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Actualités Régionales of Tuesday, 15 December 2020

Source: Actu Cameroun

NOSO: le Rdpc, l’armée et le gouvernement accusés de collusion avec les terroristes

L’accusation est contenue dans les résolutions de la réunion du Nec tenue samedi dernier à Yaoundé et concerne la tenue des législatives et municipales 2020.
Pour le Social democratic front (Sdf), « il n’y a pas eu d’élection dans le Nord-ouest et le Sud-ouest le 9 février 2020. ni lors de la reprise du 22 mars 2020». Parlant du double scrutin législatif et municipal qui a vu le parti de Ni John Fru Ndi enregistrer une reculade vertigineuse. Avec notamment cinq députés. Pas de quoi former un groupe parlementaire.

Loin des 18 de l’élection de 2013. Contre 152 pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir qui y a raflé toutes les maires et toutes les places de députés. C’est que le Parti de la balance a perdu le contrôle de son fief naturel constitué des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, engluées dans une crise sécessionniste depuis novembre 2016 et qui a installé une insécurité ambiante sur le terrain de ces deux – régions d’obédience anglo-saxorjnes.

Et pourtant, le double scrutin s’y est tenu. Malgré les enlèvements et assassinats et autres actes d’intimidations des électeurs, attribués aux séparatistes. Ce qui a laissé le terrain à la portée du Rdpc. Reléguant le Sdf dans l’ombre, alors que des partis plus ou moins officialisés comme appartenant à la Majorité présidentielle comme l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) ou encore modérés comme le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), ont évolué à la seconde place derrière le Rdpc.



Mais au cours de la réunion du National executive comittee (Nec) tenue le 12 décembre 2020, le Sdf a pleuré davantage son fief que le leadership de l’opposition qu’il a perdu. A propos, Ni John Fru Ndi et ses militants sont convaincus de «la collusion (…) entre le Rdpc et son administration avec des terroristes tapis dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest à des fins électorales». D’ailleurs, le Sdf va plus loin en associant l’armée dans la besogne.

Le Nec «prend acte qu’en plus de cette collusion, l’armée a été instrumentalisée pour tirer en l’air le jour du scrutin dès 5h du matin, jusqu’à la fermeture des bureaux de vote dans toutes les grandes villes pour intimider les quelques personnes qui voulaient et pouvaient voter ». En clair, pour les dirigeants du Sdf, les coups de feu rapportés durant la journée de vote étaient le fait des fores de défense, et non pas des séparatistes.

Pour créer les conditions d’un vote favorable au parti au pouvoir. L’ex parti leader de l’opposition voit la main d’Elections Cameroon (Elecam) dans ces manœuvres à partir du moment où l’organisateur des élections a décliné son offre de reporter les élections dans les deux régions. «Elecam et le gouvernement ont insisté pour organiser ces élections et ont même rejeté l’idée d’une élection partielle, malgré les nombreuses propositions que nous avons faites pour garantir la sécurité- des électeurs des candidats-propositions qui sont restées lettre morte», souligne le communiqué final qui sanctionne les travaux de samedi dernier.

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Alors, «il est désormais évident que ces élections impossibles -notamment dans les zones de guerre-ont été organisées pour profiter de la situation et détruire le sdf dans sa base naturelle», déduit l’instance dirigeante du parti.

Paul Biya sommé de mettre un terme à la guerre au Noso
La .réunion du Nec tenue le 12 décembre 2020, portait ainsi sur ce sujet qui ne fait plus l’actualité mais préoccupe encore le parti de l’opposition, tant c’est la dernière élection à laquelle la formation politique a pris part au Cameroun. Et d’ailleurs, la rencontre de samedi dernier portait «Evaluation des dernières élections» organisées au Cameroun. Mais l’instance dirigeante du parti de Ntarinkon ne pouvait ne pas aller au-delà du double scrutin de février 2020.

Les élections régionales s’étant tenues le 6 décembre dernier, en l’absence des deux’poids lors de l’opposition jusqu’ici, que sont le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et du Sdf, qui ont opté pour le boycott. Et pourtant, les élus du Sdf ont pris part au vote en tant qu’électeurs. Avec notamment un vote en faveur du parti au pouvoir. Une «indiscipline» que le parti n’a pas cautionnée.

Dénonçant le fait que «te corps électoral ait été convoqué avant la fin du processus de l’élection municipale». Faisant remarquer que «les requêtes de plus de 900 de nos conseillers municipaux étaient encore pendantes à la Chambre administrative de la Cour suprême au moment où l’élection régionale fut convoquée». Le Nec confie à Joshua Osih, le premier vice-président du parti, la mission de «produire un rapport détaillé des dernières élections».

Dans le même temps, le Sdf invite le président Paul Biya et son gouvernement à mettre un terme à la guerre qui sévit dans le Noso, et exige «te respect des droits des citoyens des deux régièns en crise de choisir leurs élus». Convaincu qu’il est, que la guerre dans le Noso est devenue un « business politique».

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