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General News of Friday, 30 October 2020

Source: Cameroon Info

NOSO: Dieudonné Essomba préconise le retour au fédéralisme au Cameroun

Il estime que la guerre en cours au Nord-ouest et au Sud-ouest résulte du refus catégorique du pouvoir de Yaoundé de négocier sur la forme de l’Etat, et pourtant, c’est sous le couvert de la fédération que le peuple anglophone a accepté d’appartenir au Cameroun.

Fédéralisme. Le sujet est tabou. Yaoundé évite de l’aborder, même lorsque l’occasion du dialogue s’y prête. Les positions se radicalisent, et la guerre se poursuit au Nord-ouest et au Sud-ouest. Les populations atrocement et sommairement exécutées, paient le prix fort de cette guerre sournoise pour laquelle chacune des parties renvoie le tort à l’autre.

Les massacres de Kumba (Sud-ouest) ont sans doute sonné le glas, et ont atteint les limites outrancières de l’inacceptable. Pour l’économiste Dieudonné Essomba, il faut rompre avec la théorie de l’Etat unitaire et remettre sa souveraineté au peuple anglophone. Surtout, que le régime de Yaoundé se passe tant soit peu de son arrogance, et ouvre la voie aux échanges sur la forme de l’Etat, avec pour seule finalité de retourner au fédéralisme, si tant est qu’on veuille sortir une fois pour toute de ce cycle infernal des tueries à répétition dans un conflit qui n’a que trop duré.



Voici l’intégralité de sa chronique :

LA SOLUTION A LA GUERRE DU NOSO PASSE PAR LE RETOUR A L’ÉTAT FÉDÉRAL

Certains disent que le Fédéralisme n’est pas la solution à la guerre anglophone, au motif que les sécessionnistes ne réclament pas la Fédération.

Mais c’est un raisonnement puéril ! La Sécession armée n’est qu’une excroissance d’un problème plus global, celui du statut des Anglophones dans l’ensemble du Cameroun. Ils sont venus au Cameroun sur la base d’un Etat fédéral dont on ne devait jamais revenir sur la forme. C’était un engagement historique écrit noir sur blanc dans la constitution fédérale qu’il fallait respecter.

Cet engagement a été clairement violé en 1972.

Et quand les Anglophones ont demandé d’y revenir, on leur a opposé l’Etat wesphalien.

Ils ont pris les armes.

La guérilla sécessionniste n’est donc pas née ex nihilo ! Elle est la conséquence directe du refus de la Fédération et des proclamations insolentes du type « la forme de l’Etat n’est pas négociable ».

Elle s‘alimente de cet entêtement obtus à leur imposer l’Etat unitaire à coup d’arguties juridiques et de violence d’Etat.

Puisque la Sécession anglophone tire sa légitimité de la suppression de la Fédération la première chose à faire est justement de lui enlever cette légitimité en rentrant à l’Etat fédéral.

C’est un simple problème de bon sens : si ton petit frère te donne son téléphone, puis commence à te chercher querelle pour rentrer en possession de son téléphone, remets-lui d’abord son téléphone ! Il ne faut pas confisquer son téléphone en se réfugiant sous le prétexte qu’il est agressif de nature.

Remets-lui d’abord son téléphone, et s’il continue la querelle, on saura alors que son problème n’est pas le téléphone.

C’est la même chose avec les Anglophones : remettez-leur d’abord leur souveraineté qu’ils partageaient avec les Francophones sous le modèle d’un Etat fédéral. De cette manière vous allez enlever l’argument historique sur lequel il s’appuie, à savoir que vous leur avez volé leur souveraineté.

C’est le prix à payer pour assécher la sécession !

Noter bien que je parle « d’assécher » la Sécession, et non de la battre comme le disent les va-en-guerre. Car vous ne pouvez pas la battre ! L’assécher signifie que vous lui retirez le carburant idéologique qui l’alimente et vous réduisez son attractivité. Ensuite vous la combattez mieux avec une police locale qui n‘entretient pas l’image d’une armée coloniale dans une Zone occupée.

De cette manière elle va se ratatiner et reprendre la forme larvaire qu’elle a toujours eue depuis 1961.

Mais vous ne pouvez absolument rien obtenir en gardant l’Etat unitaire car c’est le mot « unitaire » inscrit dans notre Constitution qui alimente la guerre.

Il faut l’enlever.

Cela signifie en clair que le retour à l’Etat fédéral est un préalable absolu sans lequel il n’est même pas possible d’envisager la paix.

DIEUDONNE ESSOMBA

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