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General News of Thursday, 24 December 2020

Source: Actu Cameroun

Menace sur la liberté de la presse : un mandat d’incarcération contre le Dp de Kalara

La Cour d’appel confirme la décision rendue en 2019 par le Tribunal de première instance de Yaoundé-centre administratif. Sauf que, le montant des amendes a été doublé. En cas de non-paiement, Christophe Bobiokono, le Dp et la journaliste, Irène Mbezele, seront emprisonnés. Ils ont été condamnés pour diffamation et outrage à corps constitués.
Christophe Bobiokono, le Directeur de publication du Journal Kalara et sa collaboratrice Irène Mbezele peuvent aller en prison à tout moment pour outrage à corps constitués et diffamation. Un mandat d’incarcération leur a été décerné le 18 décembre 2020, en pleine audience. Ils comparaissaient devant la Cour d’appel du Centre pour : diffamation et outrage à corps constitué.



A la fin de l’audience de ce vendredi un représentant du ministère public a demandé au directeur de publication de ne pas quitter la salle d’audience. Selon ce représentant du ministère public, Christophe Bobiokono devait être conduit à la prison. Malgré cette « menace », ce membre du Conseil national de la Communication (Cnc), et membre de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) a regagné son domicile. Mais il sait qu’il peut être arrêté à tout moment.



En effet, la Cour.d’appel du Centre leur demande de payer sur le champ des peines pécuniaires. En cas de non-paiement, ils seront condamnés à 24 mois de prison ferme, une période correspondant à la durée de contrainte par corps. Cette juridiction a revu à la hausse les condamnations amendes infligées aux prévenus en décembre 2019 par le tribunal de première instance de Yaounde Centre administratif. Cette fois-ci, Bobiokono a été condamné à 4 millions Cfa d’amendes et 407 900Fcfa de dépens Irène Mbezele a été condamnée à Un million F d’amende et 407 900F,cfa de dépens.

Ainsi, par rapport à la décision du Tpi de Yaoundé Centre administratif. la peine pécuniaire est aggravée â l’égard de Bobiokono de 2.357.900F au total, soit deux millions d’amende et 357.900F.cfa

Lors du jugement en instance, le Dp de Kalara avait été reconnu coupable de diffamation et d’outrage à corps constitué. Il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pendant trois ans et à deux millions F cfa d’amende simple. Irène Mbezele avait été condamnée à deux ans prison avec sursis et un million amende simple.

Epée de Damoclès
Ce verdict de la Cour d’appel intervient quelques jours après le dernier classement de Reporters sans frontières (Rsf). Classement dans lequel le Cameroun quitte de la 131eme place en 2019 pour la 134ème place en 2020. Ce qui montre un vrai recul en matière de la liberté de la presse au Cameroun ces derniers mois. L’ong Reporters sans frontières a réagi vendredi après le verdict de la Cour d’appel du Centre.

« Par deux fois, les juges camerounais se sont rendus complices de poursuites et d’accusations complètement infondées qui ne visent qu’à empêcher ce journal de .poursuivre ses enquêtes », a affirmé Arnaud Froger responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières.

Les deux journalistes sont poursuivis par dame Fotso Chebou Kamdem, ancienne député et avocate. Elle les accuse de lui avoir attribué dans un journal de Kalara les propos décrypté dans une bande audio qui n’ont rien à voir avec la réalité. Les faits remontent depuis octobre 2018. La plaignante était l’avocate d’Ama Tutu Muna, l’ancienne ministre de la Culture dans le cadre d’une affaire qui l’opposait à son frère Akere Muna. Selon le Journal Kalara, l’avocate aurait tenu les propos selon lesquels elle avait une influence sur les magistrats chargés de connaitre l’affaire de sa cliente.

Les propos que rejette la plaignante. Le 4 décembre 2020 lors d’une audience, l’avocat général du parquet a requis la culpabilité des deux accusés. Les journalistes crient à un acharnement judiciaire et dénoncent un procès qui s’est déroulé en toute violation des droits de la défense. Le 4 décembre 2020, ils ont comparu pendant 11 h de temps malgré le fait que leurs avocats étaient en grève.

Contacté après le verdict de la Cour d’appel du Centre, Christophe Bobiokono, le Dp de Kalara affirme : « Avec cette décision, c’est une épée de Damoclès sur nos tètes. A tout moment, il peut être exécuté. Ce fut d’ailleurs le cas le 1er avril 2020 iorsqu’en exécution du mandat d’arrêt émis par le tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif, la police judi-caire avait interpellé Irène Mbezele et moi. Nous avons alors payé les condamnations pécuniaires prises contre nous pour être remis en liberté. »

Me Assira avocat des deux journalistes avait demandé la nullité de cette procédure devant la Cour d’appel. Cette démarche était justifiée par rapport aux multiples irrégularités et violations des droits de la défense que dénoncent les avo‘ cats de la défense. Parmi ces violations, il y a le fait que les journalistes ont été jugés le 4 décembre malgré le fait que leurs avocats étaient en grève. En plus ils ont été jugés parfois aux heures tardives.

Pour certains, cette condamnation viole l’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques dispose : «Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.

Dans le même sens, l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme dispose à l’article 19 : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Joint par le Jour, Christophe Bobiokono a annoncé son intention d’attaquer cette décision de la cour d’appel devant la Cour suprême.

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