réfère sans aucun doute à l’altercation ayant opposé les forces du maintien de l’ordre, les gendarmes et le sous-préfet réunis, aux quatre adjoints du maire de Njombe-Penja, le mardi 07 juillet 2020 à l’entrée d’une carrière située à Mbome-Ngwandang, à la sortie sud de Njombe, non loin du village Ndjoungo.

Selon nos sources, au matin de ce 07 juillet, les quatre adjoints au maire, des agents communaux et quelques conseillers de cette municipalité sont descendus sur le site, après avoir eu vent de ce que des engins y procédaient à l’exploitation de la pouzzolane, ce en dépit des scellés apposés le 04 juillet à l’initiative du maire. Avant cette descente de protestation organisée par les collaborateurs du maire, parmi lesquels le handicapé Médard Tchuente, amputé des deux jambes, constat avait été fait de ce que les scellés apposés avaient été brisés par des individus non identifiés.

Mis au courant de ce qui s’apparentait à un sit-in bien planifié, le sous-préfet de l’arrondissement de Njombé-Penja, Abdoul Aziz Kpoumie Njoya est descendu sur le lieu en compagnie de son état-major, dont le commandant de la brigade de la gendarmerie et le commissaire de sécurité publique, pour constater que les protestataires avaient de nouveau érigé des scellés, empêchant les 10 camions bennes qui avaient déjà fait le plein et les quatre autres qui étaient en attente de chargement, de quitter le site.

« Ce qui clochait, c’est que les quatre responsables de la commune et leurs agents n’avaient mis au courant aucune autorité de leur initiative », relate l’une de nos sources à Penja. Dans la foulée, le commandant de la compagnie de gendarmerie a déboulé sur le lieu, suivi d’un contingent d’autres hommes du Groupement de gendarmerie de Nkongsamba. Au bout de moult négociations, ils ont brisé les scellés, toujours à en croire nos informations, non sans menacer d’arrêt les hommes du maire, dont certains ne portaient pas leur écharpe tricolore, apprend-t-on.

Silence à la mairie

Au bas des escaliers menant à letage supérieur de l’immeuble abritant l’hôtel de ville de Penja, ce lundi 13 juillet 2020, alors que le reporter s’apprête à prendre les marches, il croise le premier adjoint au maire, qui lè prie de se référer à qui de droit. Dans les couloirs et dans les bureaux, personne n’évoque cette tournure que vient de prendre le conflit opposant le maire et le préfet. Les plus proches collaborateurs de l’édile sont restés à leur poste de travail au-delà de l’heure légale de fermeture des bureaux.

La secrétaire du maire est employée à traiter des documents sur son desktop, tandis que Paola, son assistante, pose le cachet sur des documents devant être transmis au maire pour signature. Le reporter du Jour est prié de remplir une fiche d’audience. « Le maire a un échange avec le receveur municipal », déclare la secrétaire très occupée.

D’autres collaborateurs du maire, comme le chef du service technique, l’assistante du secrétaire général ou leur collègue du service financier et économique, font des va-et-vient au secrétariat du maire. Paul Eric Kingue a regagné la ville cet après-midi aux environs de 15 heures, en provenance de Douala où il était l’invité d’une chaine de télévision privée de la capitale économique.

Deux jeunes femmes passent sous nos yeux et sont installées dans le cabinet du maire, dont la porte s’ouvre directement sur le bureau du chef de Exécutif communal, tout de blanc vêtu dans son siège confortable. Toutes choses qui frustrent quelque peu deux autres visiteurs arrivés presqu’au même moment que le reporter.

Ceux-ci sont assis dans un siège de cuir en face de la secrétaire, dont le bureau est séparé de celui du maire par le cabinet de l’édile. Sur un ton plaintif, ils devisent avec la secrétaire au sujet de l’arrêt des travaux dans un chantier pour défaut de permis de bâtir.

« Les services techniques de la mairie sont venus apposer la croix de Saint-André sur les murs de mon bâtiment bâti sur 93 m2, sis à Njombe. Même en possession des 124000F exigés, je ne parviens pas à les payer. On me fait trimer. Vous voulez que l’on m’agresse ? », serine l’un des hommes, venu de Yaoundé, et qui n’a pas envisagé l’option de passer la nuit à Njombe. Jusqu’aux environs de 18h et quart, lorsque le reporter quitte les lieux, après environ deux heures d’attente, Paul Eric Kingue ne nous a toujours pas reçus.

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