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General News of Wednesday, 29 July 2020

Source: Repères n°879

Mekulu Mvondo, le potentat qui veut finir ses jours à la tête de la CNPS


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En poste depuis 12 ans, le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale mène depuis quelques semaines une hyperactivité médiatique. Tout en vantant les performances de l’entreprise, elle masque bien les travers de son management et le climat délétère qui y règne.
Le directeur général (DG) de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) fait partie des 14 patrons d’entreprises et établissements publics qui cumulent plus de neuf ans à leur poste. Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame trône en effet à la tête de la CNPS depuis 2008. Donc en violation de la loi qui fixe la durée du mandat à 3 ans, renouvelable au plus deux fois.

En situation illégale, le DG qui confiait au cours d’une conférence de presse en 2011 avoir déjà accompli sa mission semble pourtant aujourd’hui vouloir s’accrocher à son poste. Il n’est qu’à voir son hyperactivité médiatique de ces dernières semaines. Quand il n’accorde pas d’interview ou ne s’invite pas sur un plateau de télévision comme c’était le cas dimanche 26 juillet sur Scènes de presse à la CRTV, c’est l’entreprise qu’il dirige d’une main de fer qui occupe les colonnes des journaux. Des sorties orchestrées pour vanter les performances de l’entreprise ou les capacités managériales de son patron.

En réalité, chuchotent de nombreuses sources internes, c’est l’arbre qui cache la forêt. Obligée de s’exprimer sous anonymat, de peur de subir les foudres impitoyables de son DG si jamais son identité était révélée, une employée souffle que l’air austère de Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame cache à peine un homme froid. Qui a la rancune tenace. « C’est un trait de caractère qu’il exprime même sur un terrain de football. Un adversaire qui le tacle rudement est sûr qu’avant la fin du match il lui rendra le coup », témoigne un habitué du 2-0.

Une autre source confie que le DG règne par la terreur. Elle le compare à « un monarque (…) capable de faire et défaire tout à la CNPS selon sa seule volonté, de malmener ses collaborateurs selon ses caprices ou ses humeurs du moment et se conforter ainsi dans un rôle de potentat plutôt que celui de manager serein et responsable ».

Un ancien cadre de la maison parle de « cacophonie ambiante qui prévaut au quotidien à la CNPS et qui fait régner dans son sillage le désordre, l’incohérence, l’opacité, la duperie, le mensonge, l’absurdité, la mystification, « la fuite en avant”, l’exclusion et la tension permanente et fait prospérer les décisions qui s’apparentent plus à des actes de vengeance, de règlement de comptes personnels et tous autres actes ou décisions passionnelles laissant à tous les agents et autres observateurs avertis le goût amer et le triste sentiment de subir du directeur général les affres d’un leadership essentiellement autocratique, vindicatif, oppressif, obsessionnel, affectif, intéressé ou égoïste ». Et ce n’est pas Salomon Mengang (ancien chef de la division des affaires juridiques), Simon Meyanga de regrettée mémoire et bien d’autres cadres licenciés qui diront le contraire.

Dans cette ambiance, les demandes d’explications, qu’il distribue à tout-va, même les plus farfelues, apparaissent comme son arme imparable. « J’ai appris par les protagonistes que vous avez présenté mon bulletin de solde à un journaliste. Les bulletins de solde des personnels de la CNPS, et davantage du DG, doivent rester confidentiels », écrit-il dans une demande d’explications adressée à un agent comptable.

D’ailleurs les rapports entre Mekulu Mvondo Akame et ce dernier, et même avec tous ceux qui ont occupé ce poste avant sa suppression, avaient toujours été conflictuels. Ces fonctionnaires ne furent pas les seuls souffre-douleur du DG de la CNPS. Dans une correspondance de 13 pages adressée au président du conseil d’administration le 31 octobre 2012, le directeur des affaires générales (DAG) de l’époque dénonce « la malveillance, l’arbitraire et les abus d’autorité de M. le DG/CNPS ».

Dans celle-ci, Paul Mbondjo Ngolong recense ses « multiples complaintes et plaintes relevant les nombreuses et graves insuffisances créant d’énormes dysfonctionnements organisationnels, structurels et fonctionnels enregistrés entre la DFP et la DAG. Plaintes formulées auprès du DG avec beaucoup de délicatesse dès ma prise de fonction, mais transformées ou perçues comme « des récriminations agressives” parce qu’elles révèlent au grand jour et dénoncent la connivence du DG devant les multiples actes insidieux de malveillance, d’entraves, de sabotage ou de torpillage ».

Il attribue ces actes à sa collègue,. « Mme le directeur des finances et dû patrimoine, érigée curieusement en « co-directeur général” de la CNPS et censeur de fait de l’action du DAG, voire de la plupart des directeurs, et soutenue en cela par monsieur le directeur général ».

Dans la même veine, en janvier 2013 une note d’information des délégués du personnel s’insurgeait contre la logique de guerre du DG contre les travailleurs de la CNPS, marquée par des affectations illégales de certains de leurs camarades coupables d’avoir bravé la hiérarchie. C’est ainsi qu’il a défié le ministre du Travail tt de la Sécurité sociale en mettant à l’écart les syndicats qui ne lui plaisaient pas lors de la dernière élection des délégués syndicaux et du travail.

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