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General News of Wednesday, 22 April 2020

Source: www.camerounweb.com

Massacre de Ngarbuh, volte-face du gouvernement, le grand déballage [JEUNE AFRIQUE]

Pour le journal français Jeune Afrique, il n'y a aucun doute; Paul Biya a désavoué le gouvernement camerounais et l'armée qui ont pendant clamé leur innocence dans le massacre de Ngarbuh.

Les autorités camerounaises avaient initialement démenti les accusations quant à l’implication de soldats dans le massacre de Ngarbuh, survenu dans la région du Nord-Ouest le 14 février dernier.

L’annonce a provoqué un mini-séisme. À l’issue d’une enquête menée conjointement par des responsables de l’armée camerounaise et des observateurs indépendants, l’implication de quatre militaires dans le massacre de civils à Ngarbuh a finalement été confirmée, comme le soutenaient des acteurs de la société civile et des ONG.

Les conclusions des enquêteurs, rendues publiques ce 21 avril à travers un communiqué de la présidence, accablent ainsi le chef de bataillon Nyiangono Ze Charles Éric, commandant du 52e bataillon d’infanterie motorisée, le sergent Baba Guida, désigné comme l’ordonnateur du drame, le gendarme Sanding Sanding Cyrille et le soldat de première classe, Haranga. Aux côtés de ces quatre personnalités, dix autres civils, membres du comité de vigilance qui accompagnaient les soldats dans cette opération, ont également été inculpés.

Le président Paul Biya a ainsi prescrit l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre le chef de bataillon Nyiangono Ze pour son absence lors de cette opération pourtant sensible, et d’une procédure judiciaire contre les 13 autres responsables militaires et civils pour leur participation à ce massacre, notamment en raison de la mort de 13 personnes et la mise à feu de maisons pour masquer les faits. Les corps des victimes seront en outre exhumés afin de leur offrir des sépultures dignes, et leurs ayants droits bénéficieront d’indemnisations et de compensations aux frais de l’État.

Volte-face du gouvernement ?
Les faits incriminés remontent au vendredi 14 février dernier. Au cours d’une opération dite de « reconnaissance » menée par l’armée dans les villages de Ntubaw et Ngarbuh, un assaut avait été donné sur un camp renseigné comme étant une base sécessionniste à Ngarbuh 3. Après de violents combats, de nombreux villageois avaient été tués par balles et des maisons incendiés.

James Nunan, chef du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au moment des faits, dressait alors un bilan d’au moins 22 morts, parmi lesquels 14 enfants. Un bilan confirmé par l’évêque de Kumbo et d’autres ONG à l’instar d’Human Right Watch qui, dans un rapport, mettait également en lumière l’implication de soldats.

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