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General News of Thursday, 10 December 2020

Source: Le jour

Ouest: à quoi jouent les chefs traditionnels ?

Après une semaine animée de soupçons de corruption entreprise par l’élite politicoadministrative, la contre-déclaration attendue depuis la sortie inattendue du bureau du Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (Ccto) est sortie vendredi dernier.



Vendredi, 4 décembre 2020, 71 chefs traditionnels de l’Ouest, des « chefs supérieurs » ou de groupements comme on les appelle ici, se sont réunis à la
salle des conférences de la Caplami, si l’on en croit le résultat, qui circule sous la forme d’une déclaration du Collectif des chefs traditionnels de la région de l’Ouest Cameroun. Ils ont « pris acte d’un document qui circule depuis quelques jours dans les médias et les réseaux sociaux avec, en toile de fond, les propositions de certains membres du Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest pour une sortie de la crise sociopolitique et sécuritaire que traverse notre pays ». C’est une surprise déjà qu’ils n’aient pas déclaré que le document n’était pas l’œuvre de leurs représentants habituels. Dans ce qui ressemble plus à une motion de soutien qu’une vraie déclaration sur la situation sus-évoquée, ils prennent le contrepied de leurs collègues de la semaine passée. « Marquons des réserves sur le contenu dudit document qui, du reste, ne reflète pas fidèlement notre esprit patriotique, d’humilité et de soutien au Chef de l’Etat et au gouvernement pour l’ensemble des mesures prises pour juguler ces différentes crises et dont nous saluons d’emblée les résultats sur les plans sécuritaire, politique et socioéconomique », peut-on lire d’entrée. S’ensuit la litanie habituelle des avancées du Renouveau et les flatteries envers le Chef de l’Etat. La sortie inhabituelle des représentants des chefs traditionnels, qui regrettaient à l’occasion d’avoir attendu que
la situation pourrisse avant de réagir, avait fait mal à de nombreux apparatchiks du système, issus de ces chefferies. Lesquels ont immédiatement entrepris d’instrumenter des chefs plus malléables, pour qu’ils contredisent les premiers. Faute d’obtenir ce revirement, « grossier » selon certains, une mouture plus accommodante a été proposée, au bas de laquelle les participants à la rencontre de vendredi, suscitée par un ministre, n’ont fait qu’apposer leurs signatures. « Il nous a été expliqué que nous gagnions à la signer, que la décentralisation va régler nos problèmes et que nous n’avions plus à nous plaindre », résume un signataire. Qui informe que certains, peu scrupuleux, ont signé sans lire. D’ailleurs, la feuille de présence est détachée de la déclaration. Mais on passe du Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (Ccto) dont le président, six présidents et un trésorier des conseils départementaux avaient signé à un Collectif des chefs traditionnels de la Région de l’Ouest. Deux signataires, Maurice Tchio, chef supérieur Bamendjo et président du Ccto et son homologue de Bamessingue, Jean Teigni Detio, figurent parmi les premiers.

Chantage

A chaud, les chefs se sont réservés. Après la désapprobation, certains affirment avoir été invités par le gouverneur à une rencontre dont l’ordre
du jour devait être communiqué séance tenante. Information non confirmée à la région. Si les chefs nient avoir écrit une motion de soutien de plus
au Président de la République, l’action bienfaisante de la cagnotte débloquée pour les élections régionales et d’autres « mesures » mobilisées par les cadres du Rdpc, ont sans doute rompu leur résistance et forcé leurs signatures. En attendant que les présidents départementaux du Ccto [Louis Ngapmou (Ndé), David Fondjo (HautNkam), Jean Takoukam (Hauts-Plateaux), Mitterrand Moumbe (Mifi), Jean Teigni Detio (Bamboutos), Georges Désiré Pouokam (Koung-Khi) et Gaston Guemegni (Menoua)] indiquent où et pourquoi ils s’étaient d’abord retrouvés pour dire la vérité sur la situation sociopolitique du pays, il faut rappeler que le 9 novembre 2020, sous la houlette de S.M. Tchio Maurice, ils invitaient « tous les acteurs de la vie sociopolitique de notre pays à avoir un sursaut d’honneur patriotique pour ramener la paix, la stabilité, la cohésion sociale et le développement ». Ces chefs ouvertement connectés au Rdpc dénonçaient des dérives et faisaient des propositions très proches de celles de l’opposition, comme un dialogue inclusif sur la crise anglophone, le paiement d’un pourcentage important de la dette intérieure, la diminution de la pression fiscale, l’augmentation de la dotation spéciale de la décentralisation, la construction des infrastructures médicales notamment les appareils de dialyse. Ils avaient craché sur l’équilibre régional qui « avait un objectif noble d’assurer une représentativité de toutes les aires socioculturelles à la gestion de la chose publique (mais qui) est travesti par le favoritisme, la corruption et le népotisme », la tribalisation de la scène politique et l’instrumentalisation politique de la justice… Des choses qu’on entendait jusque-là de la seule bouche de S.M. Jean Rameau Sokoudjou Chendjou II, le vieux chef « égaré » de Bamendjou.

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