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Actualités of Tuesday, 27 July 2021

Source: Opinion N°12

Mendicité : une réalité sociale qui gagne du terrain de Douala à Yaoundé

Un mendiant Un mendiant

De Douala à Yaoundé, les rangs des demandeurs d’aumône s’agrandissent considérablement. Tenants des assiettes en aluminium pour certains, des bols en plastiques pour d’autres les mendiants pullulent les carrefours, jonchent les rues, campent devant les entrées d’églises, des grandes surfaces. Usant chacun de sa stratégie, ces derniers s’appuient sur leur handicap, leur situation de précarité pour émouvoir le public et l’inciter au don. Au stade actuel, la mendicité semble être pour certains acteurs un véritable métier.

Les mendiants ne se recrutent plus seulement parmi les personnes handicapées ou les personnes indigentes, mais on note une entrée en scène d’une nouvelle catégorie de demandeurs de charité. La mendicité serait-elle devenue le refuge des adeptes du moindre effort ou à défaut un moyen de subsistance au profit des personnes mal intentionnées ?

Ces nouvelles catégories de mendiants

Aux personnes malvoyantes, aux personnes à mobilité réduite, enfants de la rue qui sollicitent la générosité des populations pour s’acheter un morceau de pain, se sont ajoutés des catégories de personnes qui pourraient passer inaperçues mais qui s’imposent au fil du temps Dans nos rues, il est devient de plus en plus fréquent de se faire aborder par des personnes à la bonne présentation physique, mentale et vestimentaire qui ont fait de la demande de l’aumône, leur métier. Ces derniers pour atteindre leur fin, évoquent de nombreux prétextes susceptibles de toucher la sensibilité de leur interlocuteur et l’amener à leur faire don d’une pièce ou d’un billet d’argent.

« Bonjour M. /Mme Excusez-moi de vous aborder ainsi ; je me sens d’ailleurs très gêné de le faire. En fait, je dois me rendre à Bonabéri mais malheureusement l’argent que j’ai à ma disposition est insuffisant. Je vous prie de m’aider une pièce de 100F », tel est l’un des discours courtois que tiennent certains de ces nouveaux ouvriers de la mendicité.

D’autres stratégies aussi innovantes que malsaines sont mises à profit par ces Hommes qui ont bradé leur fierté, leur dignité. Ceux-ci choisissent de plus en plus les carrefours populeux pour se livrer à leur activité. Un air malheureux, une mine pathétique, ils se couchent à même le sol et prennent le soin d’écrire sur une pancarte placée juste devant eux le motif de leur détresse et de leur doléance ; à côté de cette pancarte se trouve une assiette ou un bol dans lequel les dons sont attendus.

Débordantes de créativité, certaines femmes se servent de leurs progénitures nombreuses comme argument pour implorer la charité. La floraison et l’enracinement de la mendicité dans notre société pourrait laisser croire que la demande de l’aumône fait les bonnes affaires de ses acteurs.

Une observation froide de l’évolution de cette réalité sociale, donne à distinguer deux types de mendiants : les personnes physiquement et mentalement diminuées qui nécessitent un véritable soutien social d’une part, et les affairistes d’autre part qui profitent de la générosité des âmes de bonne volonté.

Cette situation d’ambigüité réduit la compassion du public qui commence à en avoir assez de ce faire arnaquer.

De la répression de la mendicité

Face à l’entrée en scène de ces arnaqueurs déguisés en mendiants, le gouvernement a pris des mesures répressives pour neutraliser ces paresseux. Ces dispositions sont contenues dans le nouveau code pénal notamment en ses articles 245 et 246.

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