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General News of Thursday, 4 February 2021

Source: Actu Cameroun

Ouest : le chef Bamessingué interdit les cérémonies d’enterrement et funérailles jumelées

Sa Majesté Jean Teigni Detio estime que les morts ne sont pas morts. Et un rite mal effectué à l’égard de l’un d’eux peut se retrouver obligé de rejaillir négativement sur la descendance.

Sa Majesté Jean Teigni Detio, Chef supérieur Bamessingué, une localité située dans le département de Bamboutos, vient de décider de l’interdiction formelle des rites d’enterrement et des funérailles jumelés. Lesquels sont «sans fondement ancestral ou justification coutumière avérés», a-t-il indiqué dans un acte traditionnel, relayé par le quotidien Le Jour de ce jeudi 4 février 2021.

«Les morts ne sont pas morts et un rite mal effectué à l’égard de l’un d’eux peut se retrouver obligé de rejaillir négativement dans le futur sur nous-mêmes et notre descendance (sic)», prévient-il.

Sa Majesté Jean Teigni Detio regrette que son peuple «se précipite de jeter dans l’oubli définitif un défunt sans avoir pris le soin de respecter les procédures d’honorabilités traditionnelles sur l’intéressé, depuis les rites d’inhumation, de l’enlèvement du noir, du conseil de famille consensuel avec les gendres, etc. jusqu’à l’obtention de l’autorisation chez le Chef supérieur de l’organisation desdites cérémonies».



Le chef des Bamessingué ajoute par ailleurs que «l’organisation de tout enterrement ou obsèques couplé des funérailles est strictement interdit sur tout le territoire du groupement Bamessingué».

Une visée mercantiliste?
Cette décision ne trouve pas l’assentiment de tout le monde au sein de sa communauté. S’il y en a qui y voit une visée mercantiliste, pour le Pr. Moïse Timtchueng, un de droit à l’Université de Dschang, département de la Menoua, il faut remonter l’histoire pour comprendre l’essence même des funérailles.


«Ce chef n’a rien compris du sens et de la logique des funérailles chez les Bamiléké et en Afrique en général. C’est l’instauration du couvre-feu proscrivant tout rassemblement de plus de trois personnes, à partir de 1948 qui a obligé à décaler les obsèques des funérailles. Les familles s’empressaient d’inhumer à deux ou trois personnes et on renvoyait les funérailles à plus tard, car il s’agit d’un hommage, d’une fête qui célèbre l’entrée du défunt dans le cercle des intercesseurs», a-t-il expliqué dans des propos publiés par le journal Le Jour.

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