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General News of Thursday, 4 February 2021

Source: griote.tv

Massacre de Ngarbuh: l'Etat admet que les soldats ont tué 3 femmes et 10 enfants

La tuerie avait provoqué un tollé national et international. Face à l’accusation de l’armée, le ministère de la défense avait évoqué «des allégations mensongères».

Stand up Cameroon avait saisi l’occasion pour demander aux femmes de s’habiller en noir le 8 mars, afin de protester contre la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Malgré la parade à la place du défilé à Douala, plusieurs activistes avaient suivi le mot d’ordre de boycott, elles avaient célébré une messe à la cathédrale Saint- Pierre- et -Paul de Douala. Les couleurs noires et rouges qu’elles avaient choisies pour la circonstance, étaient symboles des obsèques des personnes mortes dans des circonstances violentes. Le mouvement était conduit par Edith Kah Walla, Michèle Ndoki, maître Charlotte Tchakounté et Alice Nkom.

Ces lamentations des femmes et les revendications de la vérité sur ce qui avait été dénommé «Le massacre de Ngarbuh» ont poussé à la reconstitution de ces événements tragiques, visant à faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie. Paul Biya, le Chef de l’Etat Camerounais avait ordonné une enquête afin que les responsabilités soient établies.

Le drame était survenu le 14 février 2020 et selon l’ONU, 22 civils avaient été tués dont 14 enfants, une mère enceinte et deux femmes qui portaient leur bébé.

Après avoir réfuté l’implication des forces de défense, la présidence du Cameroun reconnait désormais que 3 militaires et des membres d’autodéfense ont tués des femmes, des enfants et autres civils à Ngarbuh dans le Donga Mantung, région du Nord-Ouest.

Même si les résultats de l’enquête rendent coupables des militaires camerounais qui sont d’ores et déjà la disposition du tribunal militaire de Yaoundé et les membres du comité de vigilance activement recherchés, le communiqué de la présidence indique qu’ils n’ont pas tué ces familles de façon délibérée. «Après des échanges de tirs au cours desquels cinq (05) terroristes ont été abattus et plusieurs armes saisies, le détachement a découvert que trois (03) femmes et dix (10) enfants ont péri du fait de son action. Pris de panique, les trois (03) militaires aidés par certains membres du comité de vigilance ont tenté de masquer les faits par des incendies » nous indique le communiqué de la présidence de la république camerounaise.

A en croire cette note du ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, c’est sur la base du compte rendu volontairement biaisé, donné par le sergent Baba Guida qui conduisait l’équipe que le gouvernement avait fondé son communiqué pour démentir les rapports des ONG.

Ainsi le Chef de Bataillon NYIANGONO ZE Charles Eric, Commandant du 52ème Bataillon d’Infanterie Motorisée (BIM) accusé de n’avoir pas supervisé les opérations de ratissage , le Sergent BABA GUIDA accusé d’avoir associé des civils armés à une opération militaire, ordonné l’incendie de maisons et a volontairement travesti le compte rendu de l’opération et son bilan, le Gendarme SANDING Cyrille, le Soldat de 1ère classe HARANGA, les dix membres du comité de vigilance engagés à Ngarbuh sont accusés d’avoir participé à une opération ayant causé la mort de plusieurs personnes et des incendies de maisons.

En dehors de la sanction infligée aux militaires, le président de la république exige l’exhumation des corps des victimes afin de leur donner, aux frais de l’Etat, une sépulture digne, de finaliser les constats nécessaires à la manifestation de la vérité ainsi que le recensement des ayants droit des victimes par l’autorité administrative aux fins du versement par l’Etat des indemnisations et compensations appropriées.

Le renforcement de la sécurisation du village de Ngarbuh, notamment par la création d’une base militaire et l’érection d’autres services publics qui devraient permettre une meilleure protection des civils contre les exactions des groupes armés, le retour des personnes déplacées et l’apaisement des tensions intercommunautaires.

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