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General News of Wednesday, 29 January 2020

Source: Actu Cameroun

Olembe: les logements sociaux sont sans eau ni électricité

Depuis de nombreuses années, des acquéreurs ne parviennent pas à accéder à leur résidence acquise pour cause entre autres, de ces incommodités.
La nouvelle ville d’Olembé à Yaoundé prend progressivement vie avec la construction des logements sociaux pour réduire le déficit en logement au Cameroun. Il est estimé à ce jour, à près de 2 millions d’unités de gap avec une progression de près de 6% chaque année, selon le ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu), Cé-lestine Ketcha Courtès.

Pour résorber ce problème, le chef de l’Etat a instruit la construction de 10 mille logements sociaux et l’aménagement de 50 mille parcelles constructives. Et Olembé, avait été ciblé pour abriter plus de mille habitations. Des habitations sont sorties de terre, des clefs ont déjà été remises aux acquéreurs, malgré des années d’attente, par Célestine Keutcha Courtès mais l’occupation de celles-ci demeure un problème.

A cause de la non-alimentation des bâtiments en eau et en énergie électrique. C’est ce qui ressort des informations recueillies auprès des acquéreurs. «Je fais partie des premiers acheteurs de ces logements. Jusqu’à présent je n’ai pas aménagé parce que les conditions de vie ne sont pas toutes réunies. Je ne peux pas aller vivre dans une maison sans eau, pas de lumière», partage un acheteur qui traîne encore le pas.

«C’est du bluff qu’ils font à chaque fois. Ils disent remettre les clefs aux acquérir. Personne ne peut vivre dans une maison qui n’a pas de lumière. Encore moins en pleine ville», ajoute un acquereur. Comme eux, les témoignages des preneurs contactés avaient une toile de fond: «Les bâtiments d’OIembé ne sont pas alimentés en eau et électricité.»

Occupation en 2020

Dans l’enceinte de ce vaste chantier, les employés ne manquent pas d’approuver les avis suscités. «Il n’y a pas de lumière dans ces maisons. Même de l’eau. Avec tout ça les gens ne peuvent pas venir habiter ici», confirme un employé rencontré le 30 décembre dernier à Olembe. «La preuve en est qu’à chaque fois qu’il y a une cérémonie ici, c’est le groupe électrogène qu’on utilise pour alimenter le lieu et faire fonctionner les appareils.

Essayez même de charger votre téléphone, il ne va pas signaler la présence de l’énergie électrique», insiste cet habitué des lieux. Des préoccupations que doivent prendre en compte les officiels de l’habitat au Cameroun, dont la Société ; immobilère du Cameroun (Sic). Elle qui prévoit l’occupation de ces logements d’ici fin 2020.

«D’ici fin 2020 que ces logements soient tous occupés. C’est l’agenda de la Sic. Afin que la nouvelle ville d’OIembe prenne vie», souhaitait la Minhdu le 30 décembre 2019. Concernant les 1520 logements dont le mandat de gestion avait été signé ce jour-là. l’autre incommodité liée au processus d’acquisition d’une maison est la non-prise en compte de la cible principale de la politique du logement social: les personnes vulnérables.

Les populations des différentes couches sociales font la demande pour un logement soit en location, soit en location accession, soit en accession tout simplement. Dans le processus d’acquisition, les privilégiés appartiennent à une classe sociale supérieure. Approchée, la Société immobilière ne rejette pas les faits. «On ne regarde plus trop ces choses.

Personnes à faibles revenus

Ce qui est important ici est l’argent», laisse entendre un responsable de la structure sous anonymat. Sans toutefois vouloir entrer dans les profondeurs du dossier. «Dans les années antérieures, les camps sic étaient pour les personnes à faible revenu. A présent, c’est le contraire. Ce sont plutôt ceux qui ont beaucoup d’argent, qui occupent un grand poste au sein de l’administration publique ou privée, qui sont majoritairement bénéficiaires de ces maisons.

Il y a aussi des célèbres opérateurs économiques qui raflent toutes ces maisons. C’est difficile pour qu’un commerçant acquiert, dans les bonnes conditions une maison de nos jours», regrette un urbaniste en service dans l’administration publique camerounaise. Pourtant la politique de la construction des logements sociaux avait pour cible principale, les couches vulnérables. Notamment les ménages à faible revenus, les jeunes fonctionnaires, les personnes handicapées ou victimes d’une catastrophe naturelle, les personnes déplacées.

«Je vous invite à ce que ce projet s’adresse aux cibles les plus vulnérables. Nous ne tolérons pas que les milliardaires soient les principaux propriétaires. La cible de ces logements est essentiellement constituée des catégories sociales défavorisées. Ou des personnes justifiant d’une situation particulière nécessitant le soutien de l’assistance publique

notamment les ménages à faible revenus, les personnes handicapées, les jeunes fonctionnaires et buyam sellam, les personnes déplacées, les personnes victimes des catastrophes naturelles ou autrês accidents, les femmes en détresse, les occupants antérieurs des lieux qui ont été expropriés dans le cadre de l’opération des logements sociaux», a rappelé la Minhdu au le directeur général de a Sic, Ahmadou Sardaouna.

Une politique qui devrait être appliquée au moment où certaines villes du Cameroun connaissent un problème de surpopulation liée à la crise sociopolitique qui sévit dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest. Ceci depuis plus de trois années.

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