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General News of Wednesday, 10 June 2020

Source: lavoixdesdecideurs.biz

Media: la lettre salée de Shanda Tonme à Rodrigue Tongué


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Le président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), Shanda Tonme , s’est livré à une envolée épistolaire après son passage le 07 juin 2020 à l’Emisson «L’Arène», présentée par Rodrigue Tongué Deutchoua.

Objet: Observations sur ce qui me semble relever d’un abus de confiance et une impolitesse d’une grave intensité relativement à ma participation à votre émission «L’Arène» du dimanche 6 Juin 2020

Monsieur le Directeur Général,

Dans la foulée des réactions qui ont suivi la création du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), dont je suis le président, j’ai été approché par votre collaborateur Deutchoua Tongué Rodrigues, pour explorer la faisabilité d’une participation à votre émission « L’Arène ». Après consultation de mes camarades, J’ai donné mon accord pour la date du dimanche 6 Juin 2020.

Monsieur Deutchoua Tongué Rodrigues m’a informé, qu’il me communiquerait les noms de deux journalistes, soumis à mon approbation, et que j’aurai la latitude de lui suggérer le nom d’un troisième journaliste de mon libre choix.

Les deux noms m’ont effectivement été communiqués la veille de l’émission, c’est à dire le samedi 5 Juin. J’ai répondu en indiquant le nom du troisième journaliste, et ai précisé que je n’avais aucune objection sur ses deux suggestions.

Rendu sur le plateau le dimanche 6 Juin, J’ai été surpris de constater qu’il avait fait venir plutôt un troisième intervenant non journaliste, qu’il a essayé, maladroitement et fiévreusement, d’introduire comme un économiste. Mais hélas, l’intéressé s’est présenté lui-même comme étant le Secrétaire Général du MRC, un parti politique. POURQUOI CE PARTI ET PAS LES AUTRES ?

En dépit du fait que j’ai très énergiquement regretté cette façon de faire en direct, votre collaborateur a prétendu qu’il nous avait informé par SMS. Le procédé est d’une malhonnêteté à nulle autre pareille, car sachant, que la consultation de la messagerie n’est pas automatique ni à temps et en heure d’automatisme, surtout pour quelqu’un de mille occupations comme moi.

Evidemment, l’émission qui avait été mené jusque-là sans le moindre incident et en toute convivialité, a pris une tournure inacceptable avec l’intervention ouvertement belliqueuse, provocatrice et impolie du représentant du parti politique. Votre collaborateur s’est d’ailleurs voulu son appui et allié, se comportant en militant explicite de son parti.

Par ailleurs, se situant au-delà de toute convivialité langagière de même que de tout souci de vérité, de prudence et de responsabilité, votre collaborateur a cru me présenter comme le promoteur de, je le cite, « LA SUPREMATIE BAMILEKE ».

Monsieur le Directeur Général,

Je veux croire qu’il reste un peu d’égards, à l’endroit des personnalités que vous invitez sur vos plateaux. Je préfère me tromper, plutôt que d’avaliser la thèse selon laquelle, aucune déontologie préservant le bon sens et privilégiant la confiance et la bonne foi, n’est respectée dans votre chapelle médiatique.

Aussi, je me permets d’indiquer en substance, les inspirations ci-après :

1 – L’invitation, sournoise, bien pensée longtemps à l’avance et tenue secrète, puis actée à trois ou quatre heures avant l’émission, du secrétaire Général du MRC, constitue un abus de confiance absolument condamnable et une méprise dégoûtante. Je n’aurais jamais marqué mon accord pour prendre part à cette émission, si votre collaborateur m’en avait fait cas au moment de l’invitation. A l’évidence votre esprit était de récréer une confrontation ethnique, bien plus qu’une confrontation partisane déjà inappropriée, au regard de l’acharnement de ce responsable de parti à s’acharner sur le LAAKAM.

2 – Le journaliste que j’ai proposé, n’a jamais été impliqué sur le plateau. En effet l’infortuné a été lui aussi surpris par un message laconique dans son téléphone. IL est dès lors incontestable, que nous nous sommes retrouvés en face d’une infantile et crapuleuse tricherie dans tous les sens du terme, tricherie avec la parole donnée, tricherie déontologique, tricherie éthique, rupture des repères de la convivialité.

3 – Si la bêtise de « La suprématie Bamiléké » était venue d’un des deux journalistes, on pourrait encore parler de passion provocatrice versée dans des échanges contradictoires, pour les besoins d’alourdissement explicite des thèmes, ou de proposition alambiquée pour l’excitation de vos téléspectateurs. Hélas non !

Je veux marquer ma profonde surprise, que cette notion, dont la charge émotionnelle comme gangrène de la provocation et moteur du tribalisme et des fractures dans notre société, est établie, soit manipulée avec autant d’aisance et d’irresponsabilité sur votre plateau. En effet sieur Deutchoua Tongué n’est pas ignorant de son impact quasi criminel, dans un contexte national fragilisé, ultrasensible et ouvert à toutes les dérives. Avancée, évoquée et mise brutalement en exergue par un journaliste chargé de coordonner une émission, procède d’une forme de contribution consciente à la déchirure du pays, à la promotion de la guerre civile et au désordre.

Ni de moi-même ou par moi-même, ni par aucune autre organisation proche ou lointaine s’exprimant au nom des Bamilékés ou les représentant, cette notion de suprématie, n’a jamais été utilisée. Ceux qui y recourent, surtout de façon aussi publiquement, participent objectivement à l’enracinement de la haine. Jamais les Bamilékés ni aucune autre communauté ethnique du pays, n’a eu recours à cette expression de condescendance autant maladive qu’injustifiée et criminelle. Faut-il vous refaire l’histoire pour renvoyer la classification abjecte des populations à la honteuse planification du colonisateur pour entretenir la division et la haine ?

Je conclu que vos collaborateurs jouent avec le feu, au moment où nous nous cassons la tête pour bannir tous les discours subjectifs, volontairement biaisés et ultimement génocidaires et divisionnistes.

Puis-je alors rappeler et répéter, que tous nos compatriotes, de toutes les régions et de toutes les origines ethno-tribales, ont une égale considération à mes yeux, une égale propension au développement et au travail, et un égal intérêt à l’avancement et à la stabilité du Cameroun ? Puis-je vous dire, que parlant de l’association LAAKAM, ses buts et objectifs, ses pratiques sur le terrain, ses proclamations et déclarations, portent et porteront de tout temps, la marque de la paix, de la solidarité, de la fraternité et de l’entente entre tous les frères et sœurs de notre pays, dans le respect de la légalité, et en toute intelligence avec les autorités administratives dans le cadre des institutions républicaines consacrées ?

Faudrait-il rappeler, ce que le langage de la suprématie, a engendré, produit et secrété dans l’histoire récente de l’humanité, avec de dures et indescriptibles souffrances, avec des millions de victimes et d’irréparables destructions : Le racisme, la discrimination, la marginalisation, l’exclusion et le génocide dont témoignent à suffire le régime nazi, le génocide des Juifs, le génocide des Indiens, le génocide des arméniens, le génocide des Tutsis, le KU KLUX KLAN ?

Je vous prie en conséquence, de prendre acte, aux fins de redressements autant que de corrections nécessaires, des éléments si fortement développés, de ma fraternelle mais très ferme interpellation. L’invitation de personnalités devraient se faire dans l’esprit d’une respectabilité sans tâche, dont la première conditionnalité réside dans une convention propre, transparente et mutuellement assumée, sur les données essentielles du déroulement de l’émission. Toute entorse, même si elle ne conduit pas à toute procédure vexatoire donnant lieu à des débats de prétoire, pourrait néanmoins amenuiser l’épaisseur de votre crédibilité dans une opinion exigeante et de plus en plus choquée par les dérives.

En effet Il y a péril en la demeure, dès lors qu’un journaliste s’amuse avec des notions abjectes et dangereuses, et se faisant prends des libertés avec la nécessité voire l’urgence de l’unité nationale. Bien plus grave, en concourant à jeter une partie de la population ou quelques figures emblématiques en pâture sur des bases fausses, des soupçons criminogènes et des allégations fantaisistes, il se positionne comme un pyromane au service des politiques du pire et de la promotion de la haine.

Tout cela doit cesser, finir complètement, renvoyé dans les poubelles infâmes de l’histoire. Le Cameroun a un pressant besoin de dialogue et de réconciliation pour avancer, pour garantir aux générations futures d’évoluer dans un pays convivial et fraternel, chaleureux et solidaire.

C’est pour cela, pour toit cela, rien que pour cela, que notre parti a vu le jour. Tout ce qui explicitement ou implicitement ressemblerait à la haine, à la déviation, à l’injure, à des attaques ciblées contre des individus ou contre des groupes, sera durement combattu, découragé et contredit par notre mouvement dont la base de la stratégie, repose sur la constitution des Comités Populaires de Médiation (CPM), partout sur le territoire national, et partout où se retrouvent ici et ailleurs, où se retrouvent nos compatriotes.

Nous mettrons à chaque moment et à chaque fois, à chaque situation, l’accent sur le pardon. C’est pourquoi, en me remettant opportunément en cause, et prenant le soin de distiller l’exemple de l’humilité sans laquelle, nous n’avancerons pas et ne réussirons pas la réconciliation de notre pays, je veux vous prier d’accepter de transmettre à Monsieur Noah, le haut responsable du MRC présent sur le plateau, mes excuses sincères pour la relative dureté de certains de mes propos à son égard, qu’elles qu’aient pu être ses intentions supposées ou avérées.

Je proclame que personne n’est ni trop petit ni trop grand dans notre quête du dialogue et de la réconciliation. Je réitère cependant que nous devons débattre et non combattre comme le clame le premier des Camerounais.

A vous-même, Cher frère, cher compatriote et cher militant pour un Cameroun réconcilié dans lequel, toutes les filles et tous les fils se tiennent résolument la main, respectent leurs parents et grands-parents, glorifient et préservent leurs emblèmes ainsi que leurs justes et légitimes intérêts nationaux partout dans le monde, je vous pardonne pour tout ce qui est arrivé et pour tout le désagrément dont je m’estime avoir été victime au cours de l’émission./.

MON PARDON EST SINCERE ET SANS ARRIERE PAENSEE AUCUNE.

TOUS POUR LE CAMEROUN

AVEC LE MPDR ET AVEC TOUTES LES AUTRES FORMATIONS POLITIQUES

TOUS POUR AVANCER ET CONSOLIDER CE QUI NOUS EST CHER

VIVE LE MPDR

VIVE LE CAMEROUN


SHANDA TONME

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