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General News of Wednesday, 14 October 2020

Source: Actu Cameroun

Panique à Etoudi: une conseillère de Paul Biya en jugement devant le Tribunal militaire

Poursuivie pour des faits de blessures simples, violation de domicile et destruction en compagnie d’un gendarme, la Chargée de mission à la présidence de la République essaie de bloquer le procès.

Le Tribunal militaire (TM) est-il compétent pour juger des personnes n’ayant aucun lien avec les corps de l’armée ? Après de nombreux renvois de l’affaire qui a été appelée pour la première fois le 9 mars 2020, la question a surgi au moment où le juge de la juridiction militaire de Yaoundé s’apprêtait à ouvrir enfin les débats dans la procédure judiciaire opposant M. Abbo Bakari Mohamadou, commerçant, à Mme Djuidjeu Marie, enseignante de sociologie à l’Université de Yaoundé 1, par ailleurs chargée des missions à la présidence de la République, et Jean Marie Ebene, adjudant-chef à l’époque des faits et actuellement à la retraite.


Les deux personnalités sont poursuivies respectivement pour «blessures simples, violation de domicile et destruction» d’une part et «d’arrestation et séquestration arbitraires» d’autre part II faut noter que M. Abbo Bakari Mohamadou qui ne peut plus s’offrir l’assistance d’un avocat pour avoir été ruiné par cette affaire, assure lui-même sa défense. Le 8 octobre dernier, à la surprise générale, les avocats de Mme Djuidjeu Marie ont soulevé dès l’entame de l’audience, l’exception « d’incompétence du Tribunal militaire à juger un civil ».

Ils évoquent l’article 8 du code de justice militaire qui énumère les domaines de compétence du Tribunal militaire, à savoir les infractions militaires et des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et crime de génocide, des infractions de toute nature, commises par des militaires ou par le personnel civil en service dans les forces de défense avec du sans coauteurs ou complices civils, soit à l’intérieur d’un établissement-militaire, soit dans l’exercice de leurs fonctions. Or, soutiennent les avocats, leur cliente est une personne de droit civil qui n’a pas de lien avec le corps militaire et les infractions pour lesquelles cette dernière est . poursuivie relève du droit commun.


A ces dispositions du code de justice militaire, ils évoquent les conventions internationales ratifiées par le Cameroun qui veulent « que tous soient égaux devant la loi.

La thèse de la défense a été rejetée par le commissaire du gouvernement (procureur de la République) qui affirme que le Tribunal militaire est compétent pour connaître des infractions de blessures simples, violation de domicile et destruction qui pèsent sur la collaboratrice du chef (te I’Etat. U explique que selon l’article 8 (1), les infractions imputées à Mine Mme Djuidjeu Marie sont connexes à celles reprochées à l’adjudant-chef Jean Marie Ebene dans la mesure où le gendarme incriminé a conduit le plaignant à la brigade d’Etoudi sur la demande de l’enseignante.


Constat d’huissier

Pour sa part, te juge en charge du dossier a relevé que les avocats de l’accusée n’ont pas évoqué la -connexité des infractions dans leurs conclusions alors qu’ils s’appuyaient sur l’article 8 du code (te justice militaire qui en parle. Il a ajouté que, contrairement aux déclarations des avocats de la défense, le tribunal a été saisi par une ordonnance de renvoi qui a été mise à la disposition de leur cliente et non par une citation directe.

Une manière de dire que le périmètre des poursuites est déjà tracé. Mais le tribunal a promis de se prononcer sur l’exception d’incompétence soulevée par tes avocats de Mme Mme Djuidjeu Marie, le 12 novembre 2020, date de la prochaine audience.

En rappel l’ordonnance de renvoi du Tribunal militaire du 15 octobre 2019 renseigne que le 2 octobre 2017, Mme Djuidjeu Marie, s’était introduite dans le domicile de M. Abbo Bakari Mohamadou contre son avis. Le jeune commerçant raconte que lorsqu’il avait voulu rouspéter, il avait été violemment agressé par Marie Djuidjeu qui lui avait fait savoir qu’elle était la propriétaire des lieux et qu’elle travaillait à la présidence de la République.

Des actes que M. Abbo Bakari Mohamadou a fait constater par un d’huissier de justice et a pris te soin de retenir en images à l’aide de son appareil photo. Courroucée, Mme Djuidjeu Marie s’était armée d’une planche pour assener des coups au thorax et au bras droit du plaignant comme on peut le voir dans les vidéos. Le jeune commerçant dit avoir également perdu sa paire de lunettes médicales au cours de cette agression.

Informés, les éléments la brigade de gendarmerie d’Etoudi, qui avaient effectué une descente sur les lieux « avaient trouvé Marie Djuidjeu en flagrant délit». Les deux adversaires vont être conduit à la brigade. M. Abbo Bakari Mohamadou révèle que pour étouffer l’affaire, l’adjudant-chef, chef de cette unité, lui avait, proposé d’abandonner la plainte déposée contre l’enseignante en contrepartie de sa libération. Proposition que la victime a rejetée.

C’est suite à cela que te commerçant avait été « arbitrairement jeté en cellule puis contraint à signer un procès-verbal avec des déclarations qu’il n’avait pas faites». Il sera par la suite déféré au parquet avant d’être libéré. De retour à son domicile, il dit avoir constaté que le cadenas et le portillon avaient été changés. Et depuis lors il ri’a plus eu accès à son domicile qui est toujours scellé. M. Abbo Bakari Mohamadou et Mme Djuidjeu Marie sont déjà en procès devant te Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, où le commerçant se plaint contre l’enseignante de l’avoir accusé d’être un Boko-Haram.

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