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Actualités Régionales of Tuesday, 8 December 2020

Source: camer

Morgue de Bangangté: le corps du délégué de la communication du Ndé enlevé

La dépouille de Sandrine Christelle Momo Tankeu, décédée le 20 octobre des suites de maladie, a été enlevée dans la nuit du 4 décembre dernier par son père.

Une enquête est ouverte à cet effet à la Compagnie de gendarmerie de Bangangté. Il est question d’établir si le retrait du corps a été fait ou non avec la complicité des gardiens de la morgue. D’après des infirmiers, le médecin chef de l’hôpital de district de Bangangté, Dr Andisson, « est dans tous ses états ». Le père du fils de la défunte, Dieudonné Ohandja Zoa, en service à la préfecture de Bangangté, témoigne que le Dr Andisson a aussitôt saisi des adjoints préfectoraux par téléphone après la nouvelle de la disparition du corps. « C’était une surprise pour lui. Il dit qu’il a appelé les gardiens de la morgue à 5 heures juste pour se rassurer si toutes les dispositions ont été prises pour la levée à l’heure prévue », ajoute-t-il.

D’après cette source, « le corps devrait effectivement être levé le 4 décembre mais à 9 heures ». Notre interlocuteur rapporte que c’est le programme qui a été décidé à la veille. C’était au cours d’une réunion dans l’après midi avec des collègues délégués départementaux de la défunte.

Témoignages

« Le jeudi 3 décembre, Paul Momo a passé la journée à Bangangté. Il a rencontré le délégué départemental de la Jeunesse du Ndé pour lui signifier le fait que c’est lui le père de Sandrine. Et que s’il y a de l’argent cotisé, c’est à lui que l’on devrait remettre ». Dieudonné Ohandja rapporte que « le délégué lui a dit qu’il était hors de question qu’ils lui remettent de l’argent. Selon le délégué, l’argent collecté devrait servir à l’éducation et à la santé des deux orphelins ». D’après une autre source, « un ancien combattant a témoigné que le corps a été retiré avant 3 heures ». Joint par téléphone, le père de la défunte, Paul Momo, vivant à Dschang, n’y donne aucune précision. « Je n’ai plus rien à dire. J’ai retiré le corps de ma fille le 4 décembre. C’est tout », se défend-il. Aussi, rappelle qu’il fait l’objet des menaces par ses enfants, sa femme et par le nommé Dieudonné Ohandja Zoa. « Les autorités de la ville de Dschang m’ont demandé de prendre des dispositions sécuritaires pour que les obsèques se déroulent sans problème, surtout que c’était à la veille des élections régionales », informe-t-il. Y faisant suite, il dit avoir écrit au commissaire de sécurité publique de la ville qui lui a donné certains de ses éléments.

Dschang

Les cérémonies d’obsèques se sont tenues au village Foto, dans la commune de Dschang, département de la Menoua, dans la région de l’Ouest du Cameroun. Dans les faits, les parents de la défunte sont à couteaux tirés. Jointe par téléphone, la mère de la défunte, Georgette Momo, née Salem, reconnait avoir fait le déplacement de Dschang, mais sans participer activement à la cérémonie. D’une voix tremblante, elle fond en larme. « On m’a dit que le corps de ma fille est arrivé à Dschang, emballé dans une housse. J’ai juste voulu voir si c’était réellement elle », déclare-t-elle. Ajoute « des policiers chargés de la sécurité pendant les cérémonies m’ont repoussée ».

De son côté, Paul Momo dit que c’est sur les réseaux sociaux qu’il a découvert le programme des obsèques de sa fille. Qu’il a obtenu le scellé du corps à la morgue après avoir saisi le juge de référé du Tribunal de Bangangté. Paul Momo, déplorant le fait que les frères de Sandrine l’accusent d’avoir tué sa propre fille, déclare ne n’avoir jamais su qu’elle était malade. Toute chose démentie par sa femme. «Quand l’état de santé de Sandrine s’est aggravé, il a dit que ses jours étaient comptés et que son sort était scellé. Juste après le décès de ma fille, il m’a dit qu’il vendra la maison de Bafoussam, qu’il nous mettra dehors avec les 4 cadets de la défunte par tous les moyens et que celle qui s’y opposait et appelait les autorités est déjà morte », conclut-elle en rappelant que de leur union, au régime polygamique et avec biens communs, « nous avons eu 10 enfants dont 2 sont décédés ».

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