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General News of Wednesday, 28 October 2020

Source: cameroonvoice.com

Massacre des élèves à Kumba: Me Amédée Touko dénonce les mensonges de Biya et ses proches

Le massacre du “samedi noir” qui a coûté leurs vies à une dizaine d’élèves de la ville de Kumba, pourrait avoir décidé les Camerounais à prendre leur destin en main. En témoigne la radicalisation croissante des opinions et du discours politiques dans ce pays depuis samedi.

Si le carnage perpétré au Mother Francisca Memorial College sur des enfants âgés entre 9 et 12 ans est présenté par les officiels camerounais comme étant l’œuvre d’”hommes armés non identifiés”, synonyme dans le jargon officiel au Cameroun de “sécessionnistes ambazoniens”, les Camerounais veulent quant à eux que le coupable –et seulement le vrai coupable- de ce crime ignoble de trop, soit identifié et paie au prix fort son acte.

A défaut d’un coupable, ils pensent que le temps est passé où l’on diluait les responsabilités dans des justifications bidons fondées sur la raison d’Etat.

« En attendant qu’ils nous produisent les assassins de nos enfants, les seuls responsables et coupables de notre malheur sont ceux qui ont créé la situation de guerre et de terrorisme dans le NOSO pour répondre à de simples et pacifiques revendications socioprofessionnelles »,

s’insurge madame E. dont le cousin et l’épouse ont attendu plus d’une dizaine d’années de mariage pour connaitre le bonheur de l’engendrement et de la maternité avec la venue au monde de leur première et unique fille à ce jour. « Une fille qu’ils ont nommée “Victoire”, mais dont l’assassinat par de curieux terroristes sonnent leur défaite » ajoute-t-elle en réprimant un sanglot.

« Des assassins qui entrent dans une école situé dans le plus grand quartier de la ville, abattent des enfants et s’en vont tranquilement, comme s’ils étaient protégés par des gens au-dessus de tout le monde », entend-on dire çà et là dans un ton comminatoire au Cameroun où la colère est à son comble.

Pour une certaine opinion, les assassinats qui se multiplient dans le NOSO sont la conséquence du pacifisme à outrance des Camerounais qui ne veulent pas s’investir à fond dans une action forte pouvant obliger la communauté internationale à contraindre les dirigeants camerounais et leurs forces armées, soit à négocier dans le cadre d’authentiques pourparlers sous l’égide des puissances et organisations internationales qui se feront garantes de l’application stricte de leurs résolutions, soit à débarrasser le plancher sans autre forme de procès.

Et il n’y a que l’usage de la force en réponse à ce que le gouvernement camerounais appelle son « monopole de la violence légitime », qui puisse faire comprendre non seulement à ce régime autiste et violent la nécessité de se soumettre au peuple, mais également à la France, que les intérêts qui justifient le soutien de cette puissance ex-coloniale et toujours colonialiste à la dictature en place ne peuvent pas subsister si elle ne change pas de fusil d’épaule en choisissant le camp du peuple camerounais contre celui de ses serviteurs locaux.

Choqué au plus haut degré par les images de la tragédie de samedi, un homme en tenue à la retraite, plusieurs fois sur le terrain des opérations aussi bien à Mamfé dans le Sud-ouest qu’à Bamenda, se déchaine :

« C’est parce qu’il n’y a pas de véritable situation de guerre au Cameroun que le régime refuse de négocier, et fait perdurer cette situation d’extrême confusion où n’importe quel quidam, partisan du régime ou des sécessionnistes, peut se lever et tuer n’importe qui pour faire sensation ».

A l’en croire,

« ce que vous appelez guerre au NOSO n’en est pas une. Les leaders de l’Ambazonie refusent toujours de financer l’armement des anglophones pour le moment. Et même s’ils pensent qu’une lutte armée ne serait pas superflue, ils estiment qu’ils ne sont pas prêts à faire face au régime sans exposer trop de vies des populations civiles. Pour la plupart, les jeunes qui au début avaient pris spontanément des armes blanches et de chasse pour résister à l’oppression ont été découragés et ont fui à l’étranger ou fait profil bas pour continuer leur vie tranquillement. Ce n’est qu’une poignée d’irréductibles qui donnent efficacement du fil à retordre à l’armée camerounaise en promettant de combattre jusqu’à la dernière goutte de sang ou d’obtenir l’indépendance. ».

Ces révélations, il faut le dire, corroborent une opinion largement répandue à une époque récente dans les régions anglophones, qui voulaient que les soi-disant sécessionnistes qui brillent par les exactions perpétrées sur les citoyens

« sont des gars recrutés par les chefs militaires et les hommes politiques anglophones affiliés au régime, pour terroriser les populations civiles et se faire de l’argent par la même occasion à travers les rackets et prises d’otages accompagnées de demandes de rançons ».

Un travail, disait-on,

« que font aussi les éléments de l’armée dite régulière. A condition que les uns ne marchent pas sur les platebandes des autres. Sinon il y a clash, car même s’ils travaillent tous pour les mêmes commanditaires, les intérêts se chevauchent et se contrarient souvent et conduisent à des meurtres du type de la nuit des longs couteaux ».

Déduction, il n’y a pas de guerre dans le NOSO, puisque pour faire la guerre comme pour faire la paix, il faut être deux ou plusieurs. Du coup le seul à la manœuvre est celui qui répète à longueur de discours qu’on ne négocie pas avec les terroristes, alors qu’on ne négocie jamais qu’avec les terroristes. Une posture qui rend tout à fait compréhensible le fait que « la république du mensonge » que dénonce Me Amédée Dimitri Touko Tom n’organise jamais de véritable dialogue pour mettre fin à ses crises qui sont bien réelles, mais dont l’identité des acteurs est quant à elle toujours tronquée.

Comme on l’a vu l’an dernier avec le prétendu « grand dialogue » qui s’est transformé en mini monologue, avec, outre des personnalités reconnus comme des membres clés du parti au pouvoir, de tout aussi prétendus « sécessionnistes » ne montant sur la scène que pour avouer les pires crimes que l’on puisse imaginer et accuser pour cela des leaders anglophones leur ayant montré la voie du crime et enfin demander pardon. Une démarche aussitôt dénoncée par les vrais sécessionnistes qui n’avaient pas été invités au festin dialogal, et qui avaient du reste rejeté les conclusions du fumeux conclave brandi comme une preuve de la volonté de paix de Biya et de son régime.

Or qui triche avec la paix opte pour la guerre. D’où l’inclination de plus en plus prononcée des Camerounais pour un véritable affrontement, convaincus qu’ils sont que l’arrogance belliciste du régime de Biya se nourrit de leur pacifisme et puise dans le bon sens de ses opposants pour prendre de l’envergure.

Comme l’indique Me Amédée Dimitri Touko Tom, dans sa tribune sus-évoquée mise sur liseuse vidéo par la chaine Youtu.be de notre confrère Kamèrtv Infos.

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