Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 12 01Article 559604

General News of Tuesday, 1 December 2020

Source: Le Bien public N°17

Ngouo Woungly Massaga : l’homme qui a sacrifié famille, carrière et fortune

Après un long et agité séjour hors de nos frontières, pour des motifs politiques,Ngouo Woungly Massaga est rentré dans son Cameroun natal, au début de la décennie 90 : un moment tout aussi émouvant que pathétique pour ce digne et brillant fils du pays Ngoumba qui a sacrifié famille, fortune et carrière, en embrassant la noble lutte contre le colonialisme, le néocolonialisme et ses sbires.
Ironie du sort, ce retour tant attendu et même inespéré de cet esprit original et génial de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) au bercail, afin d’apporter sa contribution à la mise en place d’un Cameroun où les actions des uns et des autres, seraient jugées à leur juste mesure, n’a malheureusement pas été vu d’un bon œil par les autorités de Yaoundé. Autant dire qu’on ne donne pas de l’or aux cochons.

C’est avec beaucoup d’amertume, de regrets et des larmes aux yeux que ce grand patriote quitte la terre de nos ancêtres, suite à une très longue maladie qui l’aura rongé, face au regard tantôt indifférent, tantôt insensible de ceux-là mêmes qui passent le plus clair de leur temps à clamer, sur tous les toits, leur magnanimité et leur compassion. Toutefois, pour tous ceux qui, comme nous, avaient trouvé, en lui, un ardent défenseur des masses laborieuses, des laissés-pour-compte et des opprimés, dans une Afrique en proie à de nouveaux défis et enjeux, sa disparition est une grande perte. En effet, 60 ans après notre indépendance ou ce qu’il est convenu d’appeler ainsi, le Cameroun croule toujours sous le poids d’une mal gouvernance barbare, d’un surendettement chronique, d’une rapine incalculable et inqualifiable, comme l’avaient si bien dit les mutins du 6 avril 1984.

Des maux qui ravalent notre peuple au rang des damnés de la terre, comme dirait Frantz Fanon. L’on se souvient que c’est dans les années 50 que ce jeune, qui étudiait les mathématiques, à la Sorbonne, a courageusement rejoint les rangs de l’Union des Populations de Cameroun, le porte étendard du nationalisme camerounais. Cet esprit iconoclaste, en avance sur son temps, avait décidé, contre toute attente, d’abandonner les bancs des prestigieux amphis de Paris, pour se jeter corps et âme au service de l’émancipation des peuples du tiers monde qu’il portait dans son cœur.

A l’opposé de l’intellectuel camerounais d’aujourd’hui, très porté à la satisfaction des besoins alimentaires, à la gloutonnerie et à la luxure, Ngouo Woungly Massaga était un homme aux grandes convictions intimement liées à sa très forte personnalité. Il n’a eu de cesse de ferrailler contre l’impérialisme, ses suppôts et ses relais locaux. Son engagement, ce bon combat qu’il a mené, pour redonner à l’homme africain son identité, sa dignité et son honneur, dans le concert des nations, constitue le plus bel héritage qu’il a légué à la jeunesse de son pays. Puisse la jeunesse camerounaise s’inspirer de son exemple. C’est donc à juste titre que Ngouo Woungly Massaga, alias « Commandant Kissamba », a su porter le surnom du « Che Guevara africain ».


En ce moment fatidique, où il s’apprête à rejoindre Gaston Ossendé Afana, Ernest Ouandié, Félix Roland Moumié, Ruben Um Nyobé qui, entre autres, furent ses braves compagnons de lutte, nous ne pouvons que lui dire : « Que la terre de nos ancêtres lui soit légère ».

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter