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Actualités of Thursday, 20 May 2021

Source: Terre Promise n°035

Mouvement des Franckistes : une tempête dans un verre d’eau

Le Mouvement des Franckistes soutient la candidature de Franck Biya à la présidentielle de 2025 Le Mouvement des Franckistes soutient la candidature de Franck Biya à la présidentielle de 2025

Une agitation politique observée ces derniers temps sur la scène médiatique tente de faire croire que le président de la République Paul Biya prépare secrètement son fils homonyme Franck à lui succéder au sommet de l’Etat.
Il y a un peu plus d’une semaine, on a appris, à grand tam-bourinement des réseaux sociaux, le lancement des activités de ce qui est présenté comme une nouvelle formation politique. 11 s’agit du Mouvement Citoyen des Franckistes pour la Paix et l’Unité au Cameroun, en abrégé MCFPU. En première de couverture du document de circonstance, la photo portrait de Franck Biya est affichée en position centrale, juste au-dessus de l’effigie sur fond vert du parti politique annoncé et présentant l’image de la carte du Cameroun en couleur jaune surplombée d’une colombe aux ailes déployées.

Une page intérieure indique le calendrier du déploiement étalé jusqu’en 2025, année de la prochaine élection présidentielle au Cameroun. On peut y lire notamment que la rencontre des Délégués départementaux est programmée du 14 au 20 mai courant, à travers le territoire national. Quant au lancement officiel du parti proprement dit, il devrait avoir lieu les 01 er et 02 juin 2021. Franck Biya, le premier concerné, n’en dit pas un seul mot.

Comme par hasard, le magazine panafricain Jeune Afrique consacre des colonnes ciblées en ce mois de mai 2021 sur « les forces et les faiblesses » du fils Biya « sur la route du Palais ».



Sur la toile médiatique, les réactions hostiles des plus virulentes à une telle succession qualifiée de « gré à gré au sommet de l’Etat » n’ont pas tardé à fuser. Petit extrait : « Les Camerounais ne veulent plus ce nom ; c’était bon comme ça ».

Pour certains analystes, il s’agit bien d’un montage savamment orchestré à des fins aujourd’hui dévoilées : « brandir le nom de Franck Biya comme successeur de Paul Biya, soulever les populations et faire intervenir l’armée pour déposer le président de la République ». En clair, on soutient ici la thèse d’un complot dont les auteurs sont désignés à l’intérieur du pouvoir, en intelligence avec un leader bien connu de l’opposition auteur du mot d’ordre du « chassement de Paul Biya ».

A tous ceux qui prêtent des intentions au président de la République Paul Biya de préparer discrètement une succession dynastique au Cameroun, ou encore « une succession de gré à gré », une interview qui fait date est ressortie des archives présidentielles. Paul Biya y répond précisément sur le sujet en disant : « Nous avons fait tous ces efforts pour bâtir une démocratie. Je crois que l’idée de préparer quelqu’un, c’est des méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs. Ils pourront, le moment venu, choisir. Dans une République qui fonctionne bien, le mot dauphin résonne mal ».

En considérant les cas Eyadema au Togo, Kabila en RDC, Bongo au Gabon, et plus récemment encore Deby au Tchad, d’aucuns ont relevé une boutade qui rappelle opportunément des précédents en matière de dévolution dynastique du pouvoir en Afrique contemporaine : « Fils, tu seras Président ». On en conclura simplement que le Cameroun, c’est le Cameroun.

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