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General News of Wednesday, 10 February 2021

Source: camer

Mutinerie du 22 juillet 2019: Mamadou Mota fait (enfin) de fracassantes révélations

Le numéro deux du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) dit avoir été victime d’un acharnement. Il offre d’ailleurs son pardon à tous ceux qui ont contribué à son incarcération mais reste déterminé à poursuivre son combat.

Quatre jours après sa libération, Mamadou Mota a tenu à dire sa part de vérité au sujet de la mutinerie du 22 juillet 2019 à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé. Le numéro deux du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) dit avoir été victime d’un acharnement dans une affaire dont il ne connaissait ni les tenant, ni les aboutissants. Au cours de la conférence de presse tenu hier, 9 février 2021 au siège du Mrc à Odza, Mamadou Mota a fait des références troublantes : « Je suis allé en prison le 3 Juin à la suite d’une marche. Le 22 juillet, moins de deux mois, une manifestation pacifique organisée par les détenus de la crise anglophone a dégénéré en mutinerie tard dans la nuit. Je n’étais pas là. On me fait appeler de ma cellule autour de 9 heures pour que je vienne passer un message aux anglophones ». Une invitation qu’il avait déclinée. Sauf que quelques minutes plus tard, les autorités carcérales vont le convaincre.

« Je me décide avec deux personnes pour leur dire de se calmer. Ce qui a été suivi. J’ai écouté les anglophones ; je leur ai parlé et ils se sont retirés. A 14 heures, je ne suis plus revenu parce que ça devenait de plus en plus violent. On a laissé l’accès libre à la cour principale de la prison à des bandits réputés violents parce qu’il était question que ces bandits s’attaquent aux détenus anglophones qui manifestaient. Au lieu que ces bandits s’attaquent aux détenus anglophones, ils se sont incrustés dans les quartiers des ministres et les autres afin d’extorquer de l’argent et arracher des bijoux. Pris de panique, on a commencé à lancer des gaz lacrymogènes ».

« Tout s’appliquait à moi sauf la justice »

Le même soir, Mamadou Mota sera interpellé, mis en arrière d’un pick-up de la gendarmerie. Il verra son habit être déchiré « C’est là que je me rends compte qu’à l’arrière de ce pickup, il y avait des prisonniers et quatre policiers du GSO. Ils ont fait leur fameuse photo, disant qu’ils veulent m’identifier. C’était dans l’objectif de m’humilier. Ils m’ont humilié. Ces hommes en tenues du GSO ont commencé à me rouer des coups dans des zones sensibles. Frapper quelqu’un à la nuque de coups de matraque c’est une volonté avouée d’assassiner... C’est ce qui va aboutir chez moi à la fracture », raconte-t-il sous un ton stoïque.

C’est au SED, que sa main sera plâtrée. Certains Camerounais avaient laissé croire à cette époque qu’il s’agissait d’un maquillage. Une affirmation hâtive balayée par Mamadou Mota : « Certains ont parlé du maquillage. Je ne sais pas si on fait du maquillage au SED. Le SED est une caserne militaire ; c’est un centre de torture... J’entendais des gens hurler très tôt le matin quand j’étais là-bas. On appelle ça le café. Quel est ce café qui fait hurler l’être humain ? C’est simplement inacceptable ».

« Je leur offre mon pardon »

Entendu au Tribunal de première instance d’Ekounou pour hostilité contre la patrie et atteinte à la sureté de l’Etat, le premier vice-président de Mrc sera condamné à deux ans de prison pour rébellion. Après appel, la peine passera à 18 mois. « C’est clairement établi que certains magistrats refusent de jouer leur rôle ; acceptent de jouer celui de garçon de course à la solde de certains individus. Ceux qui m’ont condamné savent qu’ils n’ont pas fait ce que la loi demande. Il y avait une volonté d’acharnement. Tout s’appliquait à moi sauf la justice. Ça raffermi plutôt ma conviction. Ça n’a pas été un passage dans le désert. Pour connaitre un pays, il faut passer par ses prisons. Cette étape m’a permis de voir et comprendre ce que nos dirigeants pensent des autres ».

En dépit des difficultés et ses démêlés avec la justice, Mamadou Mota, surnommé « Le Lion du Sahel » par certains militants de sa formation politique, n’est pas prêt à laisser tomber ses combats, au contraire. Il dit être gonflé à bloc afin de continuer le combat pour l’alternance qui selon lui est imminente. « Je ne garde pas rancune contre tous ceux qui ont contribué à mon incarcération parce que le faire c’est les soustraire à l’alternance pour laquelle je veux me battre et au bien être pour lequel je me bats pour son implémentation. Je leur offre mon pardon ». Incarcéré à la prison centrale de Kondengui en juin 2019, Mamadou Mota a été libéré le vendredi 5 février 2021.

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