Vous-êtes ici: AccueilActualités2021 08 31Article 616471

Actualités of Tuesday, 31 August 2021

Source: Le Messager

Obsèques d’Achidi Achu: non-payés, des prestataires crient leur ras-le bol

La faute au non-paiement de leurs prestations estimées à plus de 17 millions de Fcfa La faute au non-paiement de leurs prestations estimées à plus de 17 millions de Fcfa

De sources dignes de foi, certains prestataires retenus pour l’organisation du dernier voyage de l’ancien Premier ministre, Chef du gouvernement, sont aux abois. La faute au non-paiement de leurs prestations estimées à plus de 17 millions de Fcfa.

C’est un scandale qui retournerait Simon Achidi Achu dans sa tombe. Une affaire abracadabrantesque qui se passe de tout commentaire. Mis sous terre dans son Santa natal dans le département de la Mezam, région du Nord-ouest en juillet dernier, la dépouille de l’ancien Pm n’a visiblement pas le repos mérité.

Décédé aux États-Unis le 4 mai des suites de maladie, le père de la célèbre formule « Politics na njansui » a pourtant reçu les honneurs et les hommages de la République puisque bénéficiant des obsèques officielles décrétées par le Chef de l’Etat Paul Biya. L’ancien Chef du gouvernement a donc eu droit un à adieu a la hauteur de l’immense homme d’Etat qu’il a été de son vivant. La preuve, ses obsèques ont été longues et éprouvantes.

Durant plus de six semaines, les camerounais de tout bord, la famille, les amis, les anciens collègues et anciens camarades politiques, ont pris d’assaut sa résidence sis au « quartier du Lac » de Yaoundé. Entre prières et recueillement, plus d’une dizaine de messes, de cérémonies traditionnelles, de cérémonies officielles et bien d’autres.

Toute chose qui a certainement nécessité d’importants moyens financiers pour assurer entre autres, la logistique, la prise en charge des équipes, les commodités pour les visiteurs et des charges incompressibles liées aux obsèques de cette nature. Le hic, c’est que des membres de la famille, visiblement mécontents, ont contacté la rédaction du Messager pour crier leur ras-le bol. Problème ?

Ils disent ne pas comprendre pourquoi jusqu’à ce jour, les photos et vidéos officielles des obsèques ne sont toujours pas disponibles. Confus, ils estiment qu’au plus tard deux semaines après l’ultime adieu à Achidi Achu, ces éléments visuels qu’ils comptent garder comme souvenirs, devraient déjà être mis à leur disposition. Que nenni I Pour conclure, ils affirment mordicus que ce serait faute de paiement des prestataires que le travail n’a pas été livre.

En attendant la fumée blanche

Joint au téléphone à travers des numéros qui nous ont été communiqués par les membres de la famille, lesdits prestataires identifiables et identifiés, n’ont pas toutefois souhaité se prononcer sur le sujet.

« Comme vous pouvez le savoir, nous ne pouvons pas nous prononcer sur cette question. Surtout que le père (l’illustre défunt Ndlr) a eu droit aux obsèques officielles qui nécessitent logiquement un budget spécial débloqué par la présidence de la République. Nous n’en savons pas grand-chose et il serait maladroit pour nous, de commencer à en parler à la presse », lâche un prestataire qui a requis l’anonymat pour des raisons évidentes.

Pour ce dernier, l’équipe de 25 techniciens qu’il a déployé pour les besoins de la cause, est en attente de paiement et a foi que la fumée blanche c’est pour bientôt. Un concours de patience qui risque de durer une éternité au regard des révélations faites çà et là.

Dans la foulée, des membres de la famille recrutés parmi les mécontents, indexent l’une des veuves de l’ancien Pm qui, à les croire, aurait « pris l’organisation des obsèques en otage ». S’ils refusent de dévoiler l’identité de la mise en cause, les quelques indices que le Messager a pu glaner, remontent inéluctablement vers la patronne d’une entreprise publique de télécommunications.

On parle d’une ardoise de plus de 17 millions de Fcfa d’impayés. De quoi se demander ce qui n’aurait pas marché. En attendant que la campagne de dénonciation annoncée dans les tout prochains jours porte des fruits, ce n’est pas encore la paix des braves au sein de la famille de l’illustre défunt.

Carrière politique

Né le 5 novembre 1934 à Bamenda, dans le département de la Mezam, Achidi Achu occupe le poste de comptable au tout début de sa carrière professionnelle dans la commune de Bamenda-Widikum, par la suite, il devient adjoint stagiaire dans l’une des plantations de la Cameroon development corporation (Cdc).

Après les études primaires et secondaires dans son département, il s’inscrit à l’université de Yaoundé I, puis à l’Ecole nationale de l’administration et de la magistrature (Enam). Il commence sa carrière politique comme traducteur-interprète a ta présidence de la République.

Le 24 juillet 1968, il est nommé ensuite inspecteur d’Etat et en avril 1971, il est nommé secrétaire général au ministère de ta Fonction publique. Par la suite, le 29 octobre 1971, il est nommé ministre délégué à l’inspection de l’Etat. Il assume le poste de ministre de la justice durant la période allant du 3 juillet 1972 au 30 juin 1975, il exerce la fonction de ministre de la justice.

Il fut le Premier ministre de la République du Cameroun du 9 avril 1992 au 19 septembre 1996. Il reste célèbre pour avoir pour slogan électoral la devise « politic na njangui », qui signifie « la politique est une tontine, tu [me] cotises, je [te] cotise ». Depuis les premières élections sénatoriales du 14 avril 2013, ce fervent membre du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a été élu sénateur dans la région du Nord-Ouest.

Rejoignez notre newsletter!