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Actualités Régionales of Sunday, 4 July 2021

Source: www.camerounweb.com

Nécrologie : le directeur de publication du journal 'La voix du peuple Info' n'est plus

• Jean Claude Willy Doncfack n'est plus

• Il était le directeur de publication du journal "La voix du peuple Info"

• Il est décédé à l'âge de 55 ans



La rédaction de CamerounWeb vient d'apprendre la triste nouvelle du décès de Jean Claude Willy Doncfack, directeur de publication du journal "La voix du peuple Info".

Le journaliste est passé de vie à trépas dans l'après-midi du 03 juillet 2021 à Mbouda de suite d'une longue maladie.

Originaire de Batsengla, arrondissement de Nkongni dans le département de la Menoua, région de l'ouest Cameroun, Jean Claude Willy Doncfack est né le 28 avril 1966 à Bafou. Il est décédé à l'âge de 55 ans, et laisse derrière lui une veuve et des enfants.

La rédaction de CamerounWeb présente ses condoléances à la famille éplorée et au monde de la presse camerounaise.

Assassinat des journalistes au Cameroun :Ilaria allegrozzi interpelle René Sadi

Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le ministre de la communication Emmanuel René Sadi a dressé l'état des lieux de la liberté de la presse au Cameroun. Pour le porte-parole du gouvernement, le Cameroun est aujourd’hui un pays démocratique, où s’exerce la Liberté de la Presse.

Cette position n'est pas partagée par la chercheuse senior de Human Rights Watch, Ilaria allegrozzi qui rappelle au ministre, le meurtre dans des conditions non élucidées du journaliste Wazizi.
« Hier, le ministre de la communication s’est exprimé à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse: « Le Cameroun est un pays démocratique. Nous pouvons nous féliciter de la liberté d’expression»… Mais rappelons-nous de Samuel Wazizi. Justice pour Samuel Wazizi », écrit-elle.

CamerounWeb vous propose l'intégralité de la déclaration du ministre

Mesdames,

Messieurs les Journalistes et Professionnels des Médias,

Chers invités, Mesdames, Messieurs,

Le Cameroun, de concert avec la Communauté Internationale, célèbre ce 03 mai 2021, la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. C’est d’abord, il faut le rappeler, l’expression d’une aspiration collective. Celle de tout un peuple, le peuple camerounais, assoiffé de liberté, désireux à juste titre de faire entendre ses vues, sa voix, et prendre en compte ses choix dans la conduite des affaires nationales, dont il est et demeure l’acteur majeur et le principal enjeu. C’est d’avantage, ne l’oublions pas, l’expression d’une volonté politique. Celle d’un homme, le Président de la République S.E Paul BIYA qui, dans sa clairvoyance reconnue, a décidé de rompre avec un passé monolithique, peu propice à l’éclosion et à la manifestation des libertés publiques.

Oui, le Cameroun est aujourd’hui un pays démocratique, où s’exerce la Liberté de la Presse. C’est au Président Paul BIYA que nous le devons. Et c’est le lieu, une fois encore, de lui rendre l’hommage qu’il mérite. Cette célébration, faut-il le rappeler, coïncide cette année avec le 30eanniversaire de la Déclaration de Windhoek, le 03 mai 1991.

Ce jour-là, vous le savez, l’UNESCO jetait, de concert avec les Etats du monde, les jalons de ce qui est devenu l’un des piliers de la démocratie moderne; je veux parler de l’émergence d’une Presse Libre, Indépendante et pluraliste. Il m’est donc particulièrement agréable de m’adresser à vous à cette occasion.

Trois décennies après de Windhoek, la cartographie de la liberté de la presse dans le monde demeure bien contrastée. Si dans de nombreux pays, des efforts considérables ont été accomplis pour améliorer les conditions d’accès à une information libre et crédible, dans bien d’autres, la situation demeure préoccupante. En effet, dans plusieurs pays, des journalistes et professionnels des médias font encore l’objet de sérieuses entraves, voire des sévices de toutes sortes, dans le cadre de l’exercice de leur profession.

Cet état d’insécurité qui hante le quotidien des hommes et femmes de médias préoccupe à plus d’un titre, tous les États démocratiques dont le Cameroun, qui se veut respectueux des droits humains et des Libertés Fondamentales. C’est dire que, notre pays n’aura pas attendu Windhoek et le 03 mai 1991pour affirmer son option en faveur de la Liberté de la Presse et du droit des citoyens à l’information.

C’est en effet, à la faveur de la loi no 90/052 du 19 décembre 1990 relative à la liberté de Communication Sociale, que le Cameroun a amorcé son immersion dans le champ de libertés spécifiques aux médias. Cette avancée indéniable et remarquable, je l’ai dit et le réaffirme, est à mettre au premier chef, à l’actifdu Président de la République, Son Excellence Paul BIYA.

Grâce à ce cadre juridique éminemment libéral, et qui a institué à la fois la liberté d’entreprendre et la liberté de publier, le Cameroun compte aujourd’hui plus de 600 titres qui paraissent régulièrement pour ce qui est de la Presse Écrite, près d’une centaine de stations de radios diffusion, environ une trentaine de chaînes de Télévision et une presse cybernétique dont le foisonnement est fort impressionnant. Au plan éditorial, on observe à l’évidence une liberté de ton particulièrement marquée, sans aucune autre restriction que

6celle prescrite par les règles éthiques et déontologiques ou par la loi. Il n’y a donc aucun doute à cela: l’ensemble des acteurs médiatiques dignes de ce nom, exerçant sur le territoire camerounais, le font en toute liberté et en toute indépendance. Les uns et les autres n’ayant pour seule jauge et juge de leurs pratiques que les règles éthiques et déontologiques et la protection des droits d’autrui et ceux de la collectivité, comme dans toute société démocratique et organisée.

Il me parait donc loisible de dire, sans outrecuidance que le Cameroun peut véritablement être considéré comme un pays de démocratie et de libertés. Si donc, nous pouvons nous féliciter des acquis notables et des progrès indéniables de ce pluralisme médiatique et de la liberté d’expression éprouvée, force nous est cependant

7constater pour le regretter, une certaine tendance à la récurrence des dérives professionnelles. Au nombre de celles-ci, l’on pourrait citer :la publication de fausses nouvelles, les atteintes à l’honneur, à la considération, et à la dignité d’autrui; la publication d’informations mensongères; la diffamation; l’injure; les appels à la sédition; le discours de haine et de discrimination tribaliste et identitaire; l’hostilité contre la patrie et j’en passe.

Cette situation est en outre exacerbée par l’irruption et la généralisation des réseaux sociaux dans la sphère sociale, remarquable parles fakes news, et leurs relais par les médias conventionnels. À tout ceci s’ajoute hélas, l’instrumentalisation dont les médias et les journalistes font de plus en plus l’objet de la part de lobbies et autres acteurs tapis dans l’ombre.

8Unepratique particulièrement nocive qui a fait naitre une presse à gage dont l’action se montre particulièrement nuisible à l’image de la profession et partant, à celle du Cameroun, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Certes, il convient de reconnaitre que, la Presse camerounaise évolue dans un environnement particulièrement difficile en termes de viabilité économique de ses structures et de valorisation de ses ressources humaines. Le Gouvernement en est parfaitement conscient. Dans le sous-secteur de la Presse Écrite, ces difficultés concernent notamment les questions liées à la production matérielle, qui accroissent les coûts de fabrication et la faiblesse, voire l’inexistence des réseaux de distribution qui limitent la présence des journaux sur le marché. Au bout du compte, ces graves carences finissent par faire de la Presse Écrite, un produit dont la rentabilité s’avère faible, si non incertaine.

En ce qui concerne l’audiovisuel, l’importance des investissements et coûts d’exploitation dans ce sous-secteur, est insuffisamment compensée par l’étroitesse du marché publicitaire. Faisant des entreprises audiovisuelles des structures chroniquement déficitaires. De manière générale et plus grave encore, l’instabilité voire l’inexistence des salaires et des profils de carrière dans la plupart des entreprises de presse, rendent difficile l’exercice de la profession.

Mais, quoi qu’il en soit, l’ampleur de ces difficultés ne saurait à elle seule justifier l’enracinement des dérives persistantes constatées au sein du paysage médiatique. Car, il n’est point besoin de vous rappeler que dans un État de droit, l’exercice de la profession de journaliste est régi par des règles et encadré par la loi. Lorsque, de manière délibérée, certains comportements s’érigent en norme, en violation des lois et des codes éthiques

10et déontologiques, cela constitue une entorse à la Liberté de la Presse et un recul de la Démocratie. Bien plus, dans un monde où les avancées technologiques et les médias sociaux ont rendu la circulation de l’information fluide, avec un flux de sujets de provenances diverses, la vérification rigoureuse des sources doit rester la ligne de démarcation des professionnels et un impératif cardinal.

Car, nous devons constamment garder à l’esprit que la diffusion de nouvelles non vérifiées peut constituer, dans un contexte comme le nôtre, un motif de destruction de notre cohésion nationale. Il est donc impérieux pour la Presse et les professionnels des médias, de se réapproprier les règles de base qui encadrent leur profession, faire corps avec les valeurs fondamentales de notre modèle démocratique, garder à l’esprit le nécessaire respect de la législation, et renforcer notre culture de la citoyenneté.