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General News of Tuesday, 3 November 2020

Source: Actu Cameroun

Massacre de Kumba : comment Paul Biya a boudé les obsèques

Sans mobilisation populaire, l’hommage s’est résumé en quelques activités peu courues.
«Il n’y a pas eu de motivation, ni du pain sardine». Dans son style provocateur, Richard Bona a fait le constat d’un fiasco à l’occasion du deuil national décidé par Paul Biya pour le 31 octobre 2020. Justifiant ainsi l’absence de mobilisation populaire par le fait que rien n’ayant été organisé pour cela, la recette-miracle pour un mouvement populaire, le pain-sardine, selon le bassiste, n’a pas été annoncé.

En dehors du drapeau de la République qui était en berne sur toute l’étendue du territoire national (en principe) et dont quelques images sur les réseaux sociaux ont vu quelques institutions s’exhiber comme à la Cour d’honneur du Quartier générale de l’Armée à Yaoundé où le ministre délégué à la présidence de la République, chargé de la Défense Joseph Béti Assomo a joué les premiers rôles, comme à la mairie de Ngoumou,… rien d’autre à se mettre sous la dent.



Paul Biya n’a pris part physiquement à aucune manifestation. Le gouvernement dont il avait déjà dépêché trois membres à Kumba, n’a plus manifesté sa participation aux événements. Aucune trace de Paul Biya qui a décrété ce deuil, ni même un message de circonstance à l’endroit des victimes.



«Mais bravo il n’y a ni photo, ni Guilhou…vous commencez à évoluer…», s’est moqué Richard Bona, observant l’absence totale de Paul Biya, ni même une photo de lui, comme c’est devenu une habitude depuis que le chef de l’Etat est entré dans un confinement total, coupé de son peuple à qui il ne s’adresse plus que par des messages écrits.

Les hommes de Dieu se parlent à eux-mêmes
Seules des messes et prières organisées çà et là pouvaient donner un écho à cet hommage que le président de la République a voulu rendre aux victimes de la fusillade de la Mother Francisca de Fiango par Kumba le 24 octobre dernier. Mais ce fut un désert humain. Comme au Palais polyvalent des sports de Yaoundé où une messe œcuménique a été organisée. Catholiques, orthodoxes, évangéliques, musulmans, pentecôtistes, ont prié pour le repos des âmes des sept morts du drame.


Dans une salle qui sonnait creux. Il n’y a pas eu un engouement digne des grands jours au pays. Aucun membre du gouvernement n’a daigné assister au service interreligieux. En dehors de leurs serviteurs qui les assistaient, les hommes de Dieu se sont parlé à eux-mêmps.

Dans la tribune d’honneur, l’on a pu apercevoir trois personnalités se recrutant dans les hautes sphères de la société dont le plus illustre était Charles Ndongo, le directeur général de la Cameroon radio television (Crtv). Le patron des médias audiovisuels publics qui a l’habitude de prendre part aux événements diffusés en direct sur la télévision nationale.

Dans les rues de la capitale, l’ambiance n’était pas celle vivifiante ordinaire. Du moins dans le périmètre du centre-ville. Le deuil national imposant sobriété et recueillement, les commerces sont restés fermés au centre-ville. Les rues désertes dans la première partie de la journée, avant de sè densifier dès le début de l’après-midi.

En revanche, dans les quartiers, rien ne semblait extraordinaire tant les activités ludiques, sportives se sont pratiquées comme à l’accoutumée. Et les gargotes ont gardé leurs fréquentations régulières des week-ends.

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