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General News of Friday, 30 October 2020

Source: www.camerounweb.com

Massacre de Kumba: enquête exclusive du journal 'LE MONDE'

Cet article que la rédaction de camerounweb vous propose de découvrir revient sur les multiples interrogations que suscite le massacre des élèves dans un établissement scolaire le week-end dernier dans la ville Kumna.

Le massacre a eu lieu dans une région anglophone, en guerre civile depuis trois ans. Le gouvernement camerounais accuse les combattants séparatistes.
Samedi 24 octobre, un groupe d’hommes armés a pris d’assaut la classe de 6e (form one dans le système anglophone) de la Mother Francisca International Bilingual School, un établissement secondaire privé situé dans la ville de Kumba, dans le Sud-Ouest, l’une des deux régions anglophones du Cameroun, avec le Nord-Ouest, plongées dans une guerre civile depuis trois ans.

Sept élèves âgés de 9 à 12 ans ont été tués, d’après le bilan communiqué par le gouvernement. Selon l’ONU, ils seraient huit. Douze autres ont été blessés et sont soignés à l’hôpital. « Leur état est relativement stable. On a opéré certains d’entre eux. D’autres vont perdre l’usage de leurs membres inférieurs », explique au Monde Afrique Chamberlin Ntou’ou Ndong, préfet du département de la Mémé dont Kumba est le chef-lieu.



Pleurs de « l’intérieur »

Que s’est-il réellement passé ? D’après diverses sources, le massacre est survenu dans la matinée de samedi, alors que les élèves étaient en cours. Un groupe d’hommes armés a fait irruption dans la salle avant de tirer sur les écoliers. « Ça n’a duré que quelques minutes, frissonne un élève d’une autre classe, traumatisé. On pensait qu’ils allaient venir dans notre classe. On entendait des pleurs, des cris et ceux qui demandaient qu’on vienne les sauver. »

Pris de panique, certains enfants se sont couchés sous les tables tandis que d’autres tentaient de s’enfuir, en sautant de l’étage. Après leur forfait, les hommes armés sont repartis. Depuis, le pays tout entier est sous le choc. Assis dans la cour de sa maison en planches, le pasteur Boniface Tamangoua Ngamenyi tente de trouver les mots pour décrire sa peine après l’assassinat de son « enfant chéri », Victory Camibon Ngamenyi, 11 ans. Il tient entre ses mains une photographie montrant le jeune garçon, regard fixé sur l’objectif.

Ce dimanche 25 octobre des voisins, fidèles, amis et familles venus le consoler peinent à retenir leurs larmes. « Aucun parent n’aimerait jamais perdre non seulement son premier fils, mais son seul fils », répète hagard, Boniface. Le couple a mis huit ans et six mois à concevoir Victory, cet enfant « tant désiré », après avoir consulté, sans succès, marabouts et médecins.

L’homme d’église dit vouloir « être fort » pour son épouse et pour Regina Glory, 4 ans, la petite sœur qui cherche partout son grand frère, même s’il pleure de « l’intérieur » et ne peut s’empêcher de revivre la scène, « l’horreur de l’école ». Le pasteur a trouvé son fils au milieu des trois enfants morts, dans la salle de classe. « Le seul garçon », raconte l’homme âgé de 48 ans. « Pourquoi ? Pourquoi des enfants ? », se désespèrent les visiteurs, en secouant la tête et en s’interrogeant : « Qui les a tués ? ».


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