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General News of Tuesday, 23 March 2021

Source: Actu Cameroun

Paul Biya devra être poursuivi pour abrutissement massif de la jeunesse - Wilfried Ekanga

Dans une nouvelle tribune intitulée «les bonnes leçons du fédéralisme», Wilfried Ekanga affirme que le Chef de l’Etat est coupable d’avoir appris à la jeunesse camerounaise, la justification de la médiocrité.

Wilfried Ekanga s’étonne de voir que des personnes qui prétendent vouloir l’émergence, parviennent à se contenter de comparer ce qui est mauvais dans leur pays avec d’autres. Pour lui, le responsable de cette façon de faire et qui mérite d’être poursuivi pour cela est le président de la République Paul Biya.

Retrouvez ci-dessous la tribune de Wilfried Ekanga

Les bonnes leçons du Fédéralisme
LE SÉNAT ALLEMAND
» Il y a aussi des inondations en Europe. »
Même par-delà la mort, Paul Biya devra être poursuivi pour abrutissement massif de la jeunesse, après les avoir éduqués ainsi à la justification systématique de la médiocrité. C’est à se demander comment des gens au cerveau équilibré peuvent rêver d’émergence en rejetant la comparaison d’avec les pays développés sur ce qui marche (« Laisse-nous, on n’est pas l’Allemagne »), mais en embrassant soudain cette comparaison chaque fois qu’il faut expliquer l’absurde.

Cette semaine, la reconduite de Niat Njifenji à la tête du Sénat a révélé (si besoin en était encore) l’archaïsme de ce régime qui rejette toute idée d’innovation politique réelle, au profit d’une boulimie sauvage orientée vers la conservation du pouvoir entre momies. Mais comme nous ne faisons pas partie des jeunes vampirisés qui n’aiment se comparer qu’à la bêtise, nous allons plutôt regarder ici les modèles d’administration étrangers qui fonctionnent afin de s’en inspirer dans la mesure du possible.

Dans un système fédéraliste, ce genre de sottise ridiculisante n’aurait pas existé. Et puisque parmi toutes les options sur la table le fédéralisme est la plus prometteuse alternative aux crises actuelles du Cameroun, voyons comment fonctionne par exemple le Sénat en République Fédérale d’Allemagne..

DER BUNDESRAT

En Allemagne, la chambre haute s’appelle le « Bundesrat » (c’est-à-dire le « Conseil des sages »). Contrairement au Cameroun avec ses 100 sénateurs, il est composé de seulement 69 membres, alors que les Allemands sont 83 millions. Ce qui nous épargne des dizaines de gens inutiles qu’on a mis là juste pour assurer leurs vieux jours, et qui ne savent pas eux-mêmes quelles sont leurs attributions en tant que sénateurs. De plus, aucun d’eux n’est nommé par le pouvoir exécutif central. Ils sont choisis de manière autonome par chacun des 16 États (appelés « Länder ») qui composent la République Fédérale.

Or en Camerounie, Paul Biya nomme d’office 30 sénateurs sur les 100. Ce qui lui assure donc déjà une avance sucrée de 30% (soit un tiers) sur les partis adverses, quoiqu’il arrive. Un État prônant la répartition des pouvoirs ne peut pas fonctionner sur une telle escroquerie, tant il est vrai que c’est encore Biya qui nomme (et qui décide du maintien) du président du Sénat. En Allemagne, ce poste ne peut pas être occupé par la même personne deux ans de suite, car la présidence est annuellement tournante, d’un État à l’autre.

Alors, puisqu’il y a 16 Länder, il y aura donc eu 16 présidents différents après 16 ans, et le cycle recommence. La fonction est exercée tour à tour par le gouverneur de l’Etat fédéral concerné (appelé « Ministerpräsident »). Ainsi, au terme des 16 années, chaque parti élu à la tête d’un des Länder aura donc présidé le Sénat au moins une fois. Tout le monde participe donc au pouvoir ! Rien à voir avec le Biyaland où vous aurez le même individu croulant, jusqu’à ce que votre petits-fils devienne grand-père.

LE JEU DES MINORITÉS

Bien sûr il n’existe aucun pays au monde où toutes les régions ont le même nombre d’habitants. Si l’on fixait un quota de sénateurs proportionnel à la population de chaque État fédéré, il est évident que les Länder les moins peuplés se retrouveraient sous-représentés. Le pays serait alors sous le danger d’une « tyrannie de la majorité », comme celle dont parle Alexis de Tocqueville dans son livre < De la démocratie en Amérique > paru en 1835 et 1840.
Pour remédier à ce phénomène, l’Allemagne dispose que les Länder de moins d’1 million d’habitants possèdent 3 sièges au Bundesrat, tandis que les États à plus de 7 millions en possèdent 6 (soit à peine le double pour un poids démographique pourtant 7 fois plus dense). Ainsi, personne n’enclenche de révolte pour réclamer la sécession sous motif de marginalisation. Avec ce système fédéral, l’Allemagne est à ce jour la première puissance économique de l’Union Européenne.

C’est en s’inspirant des réussites externes – sans avoir à les copier trait pour trait – que le Cameroun pourra sereinement envisager l’émergence, plutôt que de se livrer à une danse macabre qui ne produit que des clowns du charlatanisme et des piles de cadavres au NOSO. Même si le fédéralisme à venir ne doit pas forcément ou uniquement reposer sur le découpage colonial, ce sera toujours mieux de commencer à y réfléchir dès maintenant que de soutenir l’immobilisme biyayiste.

Car dans ce nid de rustres, ils ont décidé que rien ne bougera. Ils sont mentalement prêts pour le statu quo éternel !

EN BREF :
Seuls les francophones qui ne sont jamais allés à gauche du Moungo récitent comme des Pinocchio aveugles la fable de l’indivisibilité du Cameroun. Comme si le débat sur la forme de l’État était un débat sur la partition de l’État, ou que la fédération était la sécession. Commencez donc par interroger les premiers concernés par la question et voyez s’ils partagent votre satisfaction du jacobinisme à la française, dont le but unique depuis 1961 a été de les avaler dans la république supposément « unie » du Cameroun.

Demandez-leur leur avis sur cette assimilation forcée et on en sourira.
C’est au contraire en faisant sans cesse l’autruche et en jouant à outrance sur la négation du problème qu’un régime démontre sa vacuité, et créé les conditions idoines d’un problème plus grave que le topic initial : le séparatisme (#Ambazonie#). Et lorsque le château de cartes s’écroulera, on reconnaîtra les incompétents au fait qu’ils seront les seuls à avoir la bouche grande ouverte, parce qu’il n’auront pas su écouter à temps la voix du rationnel.
Pour l’instant, restons sur les inondations.

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