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xxxxxxxxxxx of Friday, 11 December 2020

Source: actucameroun.com

Misère sociale dans l’Adamaoua : jeunes et déplacés, unis, écrivent à Paul Biya

Au cours d’une cérémonie officielle le mercredi 03 décembre, ils ont remis au gouverneur, une lettre adressée au président de la République pour dénoncer les problèmes socio-économiques dans une région oubliée.
« Trop de pesanteurs empêchent le décollage effectif de la région de l’Adamaoua. Nous les jeunes, nous avons décidé de saisir le chef de l’Etat par écris pour lui dire ce qui ne vas pas ». Yaya Soudi, le président du conseil national de la jeunesse pour l’Adamaoua, a tout de suite posé le problème devant le gouverneur de la région Kildadi Taguiéké Boukar qui recevait la lettre écrite au président de la République par tous les jeunes de la région.

En respect des principes directeurs de l’Onu qui expliquent que « Les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays jouissent, sur un pied d’égalité, en vertu du droit international et du droit interne, des mêmes droits et des mêmes libertés que le reste de la population du pays », il ne fallait pas dissocier les revendications des déplacés de celles de la jeunesse, native de la région.

Classes surchargées

Dans ce document de cinq pages, les jeunes citent les difficultés rencontrées dans plusieurs domaines, pouvant empêcher l’atteinte de l’émergence annoncée en 2035 par le chef de l’Etat.Sur le plan éducatif, en éducation de base il y a un besoin de 402 enseignants pour le cycle primaire et 123 enseignants pour la maternelle. Les jeunes réclament l’amélioration significative de l’offre éducative par l’affectation de nouveaux enseignants de qualité et la construction d’établissements car beaucoup d’élèves suivent encore les cours sous des bâtiments de paille.

« Pour 11 324 écoles existantes, on a 276 744 élèves dont 263 985 dans le primaire et 12 759 enfants dans le système préscolaire. Un total de 4 350 enseignants dont 428 dans le préscolaire et 3 922 dans le primaire soit un ratio de 67 élèves par maitre au primaire et 30 enfants par maitres à la maternelle », précise la lettre.

En enseignement secondaire, on note une insuffisance criarde d’établissements scolaires, de salles de classes, d’équipements et même d’enseignants. Ce qui entrave de manière préoccupante l’apprentissage et l’enseignement du fait des effectifs pléthoriques d’élèves dans les salles de classes. Les jeunes demandent donc, la création d’un lycée agricole dans chaque département puisque la région a une vocation agropastorale.

En enseignement supérieur, 72% de la population étant constituée de jeunes, le rapport dénonce le non-respect des quotas dans l’affectation des enseignants à l’université de Ngaoundéré, demande l’ouverture d’annexes des grandes écoles basées à Yaoundé comme l’Ecole nationale des travaux publics, et d’une école d’agronomie. Sur le plan managérial, plus de responsabilité doit être confiée aux ressortissants compétents de cette région, à l’université de Ngaoundéré.

Les jeunes réclament la création d’une mission de développement agropastoral de la région et la mise à disposition dans chaque commune, d’un pool de machines agricoles pour moderniser l’agriculture et l’élevage. Les communes doivent pouvoir disposer de spécialistes et de moyens techniques pour lutter contre le rétrécissement et la dégradation de l’espace pastoral, et le tarissement des points d’eaux.

Le réseau routier défectueux

L’état dégradé des routes constitue par ailleurs un énorme frein au développement. L’axe routier Foumban-Banyo-Tibati, seule voie de liaison entre le grand Sud et le grand Nord du pays en passant par la région de l’Ouest, est impraticable. De même que l’axe Meiganga-Djohong-Frontière République Centre Africaine et l’axe Tignere-Kontcha-Frontière du Nigeria. Les jeunes déplorent également l’absence d’infrastructures sportives respectant les normes des organisations internationales, l’abandon des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Bini dans le village Warack, alors que les ménages n’ont toujours pas de lumière, et l’insuffisance des centres de santé avec la rupture fréquente d’approvisionnement en médicaments.

Pas d’emploi pour les jeunes

Cette correspondance adressée au chef de l’Etat regrette encore que le quota de 5% de places qui reviennent à l’Adamaoua pour le recrutement lors des concours et recrutements administratifs ne soit pas respecté. Ce qui rend difficile l’accès des jeunes ressortissants dans les grandes écoles comme l’Ecole normale supérieur, l’Enam, l’Emia et bien d’autres.« L’activité majeure ici est l’oisiveté ou dans le meilleur des cas les motos-taxis.

Le taux de chômage chez les jeunes est l’un des plus élevés du pays », souligne le rapport. A cela s’ajoute le phénomène de kidnapping avec demande de rançon qui a entraîné la ruine de nombreux habitants, et fait de nombreux déplacés internes, surtout parmi les jeunes.

A l’État d’agir

Cette lettre adressée au président de la république est un véritable cri de détresse de la jeunesse. Selon maître Victor Lontsi, juriste, « l’Etat a la responsabilité de venir en aide à sa jeunesse ». La charte africaine des droits de l’homme et des peuples le lui rappelle dans son article 20 : « chaque peuple assure librement son développement économique et social selon la voix qu’il a librement choisit ».

Et l’article 22 ajoute que « tout peuple a droit à un développement économique social et culturel dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la jouissance égale du patrimoine commun de l’humanité ». Les propositions émises par les jeunes de l’Adamaoua devraient être prises en compte pour respecter ces principes.

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