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General News of Tuesday, 18 August 2020

Source: Actu Cameroun

NoSo : un rapport sur les insupportables atrocités

Des exactions ont lieu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les unes aussi abominables que les autres.

La semaine dernière, la vidéo de la décapitation d’une jeune dame à Muyuka a entraîné une levée de boucliers. Elle s’appelait Tumazang. L’émotion à ce sujet était encore assez vive lorsqu’une autre vidéo a surgi, cette fois-ci mettant en scène des hommes en tenue militaire, traînant au sol, le long de la rue, sur des dizaines de mètres, le corps sans vie d’un être humain, probablement d’un rebelle sécessionniste.

À mi-parcours, un des soldats demande à un autre de faire exploser la tête de ce corps sans vie. Ce qui est fait. Dans la foulée, une autre vidéo plus cruelle, montre une jeune dame à moitié dénudée, couchée, poussant d’atroces cris de douleurs à chaque instant qu’elle reçoit des saccades d’épée sur sa poitrine. Puis d’un coup de machette sa tête est tranchée et emportée.

En moins d’une semaine, des séries de vidéos aux images insoutenables ont inondé la toile. Ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Des exactions ont lieu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les unes aussi abominables que les autres. Le Centre des droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA) les a répertoriées, du mois de mai jusqu’au mois d’août. Dans leur rapport truffé de détails, cette Ong à la tête de laquelle se trouve Felix Nkongho Agbor-Balla, présente la liste des atrocités commises contre des civils ayant jusqu’alors eu lieu. Elles sont nombreuses.

Sud-Ouest

D’abord dans la région du Sud-Oüest, le rapport présente, images à l’appui, des actes de torture contre un homme de 44 ans à Mamfe, pris en grippe parce qu’il arborait un masque de protection.

Le 15 juin dernier, c’est un autre homme de 28 ans qui a également été torturé, et, deux balles lui ont été tirées dans la jambe par des hommes armés. Il se rendait à l’enterrement de son père. Il a en outre dû payer la somme de deux millions pour que ces hommes en armes autorisent l’enterrement de son défunt père.

Le rapport du CHRDA met aussi en évidence le recrutement d’enfants soldats par les groupes séparatistes, notamment dans le Lebialem où les troupes de Field Marshal ont, après une descente sur le terrain, forcé 80 gamins et adultes à rejoindre leurs rangs. Selon des témoins, ce sont ainsi des jeunes âgés entre 16 et 37 ans qui ont été ainsi conscrits.

Bien sûr, le rapport fait également état de l’enlèvement, de la torture et de l’assassinat de la dame de Muyuka le 11 août, soupçonnée par les séparatistes de renseigner les soldats de l’armée.

Dans le Nord-Ouest

Il est également noté une monté d’atrocités contre les populations civiles. A Bamenda, au travers de quatre opérations ayant eu lieu ces dernières semaines, des groupes armés ont disséminé des engins explosifs dans la ville. L’explosion d’un de ces engins le 02 août dernier a d’ailleurs causé des blessés parmi les civils.

Toujours à Bamenda, c’est une jeune femme du nom de Treasure, qui a été assassinée à Mile 90. Elle aussi, selon le rapport, était accusée par les séparatistes de renseigner l’armée camerounaise, ce qu’on appelle « blackleg ».

Il y a aussi l’assassinat d’un humanitaire, Tanjoh Christopher. Il avait été enlevé à Ba-tibo le 07 août dernier. Son crime, avoir eu à critiquer les exactions des groupes séparatistes contre les populations civiles. Il avait 55 ans.

Il y a en outre le cas de cet enseignant qui a été tué à Mile 4 à Bamenda. Son corps a été découvert le 10 août dernier, étendu dans une rivière, sous un pont. Il s’appelait Piayu Ibrahim et était enseignant de chimie à Santa. Il est dit qu’il a été assassiné pour non-respect des villes mortes. CHRDA dit toujours enquêter sur ce cas, car d’autres sources indiquent que ce sont les soldats camerounais qui l”auraient abattu.

Toujours dans le Nord-Ouest, le corps mutilé de Peter Njakah a été découvert le 10 août près d’une rivière de Ndop. Il avait été décapité. Ses mains et ses parties génitales ont également disparu. Selon le rapport, on l’accusait d’être un membre d’un comité de vigilance proche des forces armées camerounaises. Notons bien que selon l’Ong CHRDA, la quasi-totalité de ces exactions ici répertoriées sont le fait des groupes séparatistes.

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