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Crime & Punishment of Wednesday, 22 April 2020

Source: www.camerounweb.com

Massacre: 06 civils froidement exécutés par les militaires à Bangem

Alors que la société civile et l'opinion publique se réjouissent de la publication, par la présidence de la République, des conclusions de l’enquête du massacre de civils par des éléments de l’armée camerounaise à Ngarbuh, les habitants du village de Muanbong dans la subdivision Bangem, dans la région du Sud-Ouest ont été la cible d'un raid qui a fait six morts.

«Les militaires sont entrés dans notre village aujourd'hui et ont fait six morts; trois combattants sécessionnistes de l’Ambazonie qui ont déposé les armes et autres 3 civils, tous des hommes », a déclaré un habitant du village joint par notre consœur Mimi Méfo.

Sans opposer aucune résistance, les soldats "ont tiré sur ceux-là ... il n'y a pas eu de bataille, ils ont juste choisi des gens à leur porte", ajoute-t-il.

L'action menée par les militaires remet en cause le rôle des centres de désarmement, démobilisation et réintégration destinés à rééduquer et à réintégrer les combattants sécessionnistes dans la société.

L’incident de ce mercredi contribue également aux inquiétudes exprimées précédemment par de nombreuses personnes au sujet de la sincérité du gouvernement concernant le massacre et d’autres crimes qui auraient été commis par des soldats dans les régions agitées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au cours de la crise anglophone.

Il faut rappeler que les 13 victimes du drame de Ngarbuh au Nord-Ouest dans la nuit du 13 au 14 février 2020 seront exhumées et leurs familles indemnisées, sous ordre du chef de l'Etat.

C’est ce qu’en a décidé le président Paul Biya au regard des résultats livrés par la commission d’enquête.
« Après les échanges de tirs au cours desquels cinq (05) terroristes ont été abattus et plusieurs armes saisies, le détachement a découvert que trois (03) femmes et dix (10) enfants ont péri du fait de son action », précise le rapport de la commission d’enquête signé par Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République.

Les Sanctions prises par le chef de l'Etat à l'encontre des auteurs

L'ouverture d'une procédure disciplinaire contre le Chef de Bataillon Nyiangono Ze Charles Eric, Commandant du 52ème Bataillon d'Infanterie Motorisée (BIM) et tous les militaires ayant participé à l'opération de Ngarbuh.

L'arrestation du Sergent Baba Guida, du Gendarme Sanding Sanding Cyrille et du Soldat de Première Classe Haranga Gilbert, ainsi que des dix membres du comité de vigilance impliqués dans les événements tragiques de Ngarbuh et l'ouverture d'une procédure judiciaire contre eux.

Les militaires concernés sont d'ores et déjà à la disposition du Tribunal militaire de Yaoundé. Les membres du comité de vigilance concernés sont eux, activement recherchés.

L'exhumation des corps des victimes afin de leur donner, aux frais de l'Etat, une sépulture digne et de finaliser les constats nécessaires à la manifestation de la vérité

Le recensement des ayants-droit des victimes par l'Autorité administrative aux fins du versement par l'Etat des indemnisations et compensations appropriées.

Le renforcement de la sécurisation du village de Ngarbuh, notamment par la création d'une base militaire et l'érection d'autres services publics qui devraient permettre une meilleure protection des civils contre les exactions des groupes armés, le retour des personnes déplacées et l'apaisement des tensions intercommunautaires.

Retour sur les faits

Ngarbuh était devenu un centre de regroupement des terroristes sécessionnistes ainsi qu’un pôle logistique de ravitaillement en armes, munitions et combustibles de ces groupes.

Ces derniers se livraient à des exactions diverses contre les populations locales, notamment le vol des bétails les agressions …Ce qui a justifié une intervention des Forces de Défense et de Sécurité aux fins de protéger ces dernières.

Après une mission de reconnaissance autorisée par le Chef de Bataillon Nyiangono Ze Charles Eric – Commandant du 5ème Bataillon d’Infanterie Motorisée de Nkambe, le Sergent Baba Guida – Chef du Groupe Mixte de Ntumbaw l’a conduite quelques heures avant les heurts

C’est alors qu’un détachement a quitté la base le 13 Février à 22 heures avec un effectif de trois militaires et deux gendarmes. Au cours de la progression, le chef du groupe a pris l’initiative de se faire accompagner par dix-sept membres d’un comité de vigilance local.

Après avoir formé deux groupes, l’équipe conduite par le Sergent Baba Guida à Ngarbuh 3 et composée du gendarme Sanding Sanding Cyrille, du soldat de 1ère classe Haranga et de dix membres du comité de vigilance local a donné l’assaut sur la base des informations communiquées par un terroriste repenti et paysan de la zone.

C’est après échanges violents de coups de feu ayant conduit à la mort de cinq terroristes et à la saisie de plusieurs armes que le détachement s’est rendu compte que trois femmes et dix enfants ont péri du fait de son action.

C’est conduit par la panique que les trois militaires, aidés par quelques-unes des personnes qui les accompagnent ont tenté de masquer les faits par des incendies.

Rentré à la base, le Sergent Baba Guida a adressé à sa hiérarchie un compte rendu volontairement biaisé. C’est sur la base de ce dernier que le Gouvernement avait initialement fondé sa communication.

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