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General News of Tuesday, 19 January 2021

Source: Actu Cameroun

Opération Epervier: les non-dits de l’affaire Elie Ghislain Victor Mboutou

Officier supérieur de l’armée de l’air, ce lieutenant colonel en détention depuis mars 2018, dans le cadre de l’affaire Magforce, fait l’objet d’une vaste campagne d’intox ourdie par certains détracteurs qui tirent les ficelles dans l’ombre à des fins inavouées.

Il a choisi de vivre son martyr dans le silence, bien loin de l’agitation dont sont passés maître dans l’art, certains des prévenus de l’Opération Epervier. Son espoir et toutes ses espérances, il les a placés entre les mains du Seigneur et de la Justice camerounaise pour laquelle il dit avoir une entière confiance en son équité et son indépendance.

Mais le séjour du lieutenant-colonel Ghislain Mboutou Elle à la prison centrale de Kondengui est tout sauf un long fleuve tranquille. Il s’apparente à un véritable chemin de croix tel que l’ont voulu ses détracteurs, déterminés à avoir son scalp dans une affaire pourtant encore en suspens.

A la vérité, le bout du tunnel semble encore long pour celui qui a passé plus d’un an d’information judiciaire, dans les cellules infectes du tristement célèbre pénitencier de Yaoundé. Lui qui fait partie des co-accusés d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, accusé de détournements de fonds publics évalué à 236 milliards Fcfa qu’il aurait malicieusement chapardé à travers entres autres, des surfacturations et des marchés publics fictifs dans le cadre de l’affaire Magforce et Polytechnologies.


La République de la rumeur

C’est à croire qu’après chaque mois, des boules puantes sont éparpillées à travers les réseaux sociaux dans le but de brocarder le moral du brave militaire qui attend désespérément que le droit soit dit pour qu’il recouvre enfin la liberté. Le dernier canon remonte au 22 juillet 2020 lorsqu’une rumeur propagée sur certaines chaines de télévision et sites internet et faisant état de ce que ce détenu aurait fait usage de son arme à feu pour sommer les détenus qui manifestaient à rejoindre leurs cellules.

Afin de rétablir les faits, Me Charles Nguini, son avocat, fera une sortie pour indiquer que le lieutenant-colonel ne détenait aucune arme à feu au sein de la prison et ne pouvait par conséquent pas en faire usage au moment où les prisonniers étaient en train de piller les cellules Vip. Lui qui est « resté barricadé de 21h à 5h du matin en compagnie de ses voisins du local ».

D’ailleurs, aucune arme à feu n’a été retrouvée par les forces de maintien de l’ordre lors d’une fouille minutieuse effectuée dans la cellule du détenu par tous les services de renseignements étatiques (Rg, Dst, Semil, Gendarmerie…), sous les regards ahuris de ses compagnons de misère.

Après enquête, on arrivera à la conclusion selon laquelle ce mouvement d’humeur a été causé par les détenus anglophones renforcés par d’autres prisonniers qui exigeaient leur libération immédiate. Il faut dire que la cabale contre le Lieutenant-colonel Ghislain Mboutou Elle commence en 2016, alors qu’il est en poste comme Attaché de Défense à l’ambassade du Cameroun au Maroc.

En effet, une note d’un haut responsable du ministère de la défense (dont nous avons pu obtenir copie) datée du 13 octobre 2016 et largement reprise dès le 15 octobre 2016 par les réseaux sociaux et après par deux médias camerounais avait fait état de ce que cet officier supérieur de l’Armée avait été interpellé par les Services français le 04 octobre 2016, dans une agence immobilière parisienne, en provenance du Maroc avec la somme de 700.000 euros en vue d’effectuer l’achat d’un appartement au profit de Mebe Ngo’o. qu’une perquisition effectuée dans sa chambre à l’hôtel Georges V a permis la découverte de la somme de 1.300.000 euros dans le coffre-fort de sa chambre.


Des journaux camerounais à la manette

Cette accusation a toujours été démenti formellement par l’entourage du lieutenant-colonel qui soutient mordicus qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un ignoble montage du début à la fin. « Il n’avait jamais été interpellé en France avec une somme d’argent, fut-elle minime ; il avait été en France du mercredi 14 au samedi 17 septembre 2016, avec une permission de sa hiérarchie, pour son contrôle médical annuel et non le 04 octobre, date à laquelle il se trouvait au Maroc, les personnels de l’ambassade et les Services d’immigration marocains peuvent d’ailleurs le certifier », apprend-on.

D’ailleurs renseigne notre source, « il ne disposait pas d’un passeport diplomatique, mais d’un passeport de service. Cela peut être vérifié auprès du ministère des Relations extérieures et de la Délégation générale de la sûreté nationale. Il n’a jamais passé une seule nuit de sa vie à l’hôtel Georges V. Tout ceci pouvant, in fine, être vérifié auprès de la structure qui aurait procédé à son interpellation, et dans les structures citées, ainsi qu’auprès des plus hautes autorités françaises ».

Par contre, l’homme en sait un rayon en ce qui concerne l’enquête judiciaire engagée en France contre la société Magforce depuis 2014, pour les faits de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale et de corruption d’agents publics étrangers pour l’obtention des marchés de fournitures d’effets militaires dans certains pays africains, avec pour le cas du Cameroun les marchés passés avec Mindef et Dgsn, laquelle affaire avait entrainé en son temps, l’interpellation du ministre malien de la Défense en France. Conclusion, le lieutenant-colonel Mboutou a été interpellé au mois d’avril 2016 à Paris par la Police française, sur commission rogatoire, et présenté devant un juge d’instruction, qui l’a mis en examen pour les faits qui n’ont rien à voir avec le tissu de mensonges répandu sur les réseaux sociaux.

Montage tissé de toutes pièces

Il s’agit entre autres de « corruption passive d’agent public étranger ». En effet, il est reproché à l’homme d’avoir reçu de Robert Franchetti, responsable de la société Magforce 5.000 euros et 2 salons en cuir. Par ailleurs, des aveux d’un tiers qui se serait rétracté par la suite, donnaient à penser qu’il aurait reçu 700 000 euros dans l’attribution des marchés à ladite société, alors qu’elle travaillait déjà avec Mebe Ngo’o depuis qu’il est ministre Délégué général de la sûreté nationale. Pour ce qui est du recel d’abus de biens sociaux, il est reproché au Lcl Mboutou d’avoir bénéficié du paiement de ses frais d’hôtel, des factures de restaurant de la part de ladite société au cours de ses séjours à Paris.

Le mis en cause avait ainsi été mis sous contrôle judiciaire, par une présentation tous les deux mois dans les services de police française et le paiement d’une caution de 45.000 euros. Cette histoire d’arrestation en France avec une mallette de 2 millions d’euros qui a valu en novembre 2016, à cet officier supérieur, le rappel de ses fonctions d’Attaché de Défense et qui aura été la principale accusation ayant entraîné sa mise en détention le 8 mars 2019 a bizarrement disparu des actes d’accusation objet du renvoi devant le Tribunal Criminel Spécial à l’issue de l’information judiciaire. Intrigant !

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